Captain America – le soldat de l’hiver
De Joe et Anthony Russo – sorti le 26 mars 2014
Avec Chris Evans, Scarlett Johansson, Samuel L. Jackson, et même Robert Redford
Fini les nazis, bonjour les intrus conspirationnistes et la gangrène avide de pouvoir et de destruction. Les méchants ne sont plus les mêmes, l’époque non plus, mais le héros est inamovible, imperturbable, «of course» puisque c’est Captain America, le soldat version 2.0, lisse comme une toile cirée, et puissant comme une armée toute entière. Il y a des jolies filles (surtout deux), des machins qui explosent partout, une bande de méchants qui ont la classe et un scénario qui offre un super terrain de jeu à tout ce petit monde. On pourrait s’arrêter là, mais Captain America : Le soldat de l’hiver, ce n’est pas que ça. Allez, on décortique !

70 ans dans un congélateur et un univers hostile

Première question à vous poser avant de vous engouffrer dans une salle obscure pour jeter un oeil curieux à ce «sequel» signé Marvel : est-ce que vous avez vu le premier opus ? Sachez que ça n’a quasiment aucune importance. Pour résumer, le Captain a été créé pendant la seconde guerre mondiale pour déjouer les plans machiavéliques d’une horde de nazis hyper méchants, ça s’est terminé dans une capsule cryogénique stérile et on le réveille au 21e siècle pour continuer d’épauler le SHIELD, l’organisation ultra-secrète qui lutte contre le mal à grands coups de super-héros, d’exo-squelettes ultra-perfectionnés imaginés par la famille Stark (Iron Man, donc) et de gadgets nucléaires. Jusque-là, rien de bien compliqué.

Notre héros a donc 95 balais bien sonnés et se retrouve confronté à notre monde à nous. Sa copine de l’époque est grabataire mais toujours vivante, et son meilleur ami, Bucky Barnes, est mort en 1944. Steve «Captain America» Rogers est donc un super soldat en charge de missions capitales pour la défense mondiale, sous les ordres du SHIELD dirigé comme toujours par Nick Fury, interprêté dans tous les films estampillés Marvel par Samuel L. Jackson. Au menu pour notre héros, une prise d’otages en pleine mer, orchestrée par un terroriste français (tiens donc) balèze mais sans plus. Une opération vite goupillée, mais avec une zone d’ombre : la récupération d’une masse de données «plus secrètes tu meurs» par l’agent Natacha Romanoff (Scarlett Johansson) qui mène sa barque en «looze-dé» mais qui roule pour Fury, sans rien dire au Captain. C’est le point de départ d’une intrigue plutôt complexe, là où on s’attend plus volontiers à un banal «actioner» avec pyrotechnie à foison, bastons filmées sous cocaïne et flingues du futur. Il va être question d’infilration, de trahisons, de menace sur le monde avec un nom de code cliché à mort, et même d’introspection.

Un castings de méchants vraiment dément

Pour un film de super-héros réussi, il faut au minimum un méchant qui fait le poids. Ici, le Captain a affaire à une équipe de dingos bien décidée à le dézinguer. Au sommet de la pyramide, Robert Redford, machiavélique en dirigeant corrompu. Autour de la légende, un mec avec un bras en acier qui pose de sérieux problèmes, des scientifiques, des soldats, et des petites mains. Sans pouvoir en dire plus sans spoiler, disons que notre ami Steve va devoir faire le tri rapidement entre ses amis et ses ennemis, et que la mission n’est pas simple. D’ailleurs on s’interroge avec lui pendant un bon moment, tellement qu’on finit même par se demander s’il n’est pas complètement livré à lui-même lorsque son boss Nick Fury lui glisse le conseil de se méfier de tout le monde, après qu’une équipe de terroristes extrêmement motivée ait tenté de le tuer. Là ça devient flippant, et on commence sérieusement à se dire qu’on va avoir du mal à suivre. Mais les américains sont très forts, donc ça va plutôt bien se passer. Vous verrez.

Le plus divertissant des Marvel depuis longtemps

En plus d’un scénario complexe jute ce qu’il faut pour tenir le spectateur en haleine et d’une équipe de méchants vraiment au top, les studios Marvel ont mis la gomme pour régaler les sens et les 170 millions de dollars de budget se voient vraiment à l’écran. Scarlett Johansson (qui est défnitivement la copine que tu rêves d’avoir, cher lecteur, si, si, tu verras) reçoit le renfort féminin de Cobie Smulders, la Robin de «How I met your mother». Le Captain fait connaissance avec Sam Wilson/le Faucon, interprêté par Anthony McKie, habitué aux grandes réussites cinématographiques (Démineurs, No Pain No gain, Million Dollar Baby, etc.). Alors évidemment la dernière demi-heure est consacrée à un florilège de destruction immobilière et militaire, il y a des morts mais pas trop, et l’Amérique joue un rôle très important dans la sécurité du monde. Mais franchement, le film arrive à surprendre (alors que c’est vraiment pas gagné compte tenu du postulat de départ) et on ne s’ennuie pas une seconde. Même les rares instants de répit sont bien faits. Ah, et sinon, le soldat de l’hiver, on vous dit pas qui c’est c’est, mais on a nos raisons. Et elles sont meilleures que celles qui ont poussé les auteurs à en faire le titre.

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