Le .K (prononcer «point k») est devenu en l’espace de deux ans l’un des hauts lieux de la culture dans la région. Avec un concept original et un espace à la démesure des appétits artistiques de ses locataires (et pas propriétaires) Gilles Deverchère et Isabelle Lavernhe, le .K prend de l’ampleur, et il va s’y passer de plus en plus de choses, faites de crossovers artistiques, de folie créatrice et de métal. Marc Duflot, en charge de la comm’ et de l’aspect administratif, nous explique tout ça, en compagnie de Gilles lui-même.

Gilles, toi qui est le principal locataire du lieu, peux-tu nous expliquer l’intérêt du .K, comment cette idée a germé, puis a vu le jour en Aout 2012 ?

Gilles : L’installation ici ça c’est fait par hasard. Avec Isabelle Lavernhe on cherchait un atelier commun et puis quand on est tombé là on s’est dit « c’est trop grand, trop beau, trop cher, mais on le prend quand même » ! Et vu la grandeur , on s’est dit qu’on allait ouvrir l’espace à d’autres artistes occasionnellement et faire des expos éphémères. Au départ c’est simplement deux ateliers qu’on a transformé en salle d’expo.

Marc : Puis au départ c’est dans une zone industrielle, enfin c’est pas du tout un atelier d’artiste au départ

G : C’est un ancien chantier naval où on construisait des bateaux dont celui d’Antoine, le chanteur, avec lequel il a fait le tour du monde.

Quand on vient au .K un mardi matin, on se rend compte qu’il y a des sculptures en métal un peu partout. C’est très axé autour du métal ou c’est un hasard ?

G : Non c’est un hasard sur cette exposition-là. Bon moi je fais du métal au départ, donc mes pièces sont sur place. On essaie toujours de coller des thèmes dans nos expositions. On a eu beaucoup de marbre, beaucoup de pierre. La fois d’après on a eu de la photographie et ce coup-ci c’est plus axé sur le métal mais c’est d’autres sculpteurs, d’autres travaux…
Marc, pendant que Gilles et Isabelle créent des œuvres d’art toi ton rôle c’est de remplir l’espace avec d’autres artistes qui viennent, d’organiser des expos, c’est bien ça ,

M : Oui c’est ça. C’est de contacter les artistes. En général je passe par Gilles qui fait ça depuis longtemps donc il connait beaucoup d’artiste dans la région, et beaucoup plus loin. Donc mon boulot c’est d’essayer de les faire venir, de rédiger aussi bien que possible des communiqués de presse, puis d’envoyer tout sur notre site, notre page Facebook, sur notre newsletter, pour les amener à venir bosser avec nous.

Et c’est difficile ?

M : C’est pas simple de faire venir les artistes parce qu’on est une association, on n’a pas de financement donc on est obligé de demander des participations aux artistes pour faire fonctionner le lieu, et ça demande quelques investissements d’organiser une exposition. Donc voilà, c’est des paramètres qu’il faut prendre en compte pour que les artistes veuillent bien travailler ici. Mais en général, ils savent comment ça se passe, quand un artiste va exposer quelque part, il doit souvent payer sa place pour l’emplacement.

Gilles, toi tu es là tous les jours mais quand tu proposes à quelqu’un de venir ici, est-ce que tu comprends que le mec hésite parce que c’est assez rare d’avoir un espace aussi grand ?

G : Oui c’est un luxe un espace aussi grand. Mais non ils ne sont pas réticents, plus maintenant. Généralement les artistes que je contacte je les connais depuis des années, ils savent que lorsque je m’engage sur quelque chose je le fais cor- rectement, ça va, c’est pas ça qui les bloque. C’est plus le côté financier qui les freine en ce moment, mais tant qu’on ne trouve pas de mécènes, on sera obligé de demander une participation aux artistes.

Cela dit, il y a quand même de beaux événements où les artistes sont nombreux et le public aussi donc c’est quand même une opportunité de se faire connaître et aussi de vendre des œuvres.

G : Oui sur la dernière expo on a fait deux grosses soirées entre 250 et 300 per- sonnes et il y a eu des ventes, effectivement. Pour la conjoncture actuelle c’est pas mal. C’est pas bon pour nous mais c’est pas mal, il y a eu des ventes même après l’exposition fermée, il y a encore des gens qui viennent en disant « je vou- drais voir tel artiste, je veux acheter telle oeuvre… »

 

Est-ce qu’il y a des connexions qui se créent avec des curieux, qui ne connaissent pas vraiment cet univers-là mais qui le découvrent et qui se disent « wha c’est génial » ?

G : Ca arrive, ouais. Déjà quand ils arrivent là c’est une grande surprise parce que, en zone artisanale, généralement ils voient des entreprises, pas un lieu comme on le présente les soirs de vernissages ou les jours d’expos. Je veux dire, c’est grand ouvert, c’est pleins d’oeuvres et je pense que c’est attrayant, je pense que quand on arrive c’est assez accueillant
Marc, pour cet été vous avez prévu des nouveaux trucs, apparemment il y aura de la performance live, alors est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?

M : Alors c’est une série d’événements qui s’étalent du 24 juin au 29 juillet. Ce qu’on a prévu c’est que tous les mardis il y aura une performance sur le square Delayen. On est soutenu par la ville de Saint Raphaël qui nous fournit le matériel dont on a besoin et on sera certainement sur leur communication. Et les mercredis, jeudis et vendredis, il y aura une exposition de 5 à 6 artistes. Donc toutes les semaines du 24 juin au 29 Juillet, il y aura une expo différente. On aura un graffeur qui réalisera une fresque en direct, ensuite on aura Gilles qui va lui aussi réaliser une œuvre en direct, un autre sculpteur, etc. Il y aura un auteur de bandes dessinées qui va venir faire une dédicace, et le lendemain il sera ici au .K pour une sorte de master-class avec une association de lecteurs qui s’appelle « Les Cafés Littéraires ». Il y aura une discussion autour de son travail. Il y a un groupe qui s’appelle Ashtray, Muffin, qui devraient venir aussi. Ca c’est les trucs qui sont déjà bien fixés mais il y aura des surprises tout au long de l’été. On a baptisé cette série de soirées les « Eskapades ». On emmène aussi 8 artistes à Baz’Art, où on est soutenus par la société GIE (Groupe Inter Expert).

Et donc toi Gilles, on va pouvoir te voir sculpter en direct au fer à souder parce que faut quand même le dire, tu sculptes au fer à souder !

G : Au poste à souder !(rires) Je soude au poste à souder et je vais faire une pièce en direct en bas, enfin j’aurai un peu préparé à l’avance quand-même. Je vais faire beaucoup plus d’assemblage en bas (square Delayen, ndlr) parce que je ne peux pas tout descendre. Le problème c’est que quand je fais une pièce j’ai plein de ferraille autour de moi, faut que je circule et… Donc je vais la préparer et je la souderai sur place.

M : L’idée de cette série d’événements c’est d’être présents en ville pour avoir une visibilité là où il y a du monde, pour faire remonter les gens ici les jours qui suivent. On sera fin juin, début juillet, on a une clientèle qui est à la recherche d’autres choses que la plage et qui cherche des trucs à faire dans la région, à voir des choses plus
J’ai une dernière question pour Gilles, qu’on a dû te poser des milliers de fois, pourquoi ça s’appelle le « .K » ?

G : Ca vient d’une nouvelle de Dino Buzzati (le K) qui dit que quand on met la lettre K dans le nom d’un bateau ça lui évite de devenir une galère et pour Isabelle et moi, ici c’est un bateau !

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