Chers lecteurs, après « Cineman », « Enter the Void » ou encore « The Tree Of Life », mon dévouement pour vous expliquer à quel point un film est mauvais n’est plus à prouver. Après une profonde recherche du prochain film à voir pour vous, pour la culture, pour ne pas vous faire perdre votre temps en sacrifiant le mien, mon choix s’est arrêté sur « Transformers » de Michael Bay. Non, pas le premier ou le deuxième, pas un seul film mais la trilogie complète. 442 minutes, presque d’affilée, en compagnie de robots sympathiques, de robots moins sympathiques, d’une floppée de mauvais acteurs et d’un scénario aussi incohérent qu’incompréhensible. J’aurai pu chroniquer « Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension », mais après une triple séance made in Hasbro (constructeur des jouets Transformers), je préfère décerner une palme d’or à Mr Bay.

Le tiercé dans le désordre.

Alors pour commencer sur des bases saines, un point sur le scénario : Sam Witwicky est un jeune garçon qui cherche à obtenir un dernier A pour que son père lui achète une voiture. Il l’obtient, son père remplit sa part du contrat, mais il s’avère que cette voiture est en fait un robot. Un autobot, pour être plus précis. Les autobots sont des extraterrestre en métal, pouvant se transformer en ce qu’ils veulent pourvu que ce soit mécanique. Mais il n’y a pas que les autobots qui peuvent se transformer, il y a les Decepticons aussi, sauf qu’eux sont méchants. Et comme tous les méchants et les gentils, ils se tapent dessus. Sauf qu’au départ ils étaient en guerre sur leur planète, Cybertron, qui est devenu une cyber-ruine. Comme ils ont éclaté leur propre monde, ils ont décidé de se déplacer et de bousiller d’autres planètes, jusqu’à arriver sur la nôtre.
L’histoire aurait pu tenir en une simple baston de robots, mais Michael Bay a eu une idée géniale : écrire une trilogie où aucun film n’est lié à un autre avec pour chaque opus une trame expliquant et justifiant la bagarre.
Numéro 1 : les robots sont à la recherche d’un cube qui peut créer d’autres robots extraterrestres, puis bagarre.
Numéro 2 : les robots sont à la recherche d’une matrice qui ressemble à une dague et qui peut faire ressusciter les robots extraterrestres, puis bagarre.
Numéro 3 : les decepticons posent des piliers partout dans le monde pour déplacer leur planète sur la nôtre et emménager, puis bagarre.

Après ça on a hâte de voir Transformers 4…

Les humains sont nuls mais on les aime bien.

La différence la plus remarquable entre les autobots et les decepticons est l’attachement qu’ils ont pour les humains : les premiers les aiment et les protègent, les autres ont envie de les tuer vite et mal. Dieu merci, les Transformers ont appris l’histoire de la planète Terre en écoutant Joe Dassin, donc tout se passe en Amérique. Et quand c’est pas les Etats-Unis, c’est le désert en Egypte ou encore des champs de bataille afghans. Nous en Europe, on n’existe pas : la guerre n’est pas mondiale, et surtout, quand des millions de personnes qui ne demandent rien meurent à Chicago, les Nations-Unies s’en moquent. Géopolitique mise à part, les humains ne sont là que pour la décoration. Si vous pensiez que le réalisateur de « Pearl Harbor », « Bad Boys » ou encore « Armageddon » allait faire dans la fresque humaniste et solidaire, vous vous êtes trompés, et nous on vous conseille « La liste de Schindler ». Ici, les humains sont tous plus nuls les uns que les autres, sauf Sam. Sam, lui, c’est un gringalet qui a tout à gagner dans la bataille.

Interprété par Shia Laboeuf (un mec qui a réussi le pari fou de percer dans le cinéma avec un nom que personne n’ose dire à haute voix tellement la prononciation est une énigme), Sam est l’ado que l’on va suivre tout au long de la trilogie. Dans le 1 il est au lycée, dans le 2 à la fac et dans le 3 il cherche un taf. Le résumé de la vie moderne. Sauf que la particularité de Sam ne réside pas uniquement dans le jeu d’acteur pour le moins inexistant de son interprète, mais plutôt dans la capacité qu’il a de se trouver toujours au mauvais endroit, au mauvais moment. S’il reste plus de 3 minutes au même endroit, vous pouvez être sûr que surgira un méchant Decepticon venu du fin-fond de la galaxie pour tuer ce grand ado d’un mètre soixante dix. Heureusement pour notre héros, Bumble Bee, sa voiture, est là pour le protéger. Seul autobot muet, ce dernier réussit quand même à dialoguer avec tout le monde grâce à son poste radio intégré, qui bizarrement ne retransmet pas des morceaux de musique, mais uniquement des extraits de films cultes. La deuxième compétence de Sam, c’est de n’attirer que des nanas élues « femme la plus sexy » chez FHM. Megan Fox dans les deux premiers épisodes, qui disparaît subitement dans le trois pour laisser place à Rosie Huntington – Whiteley. Megan Fox, qui est donc l’une des actrices principales des deux premiers opus – et je vous le dis tout de suite, principale oui… mais pas pour son cursus à l’Actor’s Studio – joue Mickaella, la copine de Sam, lycéenne avec un casier judiciaire qui s’y connait beaucoup trop en mécanique, et ça en devient ridicule.

Sa disparition dans le troisième ne gêne absolument personne, même pas Michael Bay. Le réalisateur décide au bout de 50 minutes de faire dire à la mère de Sam que Mickaella l’a plaqué. La mère de Sam, on ne va surtout pas en parler, j’ai vraiment envie d’oublier son existence. D’une nullité dantesque, à chacune de ses apparitions on se demande quelles compétences incroyable elle doit posséder hors-caméra pour apparaître trois fois dans le casting d’un blockbuster…

Mais les bastons de robots dans tout ça?

Comme je vous l’ai expliqué plus haut, les motifs de guerre instaurés, c’est parti pour la bagarre. Alors là, l’œil ne tient pas. « Pacific Rim » j’ai tout pigé, jusqu’aux détails des poings et des pieds de chaque robot. « Real Steel » j’ai presque tout aimé. Mais là… je n’ai pas compris une seule des batailles. Pas une. C’est plein de ferrailles qui se mettent sur la tronche. Mais que fait Optimus Prime ? Le grand chef des autobots avec son semi-remorque se fait démolir à chaque apparition. Pas une fois il ne tient debout. Dans le dessin-animé c’est le sauveur, dans le film c’est un naze. Dites-vous bien un truc, le robot sur l’affiche, c’est pas le champion toutes catégories. On attend 3 films pour le voir gagner vaguement un combat où son adversaire a pratiquement décidé de mourir. Par contre il philosophe, et commence toujours sa dernière phrase par « je suis Optimus Prime… ». Je m’arrête là , et j’espère que si vous ne les avez jamais vus, jamais vous ne regarderez ces films. Vraiment. Nous par contre à la rédaction, on s’amuse avec un énorme Optimus Prime (qui dit son nom de temps en temps), et on essaie simplement de se rappeler du dessin-animé. Et rien que du dessin-animé.

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