Fondée il y a plus de dix ans par Michel Grillo et quelques copains, l’association Media Massive a pris aujourd’hui une ampleur qui lui permet d’être l’un des principaux acteurs de la vie culturelle associative par chez nous. Un développement qui n’était pas prévu, mais qui s’est avéré salvateur pour pas mal d’acteurs de la scène musicale locale. Toujours en quête d’artistes émergents, prêt à tout ou presque pour les aider, Michel Grillo mène de front un combat dont il maîtrise de mieux en mieux les ficelles, surtout une: la négociation avec les élus. Toujours à fond, motivé par l’envie de proposer des prestations de qualité, et investi dans le développement de groupes qui ont tout à prouver, le président nous a reçus dans son bureau pour nous expliquer ce qui le fait avancer depuis 3 ans et l’explosion des activités de Media Massive. 

Michel, en fait Media massive existe depuis plus longtemps que ce qu’on croit !

10 ans !

Mais pourquoi as tu mis si longtemps avant d’organiser des événements musicaux ?

Parce qu’à la base ça servait juste de structure pour mon groupe de dub, pour facturer, etc. Et on faisait aussi de la promo d’artistes, des sites Internet, parce que dans le groupe on venait tous de ce milieu-là. Je te parle d’il y a dix ans, ils n’avaient pas de site, rien. Et comme moi je faisais encore beaucoup de musique je n’étais pas trop impliqué dans l’organisation.

Et comment ça t’a pris, justement, de vouloir t’y mettre ?

C’est devenu mon truc, oui et non. Quand on a lancé la machine il y a trois ans avec les Découvertes Sonores, c’était un peu le projet de la dernière chance. On a réuni une bande de copains, on s’est dit « essayons de faire un truc bien fait et visible, et on verra le retour qu’on a de la part des élus de nos villes, on le fait à fond et on n’aura pas le regret de n’avoir rien tenté ». Saint-Raphaël a adoré et nous, ça nous a donné envie de recommencer. Et puis ça a changé un truc contre lequel je m’énervais énormément, ça a rassemblé plein de gens qui jusqu’ici travaillaient dans leur coin. Ça a donné envie à plein de monde de se greffer dessus, des groupes, des bénévoles, ça a insufflé une dynamique. Même à d’autres structures qui font d’autres choses autour. Il y a beaucoup de projets qui se font, et la porte est un peu plus ouverte sur le terrain. Disons qu’on est dépendants des mairies qui nous fournissent des lieux de diffusion, mais maintenant c’est plus facile de discuter, de proposer des choses, et d’être soutenu. Et puis récupérer les locaux de la Base Nature a aussi changé pas mal de choses.

Justement, tu parles des anciens locaux d’ACDC situés à la Maison des Associations. C’était une OPA Hostile ?

Non ! (rires) J’ai été bénévole dans cette asso pendant dix ans, et je disais à Yann le directeur qu’il fallait qu’on organise des concerts, pour donner aux groupes l’opportunité de se produire. Parce que finalement, c’étaient d’autres qui profitaient de leur travail effectué ici. Ça aurait pu amener plus de monde à rejoindre la structure, bref…Ce qui est paradoxal, c’est qu’ACDC en avait organisé, des choses. Ils ont fait des concerts aux Arènes, ils savaient ce que c’était. Ok c’est beaucoup de boulot, mais à la fin quand c’est fini c’est quand même un sacré kif ! Bon après je sais que la vie associative c’est un peu usant, il y a quelquefois un peu moins d’implication, un peu de fatigue, etc. Ce qu’il faut retenir de tout ça c’est que le lieu n’a pas fermé, et on a repris ce que faisait ACDC dans les grandes lignes, en rajoutant ce qu’il manquait, un peu plus de cours, la diffusion, un local de plus. On voulait aussi que ce soit un lieu où les musiciens puissent se croiser, même pour boire un café, et qu’ils ne restent pas dans leur coin. Tu changes pas les gens, mais du soir au matin ça rentre et ça sort, les groupes se partagent les musiciens, ils enregistrent ici, on est sur la bonne voie.

Quand on regarde derrière toi, on aperçoit un grand tableau blanc qui orne le mur de ton bureau. C’est un immense calendrier qui se remplit de plus en plus avec l’été qui approche et en juin, juillet et août, il se passe un nombre hallucinant de choses …

C’est la saison, le moment où les villes sont le plus en demande d’animations. En plus on a voulu continuer de faire grandir le festival des Découvertes Sonores. On ne fait pas le même travail qu’une structure comme le Mas des Escaravatiers, nous on s’occupe des artistes émergents, c’est un autre circuit. On est en train de faire des Découvertes un festival itinérant, pour l’instant sur trois villes : Saint-Raphaël, Puget, Fréjus c’est en cours de conception, et on essaie de caler une quatrième date à Roquebrune, ou dans le canton de Fayence. On aimerait garder ce créneau d’une semaine pour le festival, St-Raphaël nous donne trois jours, et en le déplaçant on peut faire quelque chose de vraiment intéressant. Au mois d’août, pour l’instant il n’y a pas grand chose, on fera peut-être un événement au début du mois mais après on va prendre des vacances. L’année dernière on ne l’a pas fait et on a fini sur les rotules. Mais c’est pour repartir de plus belle en septembre, avec de nouveaux ateliers, avec la continuité dans l’utilisation des locaux parce que c’est pour nous le meilleur moyen d’avoir quelques finances pour assurer notre fonctionnement, et parce que ça reste ancré dans notre adn ; on veut que les artistes émergents se développent. On est conscients qu’arrivés à un certain niveau, on les perd, mais c’est comme élever des enfants : tu sais qu’ils vont partir de chez toi ! On sait en plus que ce genre de mission, c’est soutenu par la Sacem et par la région, qui nous fait bénéficier d’un emploi aidé.

Quand on regarde l’agenda de l’été, on se rend compte qu’il est hyper chargé. Tu peux encore les entendre, ceux qui disent qu’il ne se passe rien par chez nous ?

Non…J’y arrive plus. C’est un discours que moi j’ai aussi tenu, pourtant. Mais depuis que je travaille avec les services culturels, je vois le travail qu’ils fournissent. Sur une année il y a plus de 300 manifestations à St-Raphaël, par exemple. Mais ça reste des remarques utiles, parce qu’elles te font t’interroger : qu’est ce qui fait que les gens pensent ça ? Ils sont peut-être mal informés . On se rend compte que même depuis qu’on est reconnus comme un acteur « officiel », les gens ne nous connaissent pas forcément. Donc il y a encore du boulot.

Beaucoup de boulot comme au cours de ce mois de juin où vous avez géré beaucoup d’événements, avec trois scènes pour la fête de la musique.

Celle du Square Delayen à St-Raphaël, un spot qu’on adore parce qu’on y a déjà fait plein de trucs, celle de Fréjus-Plage à côté de l’ancienne boîte l’Odyssée, et on a participé l’animation du centre ville de Fréjus avec l’association des commerçants et des artisans. Ils organisent « les Artisans Mettent le Feu » et on se greffe dessus.

Et quand tu organises des choses comme ça, tu cours partout ?

De moins en moins ! Je commence à prendre un peu de métier, et puis je passe l’essentiel de mon temps ici à travailler sur les projets, donc je suis prêt ! Une chose après l’autre, je fais des listes comme un vrai maniaque, et en avant. Quand on a un lieu, un budget, et des gens qui soutiennent, ça roule tout seul. Je pense qu’on est légitimes en tant que partenaire de la Cavem, des villes du coin. Je demande pas l’exclusivité, pas du tout. Mais on a plein d’idées, plein d’envies, comme tout le monde, les idées et les envies ça coûte pas cher. On a du savoir-faire, du matériel, on peut organiser beaucoup de choses très vite.

Là tu vas donc te lancer avec ton équipe dans un exercice 2014-2015 qui s’annonce chargé. Est-ce que tu aimerais travailler avec des artistes plus gros, ne serait-ce que pour voir comment ça marche ?

Moi j’aimerais bien, notamment aux Arènes. J’y ai vu Police, par exemple, il s’y passait d’énormes événements et je pense que ça a joué sur le fait qu’il y a beaucoup de musiciens ici. J’aimerais beaucoup travailler sur ce lieu, mais on ne fait pas les Arènes avec un plateau strictement local. Par contre, partir avec une tête d’affiche et des premières parties locales, ça m’intéresse. Et on pourrait articuler toute notre année autour de ça. Même économiquement. Avec une seule date, on pourrait pérenniser deux emplois à l’année. On est à un tournant de la vie de l’asso, on a besoin de permanents.

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