Woodstock, absolument ! Et on pèse toujours nos mots, chez Bah Alors ?. Vous connaissez beaucoup d’événements, en dehors des grands festivals de musique, qui réunissent plus de 15 000 personnes pendant trois jours sur un grand terrain vague orné par des ruines ? Et bien Fréjus sait faire ça, vous souhaite la bienvenue, et vous le dit avec des fleurs. Le weekend dernier c’était la Fête des Plantes au Parc Aurélien, le premier événement en plein air de la saison printanière. Préciser que c’était un succès relève de l’euphémisme. On ne va pas vous cacher que nous ne sommes pas des pros du compost et du rempotage de yuka, aussi le rendez-vous avec cette manifestation a souvent été pour votre serviteur un rendez-vous manqué. Mais devant une pression populaire certaine et une curiosité naturelle pour tout ce qui attire du monde, aller faire un tour à la journée d’ouverture de cette grand-messe végétale était un impératif.

Circulation difficile et working-girls

Chance inouïe, la première personne que je croise en rentrant dans l’enceinte du Parc Aurélien n’est autre que Philippe Garon, représentant de l’office du tourisme de Fréjus et principal coordinateur de la Fête des Plantes. Difficile de ne pas être surpris par l’ampleur du phénomène, entre la circulation difficile gérée par les policiers municipaux, la densité de la foule, et le nombre d’exposants. Mais Philippe Garon, lui, ça n’a pas l’air de le choquer. Mieux, il a une explication logique à cet incroyable engouement : « c’est la première grosse manifestation de l’année, en extérieur. C’est le printemps, les gens commencent à penser à leur jardin, ils viennent prendre des idées, acheter des choses, échanger avec les exposants. On a toujours beaucoup de monde ». Et bien soit : mais qui sont donc ces curieux qui arpentent le site en long, en large , et en travers ? Une petite revue d’effectif met en lumière le principal atout de l’événement : il y en a pour absolument tout le monde, du retraité à la main verte qui cherche une idée originale à la working-girl qui préfère aménager un balcon avec des fleurs sympas plutôt qu’avec de la ferraille anti-pigeon. Les familles y trouvent leur compte, et les enfants sont concernés aussi, puisque le thème (cette année, les animaux du jardin) avait tout pour les séduire, de même que les jeux mis en places et les divers ateliers imaginés pour leur faire tâter de la terre. Sur la diversité, sans faute.

Compost en sachet, oeuvres d’art, puis un âne

De tous les stands mis en place (64 exposants, quand-même !), le plus gros était sans doute celui du SMIDDEV, qui a eu l’excellente idée de venir avec plus de 5 tonnes de compost issu des déchets verts apportés en déchetterie par les habitants de notre bassin de vie. Cerise sur le gâteau, ce compost avait deux autres mérites : il était distribué gratuitement, et accompagné de précieux conseils d’utilisation, voire d’encouragements à l’auto-production. Les autres exposants étaient eux aussi quasiment tous pris d’assaut par les centaines de personnes présentes à l’instant « t », particulièrement lorsqu’ils présentaient des fleurs qui semblaient surgir d’un tour de magie horticole, comme les roses de Stephan Genesta, qui exploite les Rosiers d’Argens à Roquebrune. Et pour qu’un événement comme celui-là soit définitivement réussi, il fallait exploiter le thème à fond, c’est à dire montrer aussi que le jardin est un précieux microcosme peuplé d’animaux en tous genres.  Les services en charge des espaces verts des communes voisines ont joué le jeu en collaborant avec le SMIDDEV sur la création de panneaux explicatifs à ce sujet, exemples à l’appui, avec des nichoirs en tous genres, et des démonstrations concrètes pour prouver que les insectes, les hérissons ou les chauve-souris peuvent préserver un jardin bien mieux qu’un pesticide. Et pour le débroussaillage, utilisez un âne, vous pouvez même en louer plusieurs pour aller plus vite. On vit une époque formidable, non ?

 

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