Mirror’s Edge
Jeu vidéo d’action aventure à la première personne , développé par le studio suédois DICE et édité par Electronics Arts.
Annoncé courant 2007, le jeu voit le jour uniquement fin 2008 sur consoles et quelques mois après sur PC.

On y incarne Faith Connors, 24 ans, une des meilleures « messagères » , nouveau boulot à la mode dans un monde futuriste assez proche du notre. L’action se situe  et plus particulièrement dans une ville soumise au « securitarisme », où des messagers, marginaux, sont employés illégalement pour transférer des informations ou des colis en se déplaçant à sur les toits de la cité. Et c’est de ce mode de déplacement que naît toute l’originalité du jeu. En s’inspirant du « parkour » (un genre d’art/sport qui consiste à se déplacer à toute vitesse dans un univers urbain de façon acrobatique) et en ayant eu la riche idée de faire vivre l’expérience en vue subjective aux gamers, « Mirror’s Edge » vous plonge instantanément dans un univers vertigineux. Quand votre personnage court, son souffle haletant renforce l’impression d’effort, l’angle de sa vision se rétrécit pour apporter une notion de vitesse extrême, c’est oppressant, captivant, ça fonctionne à 1000%.

L’intrigue principale du jeu est plutôt classique : vous êtes à la recherche de preuves, pour faire éclater la vérité sur une affaire de meurtre où votre sœur jumelle est accusée d’avoir assassiné un opposant au régime sécuritaire candidat à la mairie. Ce qu’on sait sur notre héroïne, c’est qu’elle vient de se rétablir d’une blessure et qu’elle reprend à peine le travail. Une idée simple mais néanmoins brillante pour vous entraîner subtilement vers l’indispensable tutoriel, qui va vous apprendre comment vous déplacer efficacement dans ce jeu à la prise en mains très particulière.  On sait  aussi qu’elle une sœur jumelle, Kate, et que son passé est lourd, mais aucun détail ne nous est fourni. Il est vrai qu’à l’époque on aurait aimé en savoir plus sur cette Faith Connors, mais ne perdons pas espoir puisque la série n’est pas terminée et il n’est pas impossible d’en apprendre un peu plus dans le deuxième volet. Même si l’usage de cette « frustration » inoculée aux joueurs est une technique classique des créateurs de séries vidéo-ludiques, rappelons-nous qu’au moment de la sortie du jeu rien n’était annoncé : Mirror’s Edge a été lancé comme un jeu « oneshot », donc cette possible ruse passait pour une maladresse.

Glop / Pas glop et faiseurs de paix

Au niveau des atouts indéniables, on citera bien évidemment le gameplay hallucinant d’ingéniosité, mais aussi l’ambiance du jeu : stressant dans les difficultés normale ou supérieure ou difficile, il faut être précis et rapide dans ses décisions. Parce qu’on a vraiment l’impression d’être sur un gratte-ciel, d’ailleurs si vous avez un écran LED de 60 pouces et que vous êtes sujet au vertige, ça va zouker. Je n’ose d’ailleurs imagine le degré d’immersion possible avec un casque de réalité augmentée (genre l’Oculus Rift, développé par une filiale de Facebook ). Graphiquement parlant, le jeu s’est offert à l’époque un nouveau système d’éclairage grâce au moteur UnrealEngine 3. Particulièrement indiqué en concluant. Sur PlayStation 3 il était déjà resplendissant, mais en rejouant sur PC  la notion du mode  » max/ultra  » a pris pour votre serviteur tout son sens.

Au rayon des point négatifs (il y en a quelques-uns quand-même), le jeu est comme souvent de nos jours très court, environ 4 à 6 heures suffisent pour finir l’histoire principale. Il est parfois très difficile de trouver son chemin, parce que tout se ressemble un peu. C’est dans l’ensemble très coloré et agréable à la rétine, mais dans une phase de jeu un peu « vénère », avec une horde de policiers armés aux trousses, il est assez stressant de ne pas savoir où aller. Mais les développeurs en avaient conscience, et ils avaient prévu le coup en allouant une touche pour nous indiquer la destination en cas de déviation involontaire. Certaines phases de jeu sont aussi moins intéressantes, comme ces épreuves contre la montre qui vous occuperont sans vous captiver.

« Mirror’s Edge » n’a pas rencontré le succès escompté, mais s’est construit une fan-base solide qui n’attend qu’une chose : la sortie du deuxième volet, qui s’annonce somptueux si l’on en croît les teasers qui circulent sur le net. Ce jeu restera l’un de mes coups de coeur, grâce à son concept résolument vraiment novateur et ambitieux, qualités noyées dans la masse des FPS qui sortent les uns derrière les autres chaque année. Sachez que même si vous avez des armes à disposition,  « Mirror’s Edge » peut se terminer sans tirer une seule balle. Essayez dans « Call of Duty », c’est plus compliqué.

Un plaisir à jouer et rejouer, beau, propre et fluide, avec de surcroît une bande son douce et immersive. Pour moi, l’un des meilleurs jeux de l’histoire récente, 10/10. Et si les créateurs poussent le concept encore plus loin dans  un autre épisode nerveux en gommant les quelques petits défauts du premier, on aura peut-être droit au jeu de la décennie.

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