De Sylvie Audcoeur, Bruno Chapelle, David Basant et Olivier Yéni

Quand on programme un festival de théâtre en plein air avec une belle jauge à 1000 comme les Nuits Auréliennes, Jean-Luc Moreau à la mise en scène, c’est une valeur sûre. Ah c’est sûr, les puristes du théâtre qui rêvent de voir des pièces exigeantes, avec des dialogues au cordeau et du pathos à tous les étages, ne sont pas clients des pièces de boulevard minutieusement préparées par le metteur en scène le plus en vue du moment. Mais pour tous les autres, ces œuvres sont l’occasion de passer un bon moment de franche rigolade, sans prendre le risque de s’ennuyer. Locataire systématique des Nuits, Jean-Luc Moreau a débarqué cette saison avec « Court sucré ou long sans sucre », une pièce écrite par un quatuor de fous furieux qui égratigne le monde de la comm’.

Du jambon, des rillettes et des fessées

La pièce en elle-même tient sur un postulat hyper-simple, comme toute bonne comédie de boulevard qui se respecte. Un duo de publicitaires en mal de contrats doit absolument signer avec Flocel, une entreprise d’agroalimentaire spécialisée dans la charcuterie light, pour participer à une convention. Dans le duo, il y a Patrick, qui trompe sa femme avec Chloé, sa collègue de boulot. Chloé ne supporte plus Aldo, le pote un peu idiot de Patrick, qui tape l’incruste dans la boîte en essayant de proposer des idées farfelues. Thierry, le responsable de chez Flocel, est raide dingue de Chloé, mais la femme de Patrick est son amie d’enfance. Nancy, la nouvelle dirigeante de chez Flocel, a supplanté Thierry, est raide dingue de Patrick, et tient plus du despote que du rasta. Un magnifique bocson, quoi !

 

Entre le jambon light et les rillettes allégées, la fine équipe va se retrouver embrigadée dans des quiproquos en série. La nature nympho de Nancy va la jeter dans les bras de Patrick, qui pour sauver le contrat va bien devoir trouver une solution. Tromper sa maîtresse avec sa cliente pendant son divorce ? Voilà le nœud du problème. Et comme souvent dans ce genre de pièces, Patrick est particulièrement mal entouré. La galerie de personnages est plutôt réussie, avec un Thierry gay-friendly extrêmement drôle, un Aldo relou à souhait, une Chloé relativement normale mais très possessive et une Nancy délicieusement obsédée, adepte des mots crus et des claques sur les fesses.

Pour sa première soirée, le festival des Nuits Auréliennes a joué la carte de la sécurité avec une pièce qui triomphe à la scène Bastille depuis des lustres. Ce n’était ni surprenant, ni risqué, ni avant-garde, mais ça avait le mérite d’être extrêmement divertissant. La suite des réjouissances c’est ce soir avec l’ouverture des Nuits Off, et jeudi avec une pièce du même acabit que celle-ci, puisqu’il s’agira du désormais classique « Dîner de Cons », écrit par Francis Veber et mis en scène, cette fois-ci, par Agnès Boury, qui fait suite à… Jean-Luc Moreau.

 

 

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