Parce qu’il est de nos jours extrêmement pénible de se farcir des adaptations/remixes/détournements plus proches du sacrilège électronique que de l’hommage en bonne et due forme, Bah Alors ? a fait quelques recherches pour vous présenter quelques artistes qui ont tenté l’expérience de la reprise respectueuse…mais personnelle. Car les covers qui ne prennent pas de risques ont souvent assez peu d’intérêt. Ici on frise la délinquance, mais au moins, il se passe quelque chose.

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1- LES BIDOCHONS – Discographie

En France, dans les années 60, on ne savait pas faire de rock. On reproduisait gentiment les chansons des Shadows, des Beach Boys ou des Animals, mais créer quelque-chose d’original, non. Pourquoi faire, après tout? Les grandes maisons de disques de l’époque cherchaient juste des interprètes avec une gueule sympa capables de chanter correctement des versions françaises de tubes anglo-saxons. Les fans des Bidochons, eux, sont tout à fait au courant de la supercherie dont ils sont victimes : une bande de musiciens/comiques troupiers, qui remplacent les paroles de chansons originales par des textes débiles, et qui rajoutent un peu d’accordéon. Sévissant depuis 1989, la bande de joyeux drilles menée par le chanteur John Lénine a rendu hommage aux Stones, aux Beatles, aux Sex Pistols, à Nirvana, ou encore aux années Disco, dans des albums parfois un peu inégaux, mais par moments géniaux. Leur assassinat lyrique de l’oeuvre de Téléphone (Cache ton Machin, 1997) mérite une attention particulière, au moins autant que le mythique 4 Beadochons dans le vent, dédié à qui-vous-savez.

2- ONKEL TOM ANGELRIPPER – Discographie (Steamhammer)

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Des chansons de Noël en allemand, et en beuglant comme sait si bien le faire le chanteur de Sodom, “Tonton” Tom Angelripper. Avec son projet débilissime Onkel Tom, le plus fendard des thrasheurs d’Outre-Rhin, ne s’attaque pas qu’au répertoire du Père Noël, même si c’est celui qui nous parle plus en France. Il dévaste aussi les chansons à boire, et surtout, il atomise une foule de Schlagers, des chansons immondes issues d’un type de variété très spéciale qui n’existe qu’en Allemagne et en Europe de l’est.

3- ATROCITY – « Werk 80 » (1997, Massacre)
Le meilleur et le pire (surtout le pire du meilleur, finalement) des années 80 repris par un groupe d’industriel gothico-dépressif germanique, ça donne ce Werk 80, par les allemands d’Atrocity, en 1997. Même si certains singles issus de ce disque ont cartonné dans les boîtes de nuit bavaroises, n’espérez pas faire tourner les serviettes en écoutant leur version du “Let’s Dance” de David Bowie. Un album paradoxalement glauque et rigolo, qui aura une suite en 2008, Werk 80 II, avec A-ha, Bronski Beat ou encore Talk Talk.

4- TORI AMOS – « Strange Little Girls » (1998, Atlantic Records)

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Slayer, Eminem et Depeche Mode mis sur un pied d’égalité par une femme puissante armée de son seul piano : tel était le souhait de Tori Amos, qui a mis un terme à dix ans de collaboration avec sa maison de disques Atlantic Records en sortant un album volontairement sans aucune composition originale. Le résultat, c’est ce Strange Little Girls, vision féminine et éthérée de chansons masculines, voire franchement viriles quand il s’agit d’une boucherie comme “Raining Blood”, un peu difficile à reconnaître sous ce jour nouveau.

5- ME FIRST AND THE GIMME GIMMES – Discographie (Fat Wreck Chords)
Que des tubes sans aucun temps morts, revus, corrigés et simplifiés par une équipe de punks à roulettes habitués à sauter partout dans leurs groupes respectifs mondialement connus. Me First and the Gimme Gimmes compte dans ses rangs le chanteur de NOFX Fat Mike, le gratteux des Foo Fighters Chris Shiflett, mais aussi des membres de Re-Volt et Lagwagon. Ils ont sorti neuf albums composés exclusivement de reprises depuis 1997. Dernière connerie en date, leur EP consacré aux artistes Japonais (ils en ont aussi sorti un sur l’Australie, plus…évident).

6- APOCALYPTICA – « Plays Metallica by 4 cellos3 (mercury, 1996)
Du metal à violoncelle, il fallait y penser. Eicca Toppinen a trouvé cette idée géniale, et en 1996, il a réuni quelques potes aussi doués que lui avec un archet et les a fait plancher sur le répertoire de Metallica. Succès immédiat, tellement qu’Apocalyptica fait la première partie des Four Horsemen à travers toute leur Finlande natale. Le groupe variera un peu le propos par la suite, mais restera fidèle au concept “gros riffs de violoncelle avec batteur”. Ils compteront même dans leurs rangs un certain Dave Lombardo, qui s’est offert une petite récréation.

7- DREAD ZEPPELIN – Discographie (Irs, JVC, Imago, Birdcage, etc.)
Des chansons de Led Zeppelin en reggae, avec la voix, la tronche et les fringues d’Elvis Presley…Le malade mental qui a eu cette idée saugrenue s’appelle Greg Tortell, plus connu sous le nom de Tortelvis, sosie vocal et physique en mode déchiré-carton du King de Memphis. Au départ Dread Zeppelin ne fait que du Led Zep, mais va rapidement prendre un malin plaisir à saccager les Doors, Deep Purple, le Creedence Clearwater Revival, et même Pink Floyd. La blague circule depuis 1989, et a sorti la bagatelle de neuf albums.

SUPER BANCO – LA MUSIQUE DE PARIS DERNIERE – La série des « mania » (Naive)

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Béatrice Ardisson est l’épouse de Thierry Ardisson. Mais ce n’est pas pour ce détail matrimonial qu’elle apparaît dans ce classement. Madame Ardisson est avant tout la plus grande illustratrice sonore de France ; vous savez, ces gens qui choisissent et parsèment la musique dans les émissions de télévision. à une autre époque, l’homme en noir animait sur France 2 un talk-show nocturne qui s’appelait Tout le Monde en Parle, où des gens aussi bizarres que Johnny Rotten, Guillaume Dustan ou Christine Angot pouvaient côtoyer Titoff, Vanessa Demouy et Christian Karembeu. Après avoir débattu de sujets assez divers allant de la pédophilie au tennis-ballon, tout ce petit monde s’affrontait au blind-test en fin d’émission, et Gérard Darmon gagnait tout le temps. Pourquoi ? Parce qu’il devait regarder Paris Dernière, sur Paris Première, une émission produite par Thierry, sonorisée par Béatrice, et présentée par Frédéric Taddeï, qui recevait des invités dans des lieux de la nuit Parisienne. Quand ça ne parlait pas, il y avait constamment de la musique sélectionnée par Béatrice Ardisson, qui n’a pas son pareil pour dénicher et compiler les reprises les plus improbables de la planète, jamais vaines, et souvent en très grand décalage avec l’original. Sept compilations vont sortir dans le commerce, plus la série des “Mania”, qui rend à chaque fois hommage à un groupe ou artiste solo du genre David Bowie, Dylan, les Beatles, et beaucoup d’autres. Cette femme est une mine d’or !

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