« C’est la dernière fois que j’organise un truc, même un barbecue avec un seul copain, plus jamais !  » Il arrive qu’on se dise ça, le soir, avant d’aller se coucher, tous autant qu’on est. Mais on se ment. C’est la négociation du dernier virage avant la ligne droite vers les Arènes qui nous rend nerveux. Mais pour être honnêtes, on a tellement travaillé notre sujet qu’on est désormais sûrs d’une chose : on a tout, mais alors tout fait pour que cette soirée reste dans les annales et soit la meilleure de la rentrée, de Nice à Toulon, voire même plus loin. On craint dégun. On a de quoi vous rendre sourds, aveugles, muets, cinglés, sales, et malades. Dans un monde comme le nôtre, on appelle ça être heureux !

Foire aux questions de la dernière chance

Depuis quelques jours, les choses s’accélèrent et au bureau, les questions attérissent dans les boîtes mails comme les abeilles sur les rosiers au printemps : en masse, et en bordel. La principale, c’est « est-ce qu’il reste des places ? » Oui, il reste des places. Mais vachement moins que le jour où on a commencé à les vendre. « Est-ce qu’il va en rester jusqu’au jour J ? » Chaque jour on en vend plus que la veille, c’est exponentiel. Et plus on approche du 6 septembre, plus ça se remplit vite. En gros, si comme le type de la vieille pub Norwich Union vous pensez que « Bon vivant rime avec prévoyant », jetez-vous sur une prévente.

Les autres questions sont parfois plus rigolotes, mais c’est dingue cette manière de ne pas les poser directement. Si j’ai besoin de savoir si la parure de lit que je commande sur les 3 Suisses fait bien 140 x 220, je n’appelle pas une opératrice pour lui demander si on se situe dans une fourchette entre 125 et 160 pour la largeur, avec une longueur en adéquation mais suffisante, mais j’ai peur, c’est compliqué, comment on fait, je dors plus la nuit, donnez-moi du sucre et des sitcoms, etc. Donc on va reformuler les grandes interrogations avec des mots simples et « straight », comme ça on est tous d’accord avant le coup d’envoi :

– Est- ce que je pourrais acheter mon billet sur place ?

Oui, à condition qu’il n’y ait pas eu 5000 personnes plus prévoyantes. On a songé à installer un étage suspendu, mais c’était compliqué.

– Est-ce que je vais devoir jeter mes fringues ?

Si elles sont ignobles, pourquoi pas, ce sera l’occasion. Mais une bonne lessive suffira amplement à virer la peinture, vous pouvez vous détendre avec ça !

– Si j’avale une goutte de peinture tombée dans ma bière, est-ce que je vais avoir le virus Ebola ?

Non. C’est possible de tomber malade, à condition d’en boire des litres, mais théoriquement, c’est inoffensif et testé cliniquement.

– Est-ce que je peux arriver à 23 h ?

Vous pouvez même arriver à 15h, mais ce sera fermé. Plus vous serez là tôt, plus vous profiterez de la soirée. Les DJs qui ouvrent sont là parce qu’ils sont bons, pas juste pour remplir.

– Est-ce que je vais devoir me battre avec un vigile si j’ai 17 ans et 38 jours mais que je veux quand même passer la soirée de ma vie ?

Non, on laisse rentrer tout le monde, les jeunes, les vieux, les enfants accompagnés, tout le monde. En revanche si tu as 14 ans, on ne te servira pas 23 bières, mais tu passeras quand même une bonne soirée, ici, personne ne s’inquiète de ça. Par contre faites gaffe aux vigiles, y en aura plein, partout. Et des grands.

– Comment je fais pour acheter ma place en prévente sans Internet, sans carte bleue, sans passeport biométrique, sans permis de port d’armes et sans carte vitale ?

Carrefour, Cultura et Géant, entre autres, peuvent vendre des places contre un billet, des pièces, des chèques. Et c’est vrai qu’on n’y pense pas !

– Est-ce que c’est Chico et les Gypsies ?

Non, mais Chico nous a tout appris, de l’affichage sauvage au charisme indéniable. Le maître absolu, et tout ça sur scène, avec une chaise.

Il nous reste exactement 5 jours pour préparer le premier Neonsplash de l’histoire de France. Dans un lieu qui jadis accueillait des lions qui bouffaient des criminels, et des types en armure et en slip (si, c’est possible) qui s’entre-tuaient à coups de fléau et de glaive. Mais à l’époque, on s’amusait en tribune. Samedi, les gladiateurs, c’est vous. Alors faites bonne impression.

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