Allez savoir pourquoi, certains musiciens vouent une telle passion au sport qu’ils en ont souvent fait des chansons. Si le football détient la palme du sport le plus inspirant, le cyclisme, et c’est plus surprenant, a lui aussi donné quelques lettres de noblesse au rock. Freddie Mercury a d’ailleurs écrit le tube de Queen «Fat Bottomed Girls» après avoir regardé, circonspect, une étape de la Grande Boucle. Mais certains sont allés beaucoup plus loin, et sont carrément des spécialistes du sujet. Le grand départ c’était le 5 juillet à Leeds. Depuis, Froome s’est pété les deux bras, Contador s’est bousillé le tibia, et le requin de Messine Nibali a tout avalé ou presque, ne lui restent que les Pyrénées,puis les Champs.  Mais pour rythmer la fin de course, et se remémorer quelques bons souvenirs, rien de tel que du bon son !

chicoutimi - Bah Alors

Maillot jaune – “JALABERT”, LES WAMPAS (CHICOUTIMI, FKO, 1998)

Le dernier géant français de la petite reine, Laurent Jalabert, a eu les honneurs de la plume anarcho-punk de Didier Wampas, qui sera bien plus tendre avec le champion de Mazamet qu’avec Manu Chao ou Jacques Chirac. Hymne à la souffrance cycliste et tentative de justification pour les mauvais résultats de Laurent Jalabert sur le Tour de France (qu’il n’a jamais gagné, et sur lequel il n’a que très rarement bien figuré, tout du moins sur le plan de la course au maillot jaune), “Jalabert” est avant tout une déclaration d’amour de Didier pour Laurent. Malheureusement pour la beauté du sport, Jalabert ne réalisera pas la prédiction des Wampas (“Le tour, il le gagnera un jour”), mais finira quand même sa carrière avec quatre années passées au sommet du classement mondial, des victoires par brouettes entières, et aucun passage chez les flics. Il les a laissé “quelquefois gagner pour ne pas les écoeurer”!

ludwig von 88 - bah alors

Meilleur grimpeur – “LOUISON BOBET FOR EVER”, LUDWIG VON 88 (HOULALA II, LA MISSION, Bondage Rec., 1987)

Louison Bobet a gagné le Tour de France, lui. Trois fois, de rang, 1953, 54 et 55, et il les a gagnés à la pédale, pas comme Indurain qui suçait la roue de Bugno, de Chiappucci, de Rominger ou de Zülle (et même de Jalabert, sur la fin). Louison Bobet était un grand champion, mais il n’était pas très rock n’roll. Il était même tellement soucieux de son intégrité physique qu’il a été l’un des premiers coureurs du peloton à employer un soigneur perso. En plus il gueulait sans arrêt, pour n’importe quoi, à tel point que son grand rival de l’époque, Jean Robic, l’avait baptisé Louisette Bonbon. Mais ce qu’ont retenu les membres de Ludwig Von 88, ce sont les victoires, alors ils lui ont rendu hommage sur leur second album avec le titre “Louison Bobet For Ever”. Ce mec a quand même éclaté tout le monde pendant trois ans, et a une stèle à sa gloire dans le col de l’Izoard, comme Fausto Coppi. Respect !

dark sky - bah alors

Meilleur sprinteur – “BACK AGAIN”, DARK SKY (LIVING AND DYING, A.O.R Heaven, 2005)

Il arrive parfois que des groupes immenses se retrouvent à jouer après des premières parties surgies du fin-fond du roster d’un label qui ne savait plus comment trouver des dates à ses pires représentants. Dark Sky est, disons-le, un mauvais groupe de heavy-rock allemand dont le plus haut fait d’armes sera d’avoir accompagné Scorpions en 2005. Un chanteur, Franck Breuninger, avec une touche impensable au XXIe siècle (un mullet de près d’un mètre de long), et un hit en puissance sous la forme d’un hymne à la gloire du cycliste natif de Rostock (Allemagne de l’Est à l’époque), Jan Ullrich. C’est à peu près tout. Le vainqueur du Tour de France 1997, humilié l’année suivante par Marco Pantani et sa faculté à rouler en montée comme un type normal en descente, a dû apprécier. Surtout quand Franck mimait le pédalage de l’idole sur scène pendant l’intro.

praga khan - bah alors

Meilleur jeune de moins de 23 ans (mais en fait non°  – “BALEN EXPRESS”, PRAGA KHAN (SINGLE, Sonicangel, 2005)

Adieu le rock n’roll niveau musique, puisque Praga Khan est un groupe d’electro qui cartonne sur les dancefloors d’Europe (surtout en Belgique son pays d’origine), né des cendres des Lords of Acid. Par contre, Praga Khan a choisi un coureur ultra borderline pour rendre hommage au cyclisme : Tom Boonen. Tom est doté d’un physique peu commun, déjà, avec son mètre 92. Ensuite il a un palmarès bien fourni, avec des victoires sur le Tour de France (4), un championnat du monde, des triomphes en pagaille sur les grandes classiques (4 victoires sur Paris-Roubaix, record qu’il partage avec son compa- triote Roger De Vlaeminck), et surtout il est le seul coureur pro à s’être fait gauler deux fois pour prise de cocaïne. Et à en être revenu, puisqu’il a retrouvé la route après sa seconde suspension, à 32 ans. Acide, cocaïne, cyclisme…Bizarre.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Une réponse

  1. Bourgeois

    Sympa,l’article comparant vélo et musique. De plus çà m’a remis en mémoire des noms comme Chiapucci ou T. Rominger que j’avais complètement zappés.Merci et encore des articles comme celui-là.

    Répondre

Laisser un commentaire