« Il est un engouement quasi viral qui envahit la sphère de notre quotidien. Et le constat est sans appel,  personne n’échappe à cette mode nihiliste, véritable obsession esthétique tournée vers le culte de sa propre identité dépersonnalisée.
Mais qui se cache derrière le SELFIE !?  Cet énergumène de foire ne ferait-il pas penser à un légume  ?

Les origines du selfie remonteraient au début du XXe siècle, par l’utilisation du miroir comme contre-pied au portrait. Mais de là à chercher un semblant d’approche artistique au selfie, plutôt préférer une recherche narcissique et éphémère.

Le monde virtuel essaie en vain de se calquer sur le réel et pourtant, les adeptes de ce phénomène semblent être atteints d’un même symptôme auto nombriliste, centré sur cette moue en cul-de-poule semblant vouloir embrasser le monde entier. Mais à qui s’adresse réellement le selfie ? A soi pardi !
Ce délicat exercice de charme n’est que le prolongement narcissique de ce que les réseaux sociaux véhiculent : l’illusion que des milliers de personnes viendront s’attendrir sur votre minois . Visages désacralisés, idolâtrie sans fondement, happés par un flux ininterrompu de sourires niais. Tout est consommable et jetable à souhait. Notre société est aliénée par le besoin de reconnaissance. « Ouais moi tu vois j’suis reconnu, je me kiffe t’as vu mon portrait ? J’carbure aux séries télé, j’pompe dedans pour construire ma personnalité ». Si subtilité il y a dans cette accoutumance, celle-ci m’a échappée. A moins que tout simplement, le sujet s’étant photographié ne se soit trompé de sens, par une mauvaise orientation du téléphone.


Les jeunes se ressemblent tous, ces zombies de la consommation tous téléguidés par leurs portables, leur hype et leurs goûts standardisés par la  télé et la radio, génération exilée dans dans son petit confort de rebelles pré-pubères,  seuls quelques récalcitrants tapis au fond de leur chambre ou bien encore échoués sur une île déserte refusent cette affirmation du  » j’existe » en optant plus simplement pour la créativité  au quotidien ou pour un rôle bien plus humble. Quelle sera la prochaine tendance ? En ces temps de précarité intellectuelle et d’appauvrissement de l’esprit, il est à craindre qu’une nouvelle mode encore plus égocentriste verra le jour….

Décidément, je hais la mode et je ne me retrouve dans aucun courant labellisé !

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