Terminator
De James Cameron, avec A. Schwarzenegger, L.Hamilton. 

 

L’été 1984 touche à sa fin. Dans un coin légèrement retiré de Californie, à Paloma, un type essaie de matérialiser une vision nocturne. Il s’est vu poursuivi par un demi squelette metallique armé de couteaux, un organisme violent et inarrêtable, dépourvu d’âme et fabriqué pour tuer. Ce garçon dérangé sort à peine d’un tournage éprouvant en Jamaïque, un film d’horreur estampillé 100 % eighties avec des piranhas qui volent et qui dévastent les Caraïbes dans la haine et le sang. Ambitieux, le jeune James Cameron, 28 ans à l’époque des fait, n’a pas l’intention de rester cantonné aux effets spéciaux toute sa vie. Après avoir repris le projet «Piranhas II» à la volée pour sauver le film, il veut réaliser une histoire écrite de sa propre main, celle d’un robot venu du futur pour éliminer la mère du chef de la résistance humaine. Ce sera «Terminator», un petit film de science-fiction qu’absolument personne, ou presque, ne voulait faire. Ni les acteurs, ni les producteurs. Pourtant c’était pas très cher, puisqu’avec six millions de dollars, soit 5 fois moins que le deuxième volet de la saga Indiana Jones, c’était réglé. Le premier problème qui s’oppose à James Cameron, c’est le casting. Pour incarner son robot, il lui faut un monstre physique ; il veut le plus impressionnant de l’époque, l’Autrichien Arnold Schwarzenegger, devenu depuis peu «Conan le Barbare», et par extension un acteur bankable. Schwarzie n’est pas très chaud, pas plus que Michael Biehn, acteur de seconde zone qui sera embauché pour être l’humain qui devra protéger Sarah Connor (Linda Hamilton), la mère de John Connor, futur leader de la résistance. Cameron lutte à tous les étages : il conclue un marché foireux avec sa productrice pour être sûr de réaliser son film (il cède à Gale Anne Hurd les droits de «Terminator» pou un dollar symbolique), il fait apparaître plein de gens au générique pour les caresser dans le sens du poil, il doit trouver une solution pour rendre crédible un squelette métallique (il emploiera des marionettistes)…tout est compliqué, et personne n’y croît. Jusqu’à ce que le film rapporte douze fois la mise de départ, et propulse Arnold Schwarzenegger comme incarnation du plus flippant méchant de l’histoire du cinéma. Bien plus qu’un thriller d’horreur rythmé par des morts en cascade, «Terminator» est une sorte de survival insoutenable, où deux humains qui finissent par s’aimer tentent d’échapper à un monstre indestructible, programmé pour les mettre à mort, et animé par une cause que son absence d’âme l’empêche de trahir. Pas de discussion possible, il faut se débarasser d’un être intuable, et cette mise en scène du désoeuvrement humain face à la puissance d’une technologie meurtrière fait toujours aussi froid dans le dos. Et si les effets spéciaux ont vieilli, la terreur, glaciale, n’a pas quitté la pellicule. Dément.

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