Philippe Katerine
52 reprises dans l’espace
2011 Universal Music / Maison Barclay

Katerine - Bah Alors katerine-52
Prenez un bon gros taré (Philippe Katerine), associez-le à une bande de malades mentaux doués pour les arrangements musicaux et affublés d’un nom de groupe à coucher dehors (Francis et ses Peintres), et enfermez-les dans un studio. Si vous êtes courageux et que donc vous avez attendu d’écouter le résultat, vous avez peut-être jeté une oreille sur ce triple-album à la fois spatial, insupportable et miraculeux. “52 reprises dans l’espace”, c’est la plus formidable avalanche d’insolence jamais déclenchée sur la montagne de la variété française par la dynamite de la folie. Rien que ça ? Ouais, rien que ça ! Philippe Katerine qui chante, on est bien d’accord, c’est très vite pénible si on ne se préoccupe pas de ce qu’il raconte, et qu’on n’associe pas sa musique à son personnage. C’est un point qu’il a de commun avec Vincent Delerm.

Il se trouve qu’au lieu de parcourir son univers fantasque habituel (dernier méfait en date, “Magnum” sorti au printemps), Katerine a voulu explorer la variété française la plus “mainstream” qui soit, à travers le prisme de sa cinglerie. Il l’a fait sans se prendre la tête à sélectionner des titres facilement adaptables : il a simplement tapé dans tout ce qui l’amuse, des 2be3 à Pierre Vassiliu, en passant par Caroline Loeb, Helmut Fritz ou Michel Jonasz. Le résultat, c’est un triple-album complètement barré, qui donne une touche très drôle à certaines chansons usées jusqu’à la corde, et une autre lecture à des titres plus exigeants, impertinente et sacrément dingue. On vous le promet, vous ne trouverez pas ce truc-là “pas mal”, c’est impossible.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire