Il en rêvait depuis presque toujours, il a fini par y arriver. Régis Galle-Mannarini, le prodigieux guitariste qui trimbale sa guitare classique depuis l’île de beauté jusqu’aux rivages de la ville de St-Raphaël, a enfin eu la chance de jouer dans un écrin à la mesure émotionnelle de son talent. Déjà très fier d’avoir eu le privilège de se produire sur le parvis de la vieille église de la rue des templiers à plusieurs reprises, le jeune virtuose a enfin eu l’immense bonheur de jouer non pas devant, mais dedans. Et bizarrement, sa musique a pris une autre dimension.

Des histoires, des notes et des copains

Ceux qui le connaissent savent que Régis Galle-Mannarini puise son inspiration dans ce qui l’entoure : son histoire personnelle, les traditions corses, et aussi les paysages merveilleux qui sont l’écrin de son parcours personnel. Il mêle habilement divers styles musicaux traditionnels (ballades, sérénades) à des thèmes bien précis qui guident sa manière de composer. Doté de grandes capacités techniques, le résultat est un délicieux mélange de virtuosité, de lyrisme et de bon goût. Il a profité de ce concert exceptionnel pour renouveler son répertoire et présenter de nouvelles choses, encore plus ambitieuses que ce qu’il jouait par le passé.

Chose amusante et très communicative, Régis partage entre chaque titre son propre rapport avec la composition qu’il va interpréter. La salle comble (110 places assises, pas une de plus) écoute avec attention chacune de ces anecdotes, et s’approprie ainsi une petite part de l’histoire personnelle du guitariste, son enfance, sa famille, ses voyages, ses épreuves.

Et d’ailleurs, comme Régis Galle-Mannarini aime beaucoup le partage, il a invité ses amis de Triven Nuevo Flamenco à partager un bout de cette scène exceptionnelle avec lui, pour revisiter un répertoire qui lui est un peu moins familier, mais que les musiciens ont réarrangé pour en proposer leur propre vision, manifestement au goût du public. Un très beau moment de musique, solennel, où le silence christique ne laissait place qu’au son cristallin des cordes, qui s’est chaque fois éteint dans un tonnerre d’applaudissements. Mille fois mérité.

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