Le Lauréat – De Mike Nichols, avec Dustin Hoffman, Anne Bancroft, K. Ross

Non, Dustin Hoffman n’a pas toujours été un acteur de 60 ans petit et mal fringué. Il a même été un jeune premier fringant et hyper tendance. En 1967, il incarne le jeune Benjamin Braddock, récemment diplômé de Harvard, couvé par des parents assez riches qui veulent à tout prix organiser une grande soirée pour fêter ça. Le lauréat n’est pas très branché par les mondanités, aussi essaie-t’il à tout prix d’éviter les compliments formatés des notables quinquas qui peuplent le salon de ses parents en s’enfermant dans sa chambre. C’est là qu’il est débusqué en pleine introspection sur son avenir par Madame Robinson, plantureuse épouse de l’associé de son père, qui lui impose un rentre-dedans hallucinant, et qui le convainc de la raccompagner chez elle. Ben va alors rentrer dans une histoire de dingues, pris entre sa passion dévorante pour cette cougar version 1.0, la pression de ses parents qui essaient de le motiver à poursuivre son brillant cursus, et sa rencontre avec Elaine, la fille de Madame Robinson, qui possède les mêmes arguments que sa mère, en plus verte et en moins manipulatrice. Bref, ça va devenir complexe.

Véritable chef d’oeuvre de quiproquo amoureux, «Le Lauréat» est le deuxième film du jeune Mike Nichols, 36 ans au moment des faits. Très avant-gardiste dans le traitement du sujet sur les rapports entre une femme mûre et un garçon bien plus jeune, il est amusant de constater que le film n’a pris que quelques rides de la société actuelle. Les appels planqués dans les cabines téléphoniques sont devenus textos envoyés sous la table, et les clés des chambres d’hôtel ont été remplacées par des cartes magnétiques, mais c’est à peu près tout. Pour le reste, on est en plein dans une histoire universelle et transversale, qui balaye une somme astronomique de sentiments liés à l’amour et la passion, la jalousie, et la vengeance. Et surtout, «Le Lauréat», c’est l’un des happy-ends les plus fous de l’histoire du cinéma américain, repris à l’envi dans des dizaines de films et séries, notamment dans «Wayne’s World». Quant à savoir si vous êtes plus branché par la mère (Anne Bancroft) ou la fille (Katharine Ross), faites vos jeux. Incontournable !

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