Les médiévales de Roquebrune, autrefois, c’était carrément une institution. Un événement qui n’avait pas grand-chose, sinon rien à envier à ses cousins de de Brignoles ou des Arcs, avec moult compagnies invitées, des défilés dans la rue, et des commerces en fête pendant tout un weekend. Puis c’était devenu moins fun, avec les années. Heureusement, les férus de moyen-âge et de combats à l’épée lourde sont des gens tenaces et motivés, et il était hors de question, pour eux, de laisser les médiévales roquebrunoises tomber dans l’oubli. Après une année blanche et un déplacement géographique judicieux, l’édition 2014 affiche un bilan inespéré, avec des milliers de visiteurs sur deux jours, des animations dans tous les sens, et même des chèvres.

Campement sauvage, mêlée de bourrins et cours d’histoire. 

L’idée de génie tenait en un bâtiment : la chapelle Saint-Roch. Au lieu de transformer le village de Roquebrune pour un weekend, et de replacer dans leur contexte d’origine des bâtiments médiévaux répartis dans le centre-ville, les médiévales se tiennent désormais dans un lieu unique. Le jardin de la chapelle, en contrebas du rocher de Roquebrune, est parfaitement approprié. C’est grand, c’est plat, et surtout, c’est nature. Des dizaines d’associations de médiévistes ont planté les tentes pour 2 ou 3 nuits. Ils ont installé leurs râteliers, peignent des boucliers, construisent des tonneaux à la main (impressionnant), et préparent les animations de la journée à la lueur du feu. Et partagent de l’hypocras, en masse…une sorte de tradition séculaire, et en général bon enfant.

Sur le pré, en journée, on se bat pour de faux, mais en s’envoyant pour de vrai : en mêlée (à beaucoup contre beaucoup) ou en combat singulier, le tout en armure, à l’arme lourde, et en plein soleil. Au passage, chaque compagnie profite de la journée pour présenter les tenants et aboutissants de son existence, la période qu’ils ont choisi de mettre en valeur quand ils en ont sélectionné une, et prodigue même quelques savoureux cours d’histoire. Très utile quand on s’y intéresse et qu’on souhaite faire la lumière sur une période que le cinéma et la télévision ont beaucoup enjolivée, en tous cas déformée, parfois à l’excès et au mépris de l’Histoire, la vraie.

20 000 visiteurs et une taverne en rade

En marge des compagnies, qui cumulent déjà quelques centaines de personnes présentes sur site, des milliers de visiteurs (environ 20 000 sur deux jours) sont venus arpenter les allées du site. Entre les artisans traditionnels, les combats, les troupes musicales, le marché médiéval et les tavernes montées pour l’occasion, tout était là pour se distraire, peu importe son âge. Karine Catelli, l’une des organisatrices, elle-même spécialiste des performances de jonglage avec des objets enflammés, affichait un sourire radieux : « on a pas mal galéré pour que ces médiévales aient lieu, il a fallu qu’on déplace tout, qu’on sorte du village, ça a pris du temps et beaucoup d’énergie, mais on est là et ça se passe bien. Les compagnies ont répondu à l’appel, et à part une taverne en rade à cause d’un problème d’électricité, tout va bien ».

Certains commerçants ont aussi fait grise mine quand la mairie leur a annoncé que les médiévales seraient excentrées. Ce qui a été décidé pour le bien de la manifestation ne pouvait peut-être pas satisfaire tout le monde. Mais les gamins, par exemple, étaient ravis de se prendre pour Lancelot du Lac en pleine nature, au milieu des chèvres et des bannerais.

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