Hercules New  French Poster

Réaliser un film sur le mythe du demi-dieu Hercule impose quelque pré-requis. Hercule, c’est les douze travaux, le sanglier d’Erymanthe, les écuries d’Augias, l’hydre de Lerne, le lion de Némée, Zeus, l’immortalité, la légende, etc. Et bien Brett Ratner est allé puiser le sel de son histoire dans une partie d’un comic-book signé Steve Moore, qui n’évoque que de très loin le principal fait d’armes du héros. Donc on part de loin, déjà. Avec 100 millions de dollars de budget, la Paramount et la MGM aux manettes et Dwayne « The Rock » Johnson dans l’armure de cuir du fils de Zeus, que pouvait-il arriver à « Hercule », le film ? Accéder au statut peu enviable de méga-blockbuster pas terrible ? C’est à peu près ça.

20 secondes de légende pour 1h38 de « Braveheart » du pauvre.

Le scénario est tellement simple qu’il a finalement très peu d’intérêt. On est en Grèce, c’est la guerre, et Hercule et l’homme le plus puissant sur Terre. La déesse Héra cherche à lui nuire parce que son époux Zeus l’a conçu avec une mortelle, et les peuplades helléniques en mal de cohésion s’arrachent ses services en prétendant qu’il n’est qu’une lointaine légende. Sauf qu’il existe vraiment, et qu’il va éclater la tête de tous ceux qui se dressent sur son chemin.

La chose la plus triste dans ce semi-navet divertissant par intermittence, c’est l’absence quasi-totale de ce qui devait rythmer le film à tout prix : les douze travaux. Hormis quelques ponts narratifs bâtis par son neveu Iolaos (qui, dans la légende, ne l’oublions pas, entretient avec Hercule des relations pédérastiques), incarné par un sosie pré-pubère de Radamel Falcao (Reece Ritchie), aucune référence n’est faite aux exploits du héros. En gros, 20 secondes où on devine un sanglier géant et un lion immense. Mais pour le reste des exploits mythologiques d’Hercule, zéro. Même pas une cuisse d’amazone à se mettre sous la rétine. Au lieu d’évoquer le véritable noeud de la légende d’Héraclès, le film tourne autour de son implication dans une guerre opposant les Thraces aux peuplades alentours, et se transforme très rapidement en une sorte de « Braveheart » moyennasse. Un truc pas souhaitable.

The Rock pas au mieux, mais pas au fond non plus.

Dwayne Johnson a déjà été bien meilleur, à condition d’être bien employé (très drôle en body-builder débile dans « Pain & Gain », le chef-d’oeuvre inattendu de Michael Bay). Mais il a aussi été bien pire dans des daubes interstellaires (« Tolérance Zéro », à découvrir absolument) ou même dans « Le Roi Scorpion ». Certains traits d’humour, pas fantastiques mais pas nuls non plus, sortent maladroitement le film de son carcan de péplum, et le problème c’est que ça ne convient à personne : ni au puriste qui souhaite voir un pur film sur la légende mythologique d’Hercule, ni au cinéphile de passage qui a envie de se divertir avec une toile pas trop compliquée, mais qui doit ingurgiter une masse d’informations énorme pour comprendre tous les tenants et aboutissants des batailles qu’il voit à l’écran. Transposer un « Die-Hard » dans un contexte historico-légendaire compliqué, ça ne fonctionnerait pas. Ben là c’est pareil. Le seul mérite de Bret Ratner, c’est d’avoir su réaliser de superbes scènes de bataille, presque dignes de « Braveheart » (décidément, mais on n’a pas d’autre choix que d’y faire référence), ce qui rend son film moins naze que « Le choc des titans ». Mais franchement, à peine.

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