Vous pensez qu’il est compliqué de trouver du boulot dans notre région ? Qu’en dehors du tourisme et du secteur tertiaire il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent pour les demandeurs d’emploi ? Que les employeurs sont frileux à l’idée d’embaucher des personnes qui n’ont pas la bonne qualification au poil de mouche près ? Et bien vous avez raison, hélas. Mais quelques fois par an, la Maison pour l’Emploi, avec ses partenaires habituels (Pôle Emploi, Mission Locale, Bureau Information Jeunesse, etc.) fait en sorte de créer la synergie entre employeurs et demandeurs. ça se passe au Palais des Congrès de St-Raphaël, et dans le marasme actuel, la bonne nouvelle, c’est que ça fonctionne à plein régime.

Ils étaient à peu près 3000 à venir tenter leur chance le 17 mars au Forum de l’Emploi Saisonnier. Des inscrits à Pôle Emploi, des jeunes en recherche d’un job estival, et quelques adultes en situation pas très fixe venus voir si «desfois» il n’y aurait pas un boulot disponible pour mettre un peu de beurre dans les épinards avant la saison des chataîgnes.

Pour la directrice de l’agence Pôle Emploi de St-Raphaël Christine Blondet, cette initiative offre un raccourci aux demandeurs d’emploi dans leur quête : «pour les demandeurs c’est un moyen d’avoir un entretien à coup sûr avec les employeurs. Et de leur côté, les recruteurs peuvent instantanément aller au-delà d’un simple CV en rencontrant les candidats en chair et en os. C’est comme un job-dating, mais avec 64 employeurs contre une dizaine pour un job-dating normal. En une seule journée, 80% des besoins des entreprises seront pourvus. Elles recrutent les 20% qui restent en juillet-août.»

C’est donc une véritable course que se livrent à la fois les travailleurs potentiels et les recruteurs. Il est d’ailleurs capital pour certaines boîtes de participer à ce genre de forums, à tel point qu’elles sont dans les starting-blocks dès le début de l’année comme le précise Christine Blondet : «la plupart des entreprises nous contactent dès le mois de février pour être bien sûres que nous reconduisons l’opération. Cette année c’est déjà la septième édition. On attend 3000 demandeurs d’emploi pour 1200 postes à pourvoir. Après c’est une question de corrélation enre l’offre et la demande. Aujourd’hui ce sont 70% de postes à petite qualification qui sont proposés, et 30% de postes qui suscitent des exigences supérieures.
Mais si jamais un candidat ne remplit pas ces exigences à 100%, on ne sait jamais dans une configuration comme aujourd’hui. Si ça fait «tilt» entre les deux parties, c’est gagné».

Géant, Carrefour et MacDo, les poids lourds du jour

En début d’après-midi les allées du Palais du Congrès commencent à être vraiment chargées. Et surtout en quelques points stratégiques. Si tous les recruteurs sans exception sont assidûment visités par les candidats, trois entreprises sont littéralement annexées par des files d’attente interminables : Carrefour, Géant, et dans une moindre mesure, MacDonald’s. Surprenant de prime abord, mais le directeur des trois restaurants MacDo de St-Raphaël, Boulouris et Fréjus, Emmanuel Murzereau, a une hypothèse sur le pourquoi du comment : «on a besoin de 50 personnes pour la saison. Mais on travaille le soir, le dimanche et les jours fériés, pas dans les grandes surfaces. Par contre, on a pour nous une excellente réputation. Les employeurs aiment savoir que leurs candidats sont passés par MacDo, et les candidats y trouvent une ambiance et un esprit d’équipe uniques».

Au moment où vous lisez ces lignes, les 64 entreprises présentes ont déjà fini de faire leurs choix. Et parmi ceux qui voulaient gagner trois sous, ceux qui désiraient remettre un pied à l’étrier et ceux, hélas trop nombreux, qui étaient complètement dans la galère, plus de mille ont trouvé une solution. Pas mal en quelques heures à peine.

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