Après une première saison estivale riche en concerts, en rencontres et en partage, la Vallée des Artistes revient en cet été 2014 plus forte que l’an passé. Largement. Parce que Romain Régnier a réussi à garder autour de lui les excellents artistes émergents qui ont contribué à ce qu’on prenne son projet au sérieux, et parce qu’il a réussi à fédérer de nouveaux arrivants tout aussi talentueux. Rencontre avec un leader qui a compris qu’à force de travail, on pouvait rapidement devenir crédible.

Romain, on a l’impression que « La Vallée des Artistes » c’est sorti de ta tête à toi tout seul, est ce que c’est le cas ?

Au tout départ c’est la découverte d’une passion avec Clara (Faritiet, qui fait elle aussi partie de LVDA, ndlr), qui m’a transmis son amour pour la communication. La communication c’est quelque chose qui manque aux artistes. Ceux qui essaient de sortir du lot se rendent compte que malheureusement, il n’y a pas que le talent ; il y a plus de 50% de communication, et c’est ça qu’on a essayé d’apporter. C’est comme ça qu’a été créée « La Vallée des Artistes » en rencontrant le premier groupe qui était Triven Nuevo Flamenco, qui en avait vraiment besoin. Il faut savoir que Triven jouait dans la rue, et n’était pas remarqué. Ils jouaient juste dans la rue, et petit à petit ils sont devenus des artistes confirmés grâce à la communication qu’on leur a directement offerte.

Très rapidement on a commencé à vous voir partout, est-ce que tu pensais que ça irait aussi vite ?

Pas du tout. En fait c’est allé très vite grâce à un ralliement de personnes, d’artistes et autres. Il n’y a pas que des artistes dans LVDA. Il y a aussi des gens qui aiment les artistes, des soutiens, beaucoup. C’est des bénévoles, des personnes qu’on rencontre une seule fois, ça arrive, et qui aident. Alors ça va plus vite que prévu, oui, on a commencé dans un appartement, maintenant on est dans des locaux plus spacieux. Il nous est arrivé de nous retrouver à 15 personnes dans un salon ! On a deux espaces séparés, un espace de répétition, d’enregistrement et de radio, et un autre plus administratif qui nous permet de travailler plus sainement.

On est dans une société qui est très cadrée, très codifié, com- ment on fait pour exister là-dedans quand on pas une structure officielle au départ ?

Au début, on apparaissait comme des pirates ! Quand on arrive avec nos guitares, nos envies, nos idées un peu farfelues un peu utopiques avec le but de les réaliser, donc c’est vrai qu’il y a certaines choses qui peuvent bloquer, mais quand on veut on peut.

Récemment vous avez intégré des locaux, comment ça s’intègre dans la structure, dans quelle mesure c’est un plus ?

C’est un plus pour beaucoup de chose. Comme je disais, on est plus dans un salon de 15m², on a structuré notre organisation interne et c’est ce qui est le plus important. On l’a fait grâce à des gens passionnés qui ont tout simplement décidé que les choses seraient plus « carrées » parce qu’on avait énormément de chose à faire, et qu’il fallait bien se réunir, parler ensemble, prendre les idées de chacun… et justement les idées, c’est souvent de se mettre au propre pour le respect de l’art.

La Vallée c’est une histoire d’énergie collective et d’amitié, comment ça se passe pour les nouveaux venus ?

Les nouveaux venus c’est un café, c’est une rencontre avec les autres artistes. Pour nous, le but c’est vraiment de les découvrir, de les connaître, et d’attendre avant de travailler vraiment avec eux. On ne peut même pas dire que c’est du travail, c’est partager un moment, des moments, une histoire, et les faire rentrer dans la notre qui est celle de chacun, ou tout artiste de tout genre respecte l’autre. Donc chaque arrivant, comme Blake Noble par exemple, est accueilli par une tribu. Quelqu’un qui rentre dans la Vallée c’est quelqu’un a qui on fait des offrandes, que ce soit lui préparer bien à manger, le mettre à l’aise avec un bon café… Qu’il se sente bien tout simplement !

Cette année vous avez grossi et du coup la programmation estivale est beaucoup plus large qu’avant, est-ce que tu peux nous faire l’éventail de ce qu’il va se passer ?

Déjà le festival de la vieille ville de St Raphaël, c’est la deuxième édition. La première était plus pirate justement. On a été accueilli dans une maison pendant un mois grâce à Tiffany, et on a pu se réunir à 25/30 artistes, le but c’était de jouer tous ensemble et de construire ce festival de la vieille ville qui était quelque chose de naturel pour nous. C’était le jeudi soir, on descendait dans la ville pour jouer notre musique devant le public, dans une dans une ambiance populaire, et donc cette année on remet ça mais sur deux mois. Tous les jeudis vous retrouverez LVDA dans la rue avec une programmation très prometteuse. Cette année il y a des groupes qui viennent d’ailleurs, de Toulouse ou Grenoble. Il y aura Satya parmi les nouveaux venus, et aussi le groupe Grand Ocean. Ce sont deeux nouveaux qui rentrent et il y aura d’autres surprises. Les groupes vont aussi jouer dans des bars, et sur d’autres scènes, comme d’habitude. On a un très beau plateau rock qui tourne dans la région depuis quelque mois avec Ulster Page, Bumfluff, Pilgrims, Gang of Peafowl, Alifib… Maintenant on a vraiment un plateau alternatif, mais aussi de la musique comme celle des Swingsons, de Triven, de Regis Galle Mannarini, des artistes qui sont programmés un peu partout en France.

Certains artistes de la vallée sont excellents, comment penses-tu t’y prendre pour qu’un plus grand nombre de gens le sachent ?

La communication… Avec le temps. On a vu que les choses peuvent aller vite mais c’est pas ça qui les fera réussir. Le but c’est de continuer à travailler pour les artistes. Que les artistes, eux, travaillent aussi. Travailler tous ensemble, se réveiller le matin, avoir un rythme, avoir du respect pour les personnes qui nous soutiennent et ainsi de suite. Je pense qu’on utilise la recette du travail, comme tout le monde. Les artistes ne sont pas des branleurs, c’est notre travail, notre passion, notre vie.

Toi-même tu as une carrière artistique, comment tu fais pour trouver le temps de gérer tout ça ?

Je le trouve là ou je peux le trouver. Moi la musique je la vois d’une manière très naturelle, je ne vais pas m’asseoir pour écrire quelque chose. Si ça vient, ça vient. Je laisse la chose venir, car la musique c’est une manière de retranscrire un peu sa vie, de laisser de côté un peu de… C’est difficile comme question… Mais j’essaie ! Grâce aux artistes, il n’y a jamais de page blanche. C’est ça la Vallée !

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