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Qui n’a pas rêvé de voir un jour au cinéma un film de science-fiction à la fois drôle, bien ficelé, un peu flippant et super friqué ? Et bien ça y’est, Doug Liman l’a fait. Son « Edge of Tomorrow » réunit tellement d’arguments positifs dans son ADN qu’il aurait pu être un projet cinématographique utopique. Le principal écueil aurait pu être la maîtrise du paradoxe temporel et la facilité de lecture pour le spectateur. Mais là où certains ont échoué en réalisant une bouse (l’ignoble « Machine à explorer le temps » de Simon Wells en 2002) ou en se basant sur un scénario suffisamment compliqué pour perdre quelques spectateurs en route(« L’Armée des 12 Singes » de Terry Gilliam, mais c’est loin d’être le seul), Doug Liman s’est refusé à nous prendre la tête avec un scénario alambiqué. Son film fonctionne comme un jeu vidéo de shoot, et Tom Cruise a trouvé un cheat-code pour débloquer les vies infinies. Par contre, la difficulté est sur le mode « ultra-vénère ».

Des grosses saloperies lumineuses, Emily Blunt et beaucoup d’auto-dérision

Dans le rôle du Commandant Cage, on retrouve donc Tom Cruise, de plus en plus en forme à mesure qu’il vieillit. Mis à l’écart par le chef des armées parce qu’il a voulu déserter en le menaçant de chantage, il se retrouve sur la base militaire d’Heathrow, la veille d’un énorme assaut humain sur une plage normande, dans le but de bouter les Mimics hors de la planète. Il était jusque-là un commandant bureaucrate, et ne s’est jamais battu de sa vie. Confronté à des croisements métalliques de scorpions, de lions et d’oiseaux dégueulasses et tentaculaires (les « Mimics » sont aussi réussis que difficiles à décrire), il meurt en quelques minutes…et se réveille à Heathrow, où la journée de la veille recommence, exactement pareille…

Doug Liman a adapté un Light Novel japonais qui se base sur le même genre de paradoxe temporel que l’extraordinaire film « Un Jour sans Fin », avec Bill Murray. La mort de Tom Cruise remet les compteurs à zéro, et il devient à chaque fois plus fort, puisqu’il apprend de nouveaux détails sur la vie des gens qu’il croise, il apprend à se battre, et il avance petit à petit dans la résolution de deux énigmes majeures : comment arrêter le cycle de résurrection, et comment vaincre les Mimics. C’est un peu comme dans un jeu vidéo avec un point de sauvegarde, et les vies infinies.

Mention très bien et influences digérées

Là où Doug Liman ne s’est pas trompé, c’est qu’il a inséré beaucoup d’humour dans son film, en utilisant les mêmes ressorts que ceux employés par Harold Ramis en 93 dans « Un Jour sans Fin ». Il a juste transposé ça dans un univers hostile, et donné à Tom Cruise les clés du projet, en sachant très bien que l’ex-Maverick donnerait la pleine mesure de son talent dans un long-métrage taillé pour lui. Pour pimenter la sauce, Emily Blunt est parfaite en sculpturale héroïne guerrière, et apporte au tableau une touche de féminité comme elles sont trop rares dans les films d’action, en étant à la fois utile au scénario et diablement efficace sur le terrain.

D’un projet qui aurait pu être un plantage colossal malgré un cahier des charges presque parfait, Doug Liman a réussi le pari d’être divertissant, drôle, et captivant. Il a mixé tout ce qu’il y a de bon dans diverses franchises populaires (« Transformers », « Alien » un peu de « Marvel », des répliques dignes de séries comme « How I met your Mother », etc.) sans jamais en faire trop, et en laissant Tom Cruise s’en donner à coeur-joie. Peut-être le dernier bon,voire grand blockbuster avant la foire à la saucisse cinématographique de l’été.

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