Il est des sujets qui sont assez opaques, difficiles à traiter, pour des tas de raisons. On vous l’a déjà dit, chez Bah Alors ?, la politique c’est pas notre spécialité. Mais ce n’est pas la votre non plus, à quelques exceptions près. Depuis quelques semaines, nos gouvernants nous intiment le conseil appuyé d’aller  dans l’isoloir ce dimanche pour une élection plus grande que les autres, plus importante, plus capitale, et qui implique 400 millions d’électeurs. Et même si France 2 ne retransmet pas le débat, même si les journalistes les plus chevronnés ont toutes les peines du monde à nous faire comprendre les enjeux, même si l’abstention potentielle va probablement tutoyer les records, on nous explique que les élections européennes de 2014, c’est le tournant historique que les citoyens que nous sommes ne peuvent pas ignorer. Phénomène inédit, nous allons en prime avoir un choix démesuré, puisque cette fois-ci, nous aurons la possibilité de prendre fait et cause pour une liste sélectionnée dans un panel de 23. Comme au foot, sauf qu’ils jouent tous les uns contre les autres.

Débats houleux, panneaux vides et grands axes

Ce qui est très drôle avec les élections européennes, c’est qu’elles donnent lieu à des débats particulièrement endiablés dans les émissions qui essaient (péniblement, mais la tâche est colossale) l’actualité politique. Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, compte chaque matin les points lors de combats idéologiques aux tenants/aboutissants assez obscurs. On y découvre des visions de l’Europe assez originales, entre ceux qui veulent revenir au franc, ceux qui souhaitent quitter le consortium, ceux qui appellent à ne pas voter, et ceux qui souhaitent accorder le droit d’asile à Edward Snowden. C’est parfois intéressant, volontiers bordélique, mais rarement constructif parce que les enjeux sont tellement vastes et les idées si éparses qu’il est quasiment impossible de synthétiser quelque chose de cohérent. Le Figaro a quant à lui eu la bonne idée de rassembler quelques grands axes, évoquant la montée des partis extrêmes et anti-européens, la baisse de la participation qui est prévue, les systèmes d’alliance potentielles, etc…L’article nous invite aussi à intégrer l’idée que selon les pays, les partis politiques sont cousins, mais pas identiques. Intéressant aussi, mais pas immédiat.

En France, nous allons voter dans 8 circonscriptions, découpées selon des conglomérats de régions. Notre circonscription Sud-Est compte 23 listes, parmi lesquels il faudra choisir qui nous souhaitons envoyer au parlement européen. 23 listes, c’est beaucoup, c’est même « tellement » que les panneaux électoraux ont dû être scindés en deux pour que l’affichage puisse être réalisé sur 12 demi-panneaux. Opération un peu veine si l’on considère que la photo en haut a été prise vendredi à 13.30, pour une élection ce dimanche. La chose essentielle que vous devez savoir, et que nous sommes en mesure de vous relayer en étant sûrs de ne pas nous tromper, c’est qu’à moins d’être un observateur éclairé de la politique internationale et locale, vous aurez un peu de mal à digérer la masse d’informations proposée par les candidats d’horizons extrêmement divers. Pis, vous il sera même difficile de retrouver les grands « troncs communs » sur lesquels les grands partis laissent bourgeonner leurs idées. Bref, ça va pas être évident.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire