En mai, l’entrepreneur du mois, c’est Richard Mannis, le grand patron (1m90) de Dragon Games.

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Tout le monde a au moins un jeu vidéo dans son environnement immédiat. Même une vieille Super Nes qui traîne dans un placard fermé depuis 1997. Richard Mannis, lui, les jeux vidéos il les connaît presque tous. Parce qu’il adore ça, mais vraiment. De cette passion, il en a fait un métier. Il est même devenu l’inestimable conseiller de tout un territoire, le dernier des Mohicans parmi les commerçants indépendants dans un secteur où les franchises ont tout englouti. Tout, sauf la passion, la rareté, le contact, la connaissance, et tout un éventail de choses qui font toute la différence. Et Dragon Games d’être toujours debout !

Richard tu es le propriétaire de Dragon Games. Pour les gens de notre génération, autour de 30 ans, ce magasin est une véritable institution. Comment t’es venue l’idée de l’acheter ?

Je l’ai racheté en 2003. J’ai jamais voulu avoir un magasin comme ça à tout prix. J’ai toujours été fan de jeux vidéos, bien fan, hein, quand j’étais plus jeune je jouais 7, 8 heures par jour sans problème. J’ai travaillé à l’usine pendant 7 ans, à Sapa Intexalu, puis j’en ai eu marre. J’avais mis un peu d’argent de côté, pourquoi pas pour devenir commerçant. Et puis ce magasin était en vente à un très bon prix, tout simplement. Je l’ai trouvé sur Var Matin.

La majeure partie du public connaît surtout les magasins dits « franchisés », avec de grandes enseignes, qui sont souvent très visibles dans les galeries marchandes. Tu peux nous expliquer les différences avec une boutique comme la tienne ?

Pour que nous on puisse survivre face à des chaînes comme Micromania, par exemple, il faut cultiver cette différence. Il faut que chez moi tu puisses trouver ce qu’il n’y aura jamais chez eux. Par exemple, si on vient me poser une question qui va sembler complètement saugrenue, faut que je capte, que je fasse une recherche pour comprendre ce qu’il faut que je trouve. Nous on creuse plus loin, dans les chaînes de magasins, si y a pas, y a pas, et tu t’en vas. Donc on va forcément proposer un éventail de jeux plus large, on tire notre épingle du jeu en proposant plus de choses.

Et d’ailleurs il y a des gens qui ne viennent que chez toi.

Et ben oui, c’est familial. Il y a deux générations qui ont acheté leurs jeux ici, il faut le savoir. Quand Dragon Games a ouvert, en 1994, Micromania n’existait pas. Ce magasin a 20 ans d’histoire !

En ce moment on est en pleine bataille PS4 vs Xbox One. C’est un monde que tu connais bien, tu as des chiffres, des stats. Laquelle est partie pour l’emporter ?

Il est trop tôt pour le dire, mais pour l’instant la PS4 est bien devant, au niveau mondial. La première raison c’est que Microsoft a foiré sa communication, avec l’histoire des jeux d’occasion (il était prévu qu’au départ les jeux Xbox One ne pourraient être installés que sur une seule machine, donc impossibles à prêter ou à revendre, ndlr), et puis la caméra qui est fournie d’office et qui fait monter le prix de la console à 100 euros de plus que la concurrente. Le Kinect est une belle invention en soit, mais c’est le prix d’un jeu et demi. Un client qui vient avec 500 euros il part avec une PS4 et Fifa 14, ou avec une Xbox One et c’est tout. Et de plus, pour le moment, les jeux sur la console de Microsoft sont en 720p natif, contre 1080p sur PS4. C’est l’inverse de ce qui se passait sur la génération d’avant, où les jeux était un peu plus beaux sur 360 que sur PS3. En ce moment, même aux USA, il se vend à peu près deux PS4 pour une Xbox, c’est énorme.

Ici c’est aussi le paradis du « retro gaming », tu possèdes quasiment toutes les consoles, même des trucs qu’on ne voit que très rarement. Comment t’es venue l’idée de te spécialiser là-dedans ?

Oh ben c’est parce que je suis avant tout un fan de jeux vidéos. Et puis j’écoute la demande des gens, j’en ai beaucoup qui cherchent des consoles retro, ça leur rappelle leur enfance, y a une part de nostalgie. Souvent on cherche les plus beaux graphismes, alors que c’est pas ça, le plaisir de jeu. On peut très bien s’amuser avec des jeux très simples. Et puis c’est aussi une forme de retour aux sources. Bon après, c’est un phénomène de mode, là on va entendre parler de retro gaming pendant cinq ans, puis dans un moment ça va disparaître. C’est un produit d’appel, ça fait venir les gens. Si on me demande une vieille console, je vais la chercher jusqu’à ce que je la trouve. C’est le petit plus !

Et pour finir, toi qui est apparu en même temps que le jeu vidéo, dans les années 70, si tu devais n’en choisir qu’une, quelle console serait la meilleure de l’histoire ?

Question très difficile ! Si je devais répondre en fonction des jeux auxquels je joue en ce moment je dirais la PS3, mais pour des raisons purement objectives, ce serait la PS2. La PS3 parce que je suis un gros joueur de Street Fighter 4, mais de toute ma carrière de gamer, je crois qu’on a jamais eu une telle variété de jeux que celle offerte par la PS2. Prends les jeux de rôle sur PS3, il y en a dix fois moins, même les jeux de baston. Des variantes de Street Fighter, de Tekken. Et puis c’est la console la plus vendue de l’histoire.

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