Voilà déjà cinq ans que le village de Roquebrune accueille un festival photographique qui ne cesse de grandir. Lancé pour combler un vide artistique, les photographes «jaloux» des peintres, sculpteurs et autres potiers n’imaginaient sûrement pas que leur projet prendrait une telle ampleur en si peu de temps. Déplacé en plein été, étalé sur dix jours et implanté partout dans le village, c’est l’un des événements incontournables de l’été roquebrunois (du 26 juillet au 3 août). C’est aussi une affaire de passionnés, mais pas seulement, parce qu’il n’est pas nécessaire de «savoir» regarder une image pour l’apprécier. La tête pensante de l’organisation Sylvie Serge Cabiten nous en dit un peu plus sur les coulisses de cette cinquième édition (et des autres aussi).

Affiche-Festival-2014


Sylvie, est-ce que tu peux nous expliquer comment d’un petit festival en 2010, vous l’avez transformé en un gros événement de dix jours ?

La première édition était ouverte à tout le monde, il y avait plein d’associations, c’était un peu l’anarchie mais il fallait une première ! C’était sympa mais un peu fouillis. Dès la deuxième édition on a choisi des thèmes, pour l’expo de la salle Molière, et dans les chapelles on a invité des photographes qui commençaient à se faire connaître : Nico Gomez, Guillaume Roumestan, Roch Domerego… On a des photographes qui nous suivent, qui ont d’abord exposé dans la salle Molière et qu’on a par la suite mis dans des chapelles, tous seuls. Des photographes qui sont connus dans la région. Cette année on a aussi la chapelle St Roch, et la salle de danse. Comme ça on peut organiser une vraie balade photographique, les gens vont un peu partout, et on ouvre le soir jusqu’à 23h. Comme en plus c’est en plein été, le public découvre le village, ses marchés nocturnes, etc.

Pourquoi tu as voulu le créer ?

Parce qu’à l’époque, et même ici, il y avait beaucoup d’animations autour de la peinture et la sculpture, mais rien sur la photo. D’ailleurs on a fait des émules, Seillans, Draguignan, Fréjus qui a essayé, l’engouement pour la photo s’est développé.

Pourtant à Roquebrune, contrairement à Puget par exemple, il n’y a pas de club photo.

C’est impossible. Il faut un local, du matériel, et surtout du temps, parce qu’ouvrir le club c’est pas le tout, il faut aussi proposer quelque chose à ses adhérents, comme un professeur.

D’autant plus que tes principaux collègues dans cette aventure sont des actifs, c’est bien ça ?

Nous avons deux retraités, mais qui travaillent beaucoup pour le festival. Notamment mon trésorier à qui je demande beaucoup. Mais les autres sont effectivement des gens qui travaillent.

Et toi tu t’octroies quand-même un petit espace pour exposer ?

Un petit, oui, dans la salle Molière. Parce que je n’ai pas le temps de faire plus, de partir faire des photos qui collent au thème,etc. Rien que l’organisation c’est un énorme travail, qui dure un an, et pendant le festival il faut que je sois partout. Je ne peux pas rester dans un endroit fixe à expliquer ce que je fais. Et ceux qui m’aident sont tous photographes, et ils exposent aussi dans la salle commune.

Pour cette année, est-ce que tu peux nous donner les thèmes ?

On en a choisi 3 : à travers, contre-jour, et photos de nuit.

C’est carrément des contraintes, non ?

Presque… On les choisit en réunion, on en propose une vingtaine, et on essaie d’éviter les thèmes bateaux genre voyages, petites fleurs, animaux. Pourtant on nous le demande, mais l’intérêt c’est de voir autre chose. Par exemple, dans les sélections qui nous parviennent, le thème « à travers » ça donne lieu à des développements qui sont très différents d’un photographe à l’autre.

Et la sélection des photographes, elle est arrêtée ?

On a les principaux, mais cette année j’ai surtout plein de nouveaux ! Avec le site, avec Facebook, on touche de plus en plus de gens, de Nice, du Var-Ouest. Les clubs nous suivent. Et parmi les nouveaux on a certains photographes très jeunes, comme Geoffrey Maluski, qui chaque année depuis qu’il a 16 ou 17 ans, gagne un prix dans notre festival. Il nous a montré des photos qu’il a prises lors d’un rallye au Maroc, je lui ai dit « je te laisse une chapelle ». Pareil avec Robert Polidori et Christine Garcia, on a vu leurs photos de vacances au Viêt Nam, on a vu leur évolution au fil des années, cette fois-ci on les expose.

Et en tant que passionnée, tu dois aussi faire de belles rencontres avec les artistes, non ?

C’est même le principe du festival. On leur demande de tenir des permanences dans les salles d’expo, pour discuter de leur travail. Il faut qu’ils s’investissent ! Ils exposent gratuitement, mais c’est parfois difficile, certains accrochent le vendredi et décrochent dis jours plus tard, et on les voit pas de la semaine. Ils peuvent rencontrer plus de mille visiteurs, et même vendre des oeuvres, même si ils ne sont pas là pour ça mais ça les regarde. Nous ce qu’on veut c’est que tout soit gratuit pour les spectateurs, et après les photographes font ce qu’ils veulent.

Est-ce que vous organisez aussi un concours ?

Absolument, avec des lots à gagner. L’an dernier c’étaient des vols en ULM, des choses dans le genre. Cette année on sera plus GoPro. Hélas, nous les organisateurs on est hors-concours.

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