96 HEURES
De Frédéric Schoendoerffer – sorti le 23 avril 2014
Avec Gérard Lanvin, Niels Arestrup, Laura Smet, Sylvie Testud
Distribution – ARP Sélection
Un polar français, comme on sait bien les faire

Un vieux malfrat inquiétant, impulsif et puissant ; un flic à l’ancienne, gueule de baroudeur et vie privée concassée ; une bande de seconds couteaux un peu cons et très violents ; une jolie fille en proie au doute, ballotée entre tous les amours de sa vie. Les ingrédients saupoudrés par Frédéric Schoendoerffer dans son film «96 heures» n’ont absolument rien de révolutionnaire. Mais si les réalisateurs ont pour mission de raconter des histoires et de désigner ceux qui la porteront sur l’écran, alors il a très bien compris les impératifs de son métier. Parce que «96 heures» a plus d’un atout à faire valoir, en évitant pas mal des écueils dans lesquels le cinéma français fonce parfois tête baissée.

Baston de charisme et débiles mentaux

Au sommet de l’affiche, deux noms qui claquent : Gérard Lanvin Vs Niels Arestrup. Le flic taiseux contre le braqueur en fin de carrière. Deux gueules, deux auras, pour une opposition qui ne pouvait que fonctionner. Certes les choix de Schoendoerffer sont sans surprise : Arestrup en prison, qui domine une bande de voyous, c’est pas nouveau, puisqu’il avait à quelques micro-subtilités près exactement le même rôle dans «Un prophète» de Jacques Audiard. Et l’idée de lui opposer un Gérard Lanvin dans la force de l’âge, et physiquement très en forme, coulait de source.

Ce qui unit Kancel (Arestrup) et Carré Lnvin), c’est une histoire vieille de trois ans. Un braquage réussi, 8 millions d’euros mis à gauche. Sauf que Kancel s’est retrouvé derrière les barreaux. Riche peut-être, mais balancé, donc enfermé par le commissaire Carré. Pour sortir de là, il va imaginer une extraction par voie «légale», orchestrée par lui-même et quelques sbires un peu débiles mais déterminés, eux aussi, à récupérer leur pognon. Et pour ce faire, ils ont besoin de l’aide de Carré, qui sous la contrainte va leur ouvrir en grand les portes de la prison. Le deal, c’est que Victor Kancel doit soit-disant se présenter pour 4 jours de garde à vue à la B.R.B..96 heures pour éclaircir l’affaire. Mais c’est lui qui va cuisiner Carré, pour plomber la tête de celui qui l’a vendu.

Merci Johnny, un peu de ressort et une partition juste

Après quinze premières minutes assez oppressantes, durant lesquelles Carré passe brutalement d’une conversation avec sa jeune collègue (Sylvie Testud, excellent second rôle très utile à la narration) à une engueulade avec sa femme qui finit en prise d’otages, le film bascule vers une partie en huis-clos. Gérard Lanvin joue très bien la bête en cage, attaché au mur d’une cave et soumis aux idées tordues d’une bande de cinglés qui court après un indic’ et plein d’oseille. Sa collègue trouve l’absence de son chef de service un peu louche, et mène l’enquête en loose-dé.

Parmis les gens qui vont se croiser dans cet habile imbroglio mafieux, Camille Kancel, (Laura Smet), fille de, va se révéler être bien plus que la jeune femme éloignée d’un père trop «borderline» pour une maman seule qui n’ pas besoin d’un aïeul encombrant. Laura Smet qui est d’ailleurs la meilleure chose qu’ait apporté à la France Johnny Halliday, merci à Nathalie Baye.

En dire plus sans révéler les ressorts de l’intrigue serait assez compliqué, donc restons-en là. Ce que vous devez savoir, c’est que ce condensé de «96 heures» est franchement captivant et rondement mené, à l’exception peut-être de dialogues entre deux malfrats étrangers qui viennent du même pays, et qui discutent en Français avec le même fort accent. Caricatural à souhait. Les autres, par contre, sont tous au diapason, et ça sonne.

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