mandatory fun

Weird Al Yankovic, tout le monde en France le connaît, sans le connaître vaiment. Outre-Atlantique, il est un blockbuster indiscutable de la musique pop, et surtout le maître absolu de la parodie musicale à grands renforts de délires visuels et de textes complètement tarés. Madonna en chirurgien («Like a Surgeon»), Michael Jackson en boulimique de pizzas («Fat»), Kurt Cobain en punk qui ne prend jamais de douche et qui raconte n’importe quoi sans comprendre ses propres textes («Smells like Nirvana»), tout ça, c’est lui. «Mandatory Fun» est déjà sa 14e livraison, dans un paysage musical où tout va mal et où les plus gros vendeurs de disques sont presque tous perdus dans une logique commerciale où l’artistique ne veut plus dire grand chose, quelle copie va rendre le plus fantasque des chanteurs-moqueurs ? Verdict !

Dave Grohl, Pharell Williams et Iggy Azalea

Fidèle à sa réputation, Weird Al Yankovic et son groupe possèdent cette faculté très américaine de réadapter des tubes intergalactiques en les rejouant quasiment à l’identique, en ne changeant ni l’interprétation, ni le son, ni les lignes mélodiques de chant. Seul le texte change, par contre il est littéralement désintégré par la folie de l’auteur. Iggy Azalea en prend pour son grade avec «Handy», parodie de «Fancy» devenue un hymne aux talents de bricoleurs d’un type qui aurait bien besoin du «Hardware Store», tube incroyable qui cartonne sur le net et qui figurait sur l’album «Poodle Hat». D’autres grandes stars sont logées à la même en- seigne, Imagine Dragons («Radoactive» devenu «Inactive»), Lorde («Royals» devenu «Foil»), et surtout Pharell Williams, dont le tube over-matraqué jusqu’au vomissement de l’âme «Happy» a été ratravaillé en «Tacky», satire de la mode avec un clip complètement fou où même Jack Black fait une apparition.

Tant qu’y a de la polka…

Les albums de Weird Al possèdent aussi, toujours, deux autres intérêts en sus de ces parodies. D’une part, sa faculté à s’approprier le style musical d’un artiste ou d’un groupe, pour écrire des chansons «dans le style de» en moquant les sujets de prédilection des auteurs d’origine. C’est le cas cette fois-ci avec les Foo Fighters, Cat Stevens ou les Pixies, et même une irrésistible chanson de supporters de football américain avec un exemple de chauvinisme poussé à l’extrême. L’autre ingrédient irremplaçable, c’est la traditionnelle polka, medley de dingue où se côtoient les tubes du moment mixés en accéléré par un groupe qui maîtrise son sujet. Celle-ci s’appelle «Now that’s what I call polka», et défouraille dans le désordre Psy, LMFAO, Miley Cyrus, Gotye, Kesha ou encore One Direction. Et ben en polka, ça rend pas si mal…

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