Les mots sont pesés. Créateurs, musiciens, théâtreux, ils étaient tous de sortie hier soir dans le centre-ville de Fréjus. On vous l’a déjà dit dans notre édition papier de l’été : cet été, tous dehors ! Même si nous étions déjà à l’époque introduits dans les arcanes des milieux artistiques, nous étions loin de penser que l’émulation pourrait être telle, un soir de semaine. Mais les coïncidences ont fait que Fréjus a proposé hier soir ce qu’elle savait faire de mieux : un savant mélange de jeunesse, de culture, d’invention et de convivialité. Même la légère pluie n’a pas réussi à renvoyer les passants chez eux. De la musique dans les rues, du théâtre dans les spots des Nuits Off, des terrasses blindées, de la place Formigé au bout de la rue Jean Jaurès c’était Greenwich Village, sans Dylan, sans Marcel Duchamp et sans la Beat Generation, mais avec des gens de chez nous, qui comme leurs homologues américains des 60’s, refusent de laisser leurs congénères se terrer dans leur petit morceau d’urbanisme privé, même un mercredi soir.

Sortie de table

La clé de la réussite de ces soirées multi-culturelles, c’est le « retour du clocher au centre du village ». Le coeur de Fréjus c’est la place Formigé, et si le retour de l’effervescence doit se trouver un épicentre, c’est ici et pas ailleurs. Plate, grande et carrée, située en plein milieu de la ville, c’est l’endroit parfait pour animer le village. Depuis des années maintenant, le festival Off des Nuits Auréliennes contribue grandement à capter le public dans des lieux historiques et importants de la ville. L’ouverture hier soir n’a pas dérogé à la règle, puisque le public s’est déplacé en masse dans la cour de l’évêché, les écoles Turcan et Aulézy, le Théâtre de Poche ou encore la Villa Marie, pour assister à des représentations théâtrales de qualité forcément inégale, mais toujours sympathiques (mention spéciale à la Compagnie du Gantelet, super pro dans « La Tour Eiffel qui tue »). Depuis la place, quasiment tous les lieux des Nuits Off, à part le Parc Areca de St-Aygulf (forcément) sont à moins de 5 minutes à pieds. Le plan est très clair : une pièce, un resto en centre-ville, et un deuxième acte en sortant de table. C’est la recette que souhaitait appliquer l’ex-adjointe à la culture Françoise Cauwel à l’époque, elle qui s’est toujours battue pour faire vivre ce festival. Il ne manquait qu’une chose : donner envie au public de rester dans la vieille ville entre les pièces, voire même sans théâtre. Et bien c’est réglé.

Musique de rue, créateurs dingues, restos dans le jus, et Saint-Raph qui prend le relais

Depuis la semaine dernière, le marché des créateurs s’est installé sur la place Formigé chaque mercredi soir. Si la première a été un peu timide, la deuxième a attiré beaucoup plus de monde. Les touristes sont arrivés, mais surtout, quelque-chose a changé, sur la place : il y a de la musique. Hier soir c’étaient des musiciens de La Vallée des Artistes qui inauguraient ce nouveau concept, et ils se sont fondus là-dedans comme un bouquet garni dans un pot-au-feu. L’évidence même ! Les terrasses des restaurants et des cafés ne désemplissaient pas, les créateurs ont rencontré leur public, Fréjus tournait à plein régime, et du propre aveu de ceux qui sont là depuis des lustres, le village n’avait pas été animé comme ça depuis bien longtemps.

L’addition de toutes ces animations a parfois créé quelques menus problèmes (la musique gêne parfois un peu le théâtre), mais quelques dialogues en bonne intelligence ont réglé rapidement la situation. Certains membres de l’équipe municipale, dont le maire David Rachline, sont même restés une bonne partie de la soirée, pour profiter du moment, juste en bas de l’hôtel de ville. Il est certain que tous les soirs de juillet ne seront pas logés à la même enseigne, mais la suite de l’été réserve encore quelques surprises. Les Nuits Off commencent à peine, le marché des créateurs sera présent jusqu’à la rentrée et sera systématiquement animé par des groupes, les fêtes traditionnelles vont bientôt arriver (dont la très attendue fête du raisin au mois d’août), bref, c’est que le début. Ce soir, les Nuits Auréliennes proposent « Le Dîner de Cons », pendant qu’à Saint-Raphaël, Pondafloor prend le relais des animations nocturnes avec le début du GoGreen Festival jusqu’à dimanche soir, avant le retour des Nuits Off lundi. Vous êtes toujours devant la télé ?

 

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