C’est à la Bodeguita à Fréjus que nous avons rencontré Julien Morel, en train de mettre une rouste à ses copains dans une infernale partie de belote. Mais Julien n’est pas qu’un pro du dix de der’,  ni même un simple aide-soignant à l’hôpital Bonnet. Julien est un artiste, et si on vient à sa rencontre à la Bodeguita c’est surtout pour voir son exposition.
L’artiste est un vrai/faux graffeur qui a fait ses premières armes dans l’art sur les murs de Paris, avant de le coucher sur des toiles chez nous. Sa passion pour la peinture (tout court) lui vient de son père – Artiste-peintre à la galerie Saint Michel, Roquebrune sur Argens – même si « lui ne fait que des paysages en couleurs, chose que je ne sais pas faire. Moi mon truc c’est les visages et en noir et blanc. »

Sur les murs du bar, on retrouve des icônes contemporaines du genre Kurt Cobain (20 ans déjà), Katharine Hepburn, Serge Gainsbourg, ou encore Zlatan Ibrahimovic. Certains sont le fruit d’un trait assez simple, d’autres sont plus techniques comme les deux tableaux représentant Amy Winehouse et Jim Morrison. Ces derniers sont la matérialisation d’un concept imaginé par Julien : des visages dessinés en un seul trait partant d’une bande de K7 : « Un jour, en essayant de sortir une K7 d’un vieux poste, la bande c’est déroulé et j’ai eu l’idée de faire des portraits en fonction d’une bande ». Résultat bluffant !

Des CRS, un nez qui saigne, des morceaux de bois dans la ville.

Julien Morel est un amoureux du graff, on le voit dans ses toiles mais on le perçoit aussi dans ses anecdotes. Et comme un vrai artiste, accompagné de ses copains dont un qui saigne du nez (j’ai pas demandé pourquoi, peut être qu’il ne fallait pas perdre à la belote !) , il nous dévoile quelques fun facts : « Je suis fan de Space Invader, le mec qui colle des mosaïque dans les villes. A l’instar de cet artiste, je graffe sur des morceaux de bois que j’accroche dans les rues. Des fois c’est cool, d’autres fois on croise les CRS. On leur dit évidemment que ce n’est pas une dégradation en soit, et ils nous laissent partir. Ca nous est encore arriver hier ! »

On peut voir l’expo, on peut lui commander des toiles… mais c’est risqué !

L’expo est permanente depuis samedi à la Bodeguita. Tous les 3e samedi du mois, l’artiste décroche des toiles pour en exposer d’autres. On peut voir certains tableaux aussi chez son père à Roquebrune, galerie Saint Michel.
Si après avoir vu ses travaux, vous voulez qu’il dessine votre portrait, c’est possible. Toutefois faites gaffe, « lorsque j’ai fini de faire le tableau avec Nelson Mandela, juste après l’avoir signé, j’apprends aux news qu’il vient de mourir à l’instant ! ». Pareil pour Ibrahimovic, blessé depuis que Julien l’a reproduit !

Une belle exposition à voir et à revoir à la Bodeguita, rue Jean Jaurès, Fréjus

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