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Vous l’avez peut-être déjà lu dans nos colonnes, les Transformers, ces gentils (et méchants) robots mécaniques venus tout droit de Cybertron ne sont pas les meilleurs amis de mon collègue Ibrahim. Pour ma part, les trois premiers volets de la saga « made in Hasbro » signée Michael Bay m’avaient tous, en leur temps, allègrement diverti sur grand écran. J’avais même poussé le vice à revisionner les deux premiers à domicile, pour tester le home-cinema, pour reluquer la chute de reins de Megan Fox en version 1.0 pré-botox, et pour me régaler avec les héros de ma prime enfance. Et puis il y avait le « faux » Devastator (en fait, Brawl), Megatron, Starscream, Ironhide…du beau monde. La semaine dernière, le quatrième volet a envahi les salles de cinéma, pour le meilleur, un peu, et pour le pire, ça c’est certain. On va essayer de tout dire sur « L’âge de l’extinction » en trois actes, comme au Bac L.

Thèse : Transformers 4, c’est l’assurance de 2h45 d’entertainment extrême !

Quitte à avoir du pognon à ne plus savoir qu’en faire, autant tout claquer pour que ça se voie. C’est du divertissement ! Et c’est vrai que dans les yeux d’un enfant de dix ans, ces robots démesurés qui se livrent une guerre sans merci pour la suprématie cybernétique, c’est complètement fou. Les équipes en charge des effets spéciaux de Hasbro et de Paramount repoussent les limites toujours plus loin : les Transformer sont de plus en plus photo-réalistes, les transformations sont incroyablement modélisées, si ça se passait dans votre jardin vous hallucineriez de la même façon. D’un point de vue technique, la performance est ahurissante. Les acteurs « live » se mélangent à la perfection, encore mieux que dans les épisodes précédents, et le film qui faisait référence en la matière, à savoir « Qui veut la Peau de Roger Rabbit », signé Robert Zemeckis en 1988, peut enfin aller rhabiller ses grandes oreilles.

Au centre de l’intrigue humaine on retrouve un acteur fantastique, Mark Wahlberg, resté en forme après sa précédente collaboration avec Michael Bay, « No Pain, No Gain », film pour lequel il était rentré dans la peau d’un culturiste californien. Dans le rôle de la jolie fille on est confronté aux courbes de Nicola Peltz, sublime créature de 19 ans habillée en post-its. Et dans les rangs des robots, il y a toujours Optimus Prime, nouvellement relooké en méga-truck, ses collègues turbulents, une résurrection de Megatron (le Galvatron) et même des Dinobots. De quoi s’éclater, a priori !

Antithèse : 165 minutes meublées par le scénario le plus idiot du XXIe siècle, c’est long…

L’emballage est donc magnifique. Mais si vus avez vu les précédents opus, vous avez sûrement constaté une chose sidérante : le scénario est de plus en plus tiré par les cheveux, à tel point qu’il est parfois complètement absurde, voire débile. Celui de « L’âge de l’extinction » ne déroge pas à la règle, et les prétextes invoqués pour faire réapparaître les Transformers sur Terre sont complètement bidons. Un scientifique multi-milliardaire aurait percé à jour l’intégralité du code génétique des Transformers, et il a décidé d’extraire du Transformium (le métal dont ils sont faits) à partir d’un gisement enfoui au temps des dinosaures (comme par hasard), et sous la banquise. Les extractions d’un truc enfoui, c’est toujours sous la banquise.  Le but avoué, c’est de fabriquer des robots dociles, plus performants que ceux d’origine, pour alimenter tous les secteurs, y compris, évidemment, celui de l’armement. De son côté, le gouvernement, comme d’habitude, traque les robots, et finit par tomber sur le Jérôme Bonaldi local, Cade Yeager (Mark Wahlberg), devenu l’heureux propriétaire d’un vieux camion pourri qui traînait dans un théâtre. Quelle surprise, ce camion, c’est Optimus. Donc on a un milliardaire qui fabrique des robots, un gouvernement qui les traque, un père de famille body-buildé et sa fille au fessier nucléaire qui se retrouvent pourchassés, un chef des Autobots mal en point, restait à imaginer les méchants robots. On a donc Galvatron, mentionné plus haut, et un autre Cybertronien, Lockdown, genre de chasseur de primes sans étiquette, mais fourbe et sadique.

C’est long, mais c’est long ! Interminable ! Le principal problème, c’est que pour rallier le dénouement, il faut que la team « Wahlberg – Autobots » se débarrasse de tous les ennemis les uns après les autres, et ça prend un temps fou. Rajoutez là-dedans une histoire de bombe qui pourrait ramener l’humanité à l’âge de pierre, et des robots issus des âges perdus, sous forme de dinosaures mécaniques enterrés sur les hauteurs de Hong-Kong. Il y a aussi bien sûr non pas une mais DEUX histoires d’amour, plus un deuil conjugal, la présence veule et inutile de Megatron, le conflit pour la suprématie des Autobots, bref, tellement de choses qu’on n’y comprend plus rien. On dirait un scénario de la Troma en moins drôle (je déconne pas) et on attend une fin, qui n’arrive jamais.

Synthèse : le bilan en une phrase un peu longue

Malgré tous les ingrédients présents, susceptibles de donner vie à un projet aussi ambitieux que divertissant, l’amalgame hasardeux et bordélique agencé par un Michael Bay noyé sous les effets spéciaux est un film presque nul, infini, inutile, et qui sera suivi d’un cinquième volet probablement encore pire.

 

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