La country, c’est comme les zombie walks, le naturisme ou les jeux de rôle grandeur nature. Une confrérie qui réunit des adeptes passionnés, prisonniers relatifs d’un carcan social qui les empêche de vivre leur passion au quotidien à 100%. Par contre, quand ils décident de se réunir autour de leur thématique préférée, plus de problème ! Les barrières tombent, les chapeaux sortent en même temps que les ‘tiags et les vestes à franges et en avant la musique ! Car avant d’être un folklore importé d’Amérique, la country, c’est surtout un style musical, et une danse qui va avec : la danse en ligne. Ce weekend, la Bouverie avait des airs de Kentucky : deux jours pleins consacrés à la culture américaine, avec des groupes en Stetson, des Harleys, du poulet frit et des bannières étoilées partout, même sur les chaises de camping. 

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Guy Ichard, grand ordonnateur intéressant et désintéressé

Il ne danse pas, il ne chante pas, et il ressemble à tout sauf à cow-boy. Il, c’est Guy Ichard, le président de « Vivre à la Bouverie », qui est avec sa femme et son équipe de bénévoles derrière ce grand weekend country. Comment en est-il arrivé à importer le sud des USA au stade de la Bouverie ? Il nous a expliqué…

Guy, vous êtes l’organisateur de ce weekend country, et vous êtes le président de l’association « Vivre à la Bouverie ». A priori, aucun rapport !

Et bien on nous a demandé de trouver des divertissements pour le quartier, parce qu’il n’y avait pas grand chose. On a fait quelques manifestations, et on est arrivés à faire un truc autour du western après avoir vu Ok Corral ! On s’est dit qu’on pourrait peut-être reproduire ça à notre manière !

Mais c’est votre truc ?

Ah non, du tout ! Je n’ai pas cette vocation-là au départ ! Mais les gens sont très sympathiques, et ils adorent venir ici, c’est une famille. Nous les organisateurs, on est là tout le temps, on ouvre, on ferme. On est papa/maman, pour eux !

C’est pour ça que vous avez l’air épuisé ? On vous a vu démonter une sono en arrivant…

On touche un peu à tout, et y a pas beaucoup d’heures de sommeil. Et ma femme s’est blessée, mais si vous lui demandez elle va dire que c’est de ma faute.

Vous confirmez ?

Non, c’est juste que pendant qu’on accrochait les panneaux dans les rues, un panneau signalétique qui m’est tombé sur la malléole et me l’a un peu…explosée. J’aurais dû prendre huit jours pour me reposer, mais juste avant le western/country c’est pas possible !

Chaque année on dirait qu’il y a de plus en plus de monde.

On tourne autour de 3000 personnes chaque année. Le seul souci c’est la chaleur, on commence à tourner vraiment vers 15/16h, pas avant. Mais ils dansent quand-même sous le soleil, ça les dérange pas ! Le matin les gens emmènent leurs gamins sur les structures gonflables, il y en a qui mangent, on ne peut pas commencer à 17h. On joue le jeu !

Et il y a de plus en plus d’attractions, en plus du marché dans le fond, de la scène et des danses.

Le gonflable on ne l’avait pas avant, effectivement. Mais c’est parce qu’on essaie de se renouveler, de faire des choses qu’on ne voit pas ailleurs. Au début on avait même un petit train, qui venait de Ste-Maxime, et moi je le faisais attaquer par les Indiens ! Ce soir on a encore trois groupes, et le grand feu d’artifices offert par Mr le maire Luc Jousse, qu’on remercie.

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18 ans de passion western

Noël Iseli est de ces hommes à la voix qu’on écoute, même si on ne distingue pas son propriétaire. Petit, mais solide comme un trappeur canadien, il est de toutes les fêtes country de la région, parce que c’est un maître animateur. Micro en main, le meilleur, un point c’est tout. Entre deux démos de danse exécutées par les clubs spécialistes locaux, celui qui voue depuis 18 ans une passion sans bornes pour la culture américaine nous a décodé l’amour grandissant des Français pour les grands espaces. Avec un sourire de 8 mètres de large, qui ne le quitte jamais.

Pourquoi les gens aiment tellement ça ici, alors que ça n’existe pas en France ?

On a tous une culture un peu américaine, ente les cow-boys, les indiens, et aussi la musique. Elle nous évoque les films de notre enfance, c’est comme ça que la country est venue jusqu’ici. C’est une danse qui se pratique seul, en ligne, ça date de la guerre du Vietnam, les Américains ont envoyé leurs hommes sur le front et les femmes ne voulaient tout simplement pas aller danser seules dans les bars, mais elles devaient continuer à vivre. Maintenant, en France, on a beaucoup de femmes qui adorent ça. Parce que l’homme aime aussi danser, mais il a sa fierté, il n’aime pas qu’on le voie. Mais quand il a bien bu, là il se laisse aller !

Toi tu es un pionnier, ça fait des lustres que tu es dans le circuit.

18 ans, et il y a toujours autant de monde. Mais tu sais, je n’ai jamais vu dans une manifestation country, une bagarre. Jamais. Parce que c’est bon enfant. Tout le monde a la même façon de s’exprimer, ici. La seule rivalité, c’est entre les clubs au niveau des danses, certains clubs veulent développer leurs danses spécifiques, sans penser à leurs élèves qui ne pourront pas les pratiquer en dehors.

Parce que la plupart des pas sont issus de danses standards ?

Bien sûr ! Nous on part souvent aux Etats-Unis. Quand on va là-bas, dans un Honky-Tonk, ils connaissent 3 ou 4 danses, rien de plus, des trucs simples. Nous en France on a envie de faire des trucs hyper compliqués, alors que les danses simples attirent plus de monde et c’est là que les gens s’amusent le plus. Moi je danse toujours, je donne des cours toute l’année à Passion Western, on forme des animatrices qui après enseignent les danses à nos 300 adhérents. Et puis j’anime, je fais dans l’événementiel, comme la fois où s’est croisé à Fréjus. Je rentrais d’Oklahoma, on a fait la route 66 en voiture, on était 40.

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