Depuis 2001, le mois de mai c’est le moment de l’Euro Festival, cet énorme rassemblement Harley-Davidson qui modifie en profondeur le paysage routier de notre région pendant près d’une semaine. Vous avez dû les commencer à les apercevoir depuis hier, des motards sur d’énormes bécanes américaines siglées de la marque à l’aigle sillonnent tout ce qui ressemble à de l’asphalte. Leur point de ralliement : le camping géant des Prairies de La Mer, à Port-Grimaud. Un QG de choix pour plus de 6000 possesseurs passionnés, venus de toute l’Europe, et parfois même d’ailleurs. La vérité, c’est que ça commence demain. Mais c’est tellement gros, que vous vous doutez bien qu’en amont il se passe déjà des choses.

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Un mec suspendu à 12 mètres, des bâches et du fric

L’Euro Festival, avant 2001, personne n’en voulait. Trop dangereux, trop borderline, trop de mecs chelous, trop de tatouages, trop de bière, trop de bruit. Mais les villes alentours ont compris dès le premier exercice que Port-Grimaud avait raison. Vous n’imaginez pas le fric dépensé par les bikers : ils sont là pendant quatre jours, entre eux, réunis autour de leur passion pour cette marque mythique, orange et noire. Les commerçants du camping sont pour l’immense majorité ravis de recevoir cette manifestation, une sorte d’avant-goût des jours blindés de juillet-août. Le camping est pratiquement plein, truffé de bécanes hallucinantes et de types tatoués partout. Sur la plage, une équipe technique est en train d’installer la grande scène, sur laquelle Bonnie Tyler et Louis Bertignac, entre autres, vont venir faire du bruit pendant le weekend. Un ingé-light est suspendu à 12 mètres du sol pour finaliser le plan de feux, en plein cagnard. Mais il n’est pas le seul à bosser comme un dingue. Partout les exposants s’affairent, parce que l’Euro Festival, c’est aussi ça : une ode sans limite au consumérisme Harley. On y vend de tout : des motos, des fringues, des goodies, des drapeaux, des accessoires dans tous les sens. Le merchandising Harley, c’est encore plus extrême que celui de Kiss et de Michael Jackson réunis. Et les clients possèdent des motos bâchées en hiver, qui roulent finalement assez peu, et qui coûtent cher. La corrélation entre offre, demande, pouvoir d’achat et plages du golfe de St-Tropez, la quadrature du cercle, en quelque sorte.

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Une trêve annuelle et des photos volées

Vous l’ignorez peut-être, mais les bikers sont souvent affiliés à des clubs, et pas seulement le HOG, ou Harley-Davidson Owners Group, qui est pour résumer le grand dénominateur commun (mais pas systématique) de tous les propriétaires de ces motos de légende. Il y a aussi les clubs « de coeur », des familles qu’on rejoint par choix, qui nécessitent un apprentissage, une intronisation. Les deux principaux, Hell’s Angels et Bandidos, investis toute l’année durant dans une rivalité historique qu’on qualifiera d’assez hostile, sont bien évidemment massivement représentés par leurs membres pendant tout le weekend. Mais officiellement, ils font la trêve, parce que ces quatre jours-là, ils sont sacrés, familiaux, et bon esprit. La bière va couler à flots, le métal sera rutilant, la musique va dégueuler des enceintes et les affaires seront bonnes. Seule ombre au tableau, l’accès à la plus grande démonstration de puissance motrice de l’année est extrêmement réglementé. Il vous faudra posséder le fameux bracelet orange, qui vous donnera accès à absolument tout : démos, shops, et bien sûr concerts. Et comme souvent avec Harley, c’est pas donné, mais  c’est moins cher si vous êtes membre du HOG. Comptez 125 euros pour l’ensemble de la manifestation, 45 euros pour la seule journée de jeudi, 110 pour vendredi et samedi. Le prix à payer pour baigner à 1000% dans l’univers Harley, au milieu de milliers de fondus venus pour tout voir et tout montrer. Si vous ne voulez pas dépenser trop, sachez que la moto, c’est la liberté, donc vous verrez forcément des gros cubes partout sur les routes, et qu’il y aura toujours moyen de voler une photo par-ci par-là. D’autant plus que tous les bikers qui gravitent autour de la manifestation (environ 12 000) ne sont pas dans un bungalow à 1000 euros la semaine. Mais quitte à s’immerger dans la sphère Harley-Davidson, autant le faire à fond. Et puis, qui savait que Bonnie Tyler chantait encore ?

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