Les Dandy Warhols font partie de ces groupes que tout le monde connaît sans forcément les connaître. Pour plusieurs raisons : parce que le nom est génial, parce que la copine du frère de machin est super fan, parce que ça cartonne en Angleterre, parce qu’il y avait un titre sur la compile « x » du label »y » sortie en « 200Z », bref…tout le monde voit grosso modo de quoi il s’agit quand on évoque le nom des Dandy Warhols. Mais c’est surtout quand résonne l’un des singles du groupe que l’oreille envoie un message que le cerveau interprète de la façon suivante : « j’ai déjà entendu ça quelque-part ». Ouais, dans « Mary à tout prix », dans « Buffy contre les vampires », dans « Veronica Mars », dans « Las Vegas », dans « Pop Redemption », dans une pub pour le C4 Picasso…partout, tout le temps. Et en général, il s’agit de la chanson « Bohemian like you », issue de l’album « Thirteen tales from urban Bohemia », qui fête son 13e anniversaire cette année, et que le groupe célèbre avec une grande tournée qui passera par les Voix du Gaou le 17 juillet. Avant de se pointer à Six Fours, le leader du groupe Courtney Taylor-Taylor passe sa tournée de chambre d’hôtel en chambre d’hôtel. Et c’est un chanteur manifestement crevé (mais ans un bon mood) que nous avons eu au téléphone pour nous parler de ce disque, de la tournée, de la musique merdique de la fin des 90’s et de Vodafone.


The-Dandy-Warhols

Courtney, on était sensés t’appeler vers 18h mais personne ne nous a dit si c’était l’heure française ou anglaise. On a pris « heure française », ça te va ?

Très bien, aucun problème !

Ce sera court, rapide…

Et putain de brillant !

Ben on espère ! Pourquoi les Dandy Warhols ont voulu célébrer le 13e anniversaire de « Thirteen tales… » ?

Parce que 2013 était le 13e anniversaire de « Thirteen tales »…je ne suis pas particulièrement superstitieux, mais trois 13, c’est un bon signe.

Pas superstitieux, vraiment ?

Si, un peu…mais pas à fond. Disons que c’est pas un trait de caractère.

Tu considères que cet album est le meilleur de ta carrière ?

Non, c’est le plus gros, mais pas forcément le meilleur. Tous nos disques sont différents. C’est très dur de dire quel est le meilleur, c’est comme comparer les bagnoles italiennes avec les allemandes, c’est compliqué. C’est le plus gros grâce à une addition de timing et de chance. Et aussi parce que le travail fourni pour le faire a été dingue. C’était un enregistrement magnifique, avec de très bonnes chansons, qui se sont retrouvées associées à 100 millions de dollars de campagnes publicitaires. C’était un très gros contrat. Et en Angleterre il s’est passé un truc de fou. Un de nos titres est passé dans une pub (pour Vodafone, ndlr) juste après un but de l’Angleterre pendant l’Euro de foot, et dans tous les pubs d’Angleterre, au même moment, cette chanson a été tabassée hyper-fort. C’était complètement dingue et ça a laissé une trace.

Est-ce que tu penses que cet anniversaire, c’est l’occasion de revenir un peu à ce son un peu moins sombre que celui que vous avez aujourd’hui ?

Plus lumineux ? Parfois c’était aussi dépressif et suicidaire, ça dépendait du moment, déjà à l’époque…Sur cet album il y a aussi « Sleep » qui un truc complètement suicidaire. Si on faisait des trucs un peu plus joyeux, c’était déjà pour oublier à quel point la vie peut être vraiment merdique.

Es-ce que c’est dur de rester productif après toutes ces années ? C’était mieux d’être un jeune groupe ?

Quand tu deviens vieux tu t’améliores. Tu vis mieux les tournées parce que tu sais comment faire pour rester positif. Quand t’es jeune tu bois trop, c’est fun, mais…Maintenant on mange mieux, le vin est meilleur, on fait plus attention à des détails qui améliorent le quotidien. Quand t’es jeune tu t’en fous, tu es irresponsable, tu fais n’importe quoi avec ta santé. Ce qu’on faisait à l’époque me semblerait incroyable aujourd’hui.

De nos jours la pop et le rock deviennent de plus en plus électroniques. Est ce que tu penses que ça nuit à la musique ?

Oh tu sais maintenant que je vis en Angleterre, quand je marche dans les rues et que j’entends ce qui passe, dans les magasins, à la radio, je me dis « mais quelle merde ! » Tout ça me rappelle ce qu’on entendait à la fin des 90’s avec la « boy dance » et la « girl dance ». C’était vraiment dégueulasse, ce qu’on entendait à la fin des 90’s, vers 98-99. Et ben aujourd’hui ça commence à y ressembler ! Il y a plein de groupes qui essaient de faire des trucs « entre-deux », mais moi je pense que c’est le moment pour une nouvelle révolution punk !

Votre dernier album est sorti en 2012. Là vous avez déjà quelque-chose de prêt ?

Oui on a écrit un EP avec 4 ou 5 titres, qui va sortir cet automne.

Et avant de nous quitter est ce que tu veux dire quelque-chose aux fans français qui viennent voir les Dandys le 7 juillet ?

Oui. Je vis tout seul et mon esprit est vide(Rires), mais je suis super content de venir jouer dans le sud de la France, il va faire super beau, c’est au bord de la mer ça va être génial. Soyez prêts à vous faire exploser la tronche, on arrive !


The Dandy Warhols, avec Placebo et L.R.M., le 17 juillet aux Voix du Gaou (Six-Fours)

La photo des Dandy Warhols sur scène au Kentish Town Forum en 2012 est signée Aurélien Guichard (en license Creative Commons)

 

 

 

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