Faire du sport quand on souffre d’un handicap, ça peut paraître insurmontable. Mais il suffit de regarder un peu ce qui se passe dans le monde du handisport pour oublier très vite que le sport est un truc réservé aux valides. Et si l’on considère que dans la liste des vertus essentielles de la pratique sportive il y a le dépassement de soi, l’esprit d’équipe et le partage, alors le spectre de la performance comme seul but se terre sous des valeurs tout aussi nobles.

C’est avec la banane que le Saint-Raphaël Var HandBall a accueilli 87 sportifs de tous âges, venus découvrir une discipline dans laquelle la France a clairement démontré qu’elle était la meilleure du monde. Le point commun entre tous ces apprentis, c’est qu’ils souffrent d’un handicap mental, psychique, moteur, ou de troubles du comportement. Alors évidemment, ça prend un peu de temps de leur expliquer le règlement du hand, de les organiser en équipes, et de les faire se prendre au jeu. Mais les joueurs du SRVHB ont su trouver les vecteurs pour transmettre leur passion du (petit) ballon rond.
«Depuis toute à l’heure on rigole»
Après un premier match endiablé entre les résidents de deux structures d’accueil, Adrien Di Panda a posé ses deux mètres derrière la table de marque en attendant de retourner sur le terrain : «depuis toute à l’heure on rigole. Ce matin on était pas avec eux parce qu’on était à l’entraînement mais cet après-midi on est là. ça fait partie aussi de nos missions.» Son pote Raphaël Caucheteux, à peine moins grand, s’est assis juste à côté de lui et profite aussi du moment : «pour nous c’est un plaisir d’apporter un peu de bonheur à ces gens qui sont en difficulté. Leur faire découvrir le hand, si ça peut les sortir un peu de leur quotidien, alors il faut le faire.» Et à peine reposés, ils retournent distribuer les passes-dé à leurs partenaires d’un jour avec leurs coéquipiers Geoffroy Krantz, Jan Stehlik, le gardien Djukanovic, Sébastien Garain et quelques autres qui ont répondu présent.
«Productifs, coopératifs…biens»
«Les miens, ce qu’ils cherchent avant tout, c’est la normalité.» Sylvie est éducatrice sportive au foyer Croix-Rouge de Fréjus. Avec ses résidents, elle arpente la plupart des terrains de sport du coin, et dresse toujours le même constat : «eux ce qu’ils veulent, c’est imiter les sportifs, ils deviennent rapidement leurs nouveaux copains. Ils sont productifs, coopératifs…ils sont biens.»
Les instances derrière cette opération (Conseil Général, Fédération Française de Sport Adapté, CAVEM, mairie, et Territoire Azuréen du Handball) peuvent se targuer d’avoir réussi leur coup d’essai. Douze structures sont venues des quatre coins du département, et même d’autres clubs de hand avaient fait le déplacement. Du haut de son double mètre (et quelques parce qu’il est encore plus grand que ses joueurs), le président J-F. Krakowski est lui aussi venu jeter un oeil à ce qui se tramait dans son Palais des Sports. Il aura pu constater qu’il n’est pas nécessaire d’être un athlète pour accomplir un exploit.

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