Par Richard Mannis

Le Japon qui gagne la coupe du monde, c’est possible et c’est dans « Captain Tsubasa » alias « Olive & Tom » dans sa version française. A la base un ancien manga Japonais de « Yōichi Takahashi’ (à vos souhaits) sorti en 1981 (Jump), devenu par la suite un dessin animé, diffusée en France sur la défunte chaîne Berlusconienne « La Cinq ». Un symbole qui dure depuis 25 ans en France, à la manière de Dragon Ball ou Saint Seiya et Maya l’abeille …. Non, personne ne sait encore pourquoi ils ont appelé la version française « Olive et Tom », sachant que « Thomas Price » apparaît dans 10 épisodes sur 140…

Vous connaissez tous les terrains de Treize kilomètres de long ainsi que le tir du « pangolin rieur », ballon enflammé qui s’envole dans l’espace pour trouer, non pas le filet de fruit d’un marché Fréjussien, mais bien le filet d’une cage de foot, acte « oh combien poétique », devenu le fantasme de toute une génération. Attardons-nous sur ce qui est moins connu en Provence, les jeux vidéo « Captain Tsubasa ». En effet, un seul jeu est sorti officiellement en France et fort tardivement, malgré le succès énorme de la série (tous les jeux cités ci-dessous ne sont sortis qu’au japon). Ce qui est surprenant car en 1988, Bandai n’écoutant que son courage, n’avait pas hésité à traduire dans la langue de Molière, différents jeux sur NES comme le premier Dragon Ball ou Saint Seiya (de manière approximative, mais opération louable et rentable). C’est sur Nes (la première console à cartouches de chez Nintendo), ou plutôt son pendant japonnais, la « Famicom », que sont apparus les premiers jeux de la série. Une base de gameplay bien originale, que l’on retrouvera sur quasiment tous les jeux de la saga. Et c’est TECMO (qui nous pond encore les excellents Dead or Alive) qui créa ce système de jeu unique, mélange d’action et de RPG, adapté au foot. « C’est quoi donc j’ai rien compris » disait le lecteur, et bien je vais modestement tenter de vous expliquer.

En 1988, les possibilités techniques de la NES ne permettaient pas de faire un jeu de foot en temps réel incluant toutes les subtilités graphiques de l’univers de « Captain Tsubasa », il fallait donc trouver un nouveau système de jeu, qui respecte un minimum le style du manga. On se retrouve sur Nes avec des images animées, par exemple votre joueur court sur le terrain balle au pied :on appuie sur « A » pour le faire sprinter ou pas, par la suite on pourra aussi le diriger à gauche à droite en + du sprint (wouaou)…., jusqu’à ce qu’il rencontre un joueur de l’équipe adverse. Et c’est la que l’aspect « rôle » entre en jeu,comme dans un RPG genreFinal Fantasy : vous allez tranquillement choisir votre attaque contre l’ennemi. Dans Captain Tsubasa sur NES, vous décidez de « feinter », ou bien de faire une passe, ou bien faire le « tir glacial de l’ours polaire chanteur », dès que vous croisez un adversaire.

 « Pierre feuille ciseau » adapté au « foot » ?

En quelque sorte oui, mais en plus subtil. Et cet ensemble est cohérent avec la saga, les terrains de 13 kilomètres sont bien là, les tirs spéciaux aussi, l’ensemble est satisfaisant pour le fan. Mais pour celui qui n’apprécie que peu cet univers, c’est nul et moche, et ces jeux Famicom ne sont jamais sortis de l’archipel. Cependant, vous pouvez trouver sur la toile des versions traduites de tous les jeux japonnais « Captain Tsubasa », pour ceux qui sont intéressés par les émulateurs. La version Gameboy « Captain Tsubasa VS », reprend exactement le principe de la version « Famicom ». Graphiquement honnête, le « VS » signifie que l’on peut jouer à deux, à l’aide du câble « Link », pour des parties endiablées de « pierre feuille ciseau » animé !

Les versions Super Nintendo (Super Famicom) conserveront le systeme des interactions RPG pour décider de la passe, de la feinte, ou du tir. Mais on peut enfin déplacer les joueurs comme dans un « Super Formation Soccer », ce qui rend le gameplay bien plus accessible. Gameplay plus précis aussi avec un viseur sur le terrain pour faire des passes au millipoil. C’est toujours Tecmo qui s’y colle,c’est graphiquement assez réussi pour de la super nintendo même si les joueurs se ressemblent tous sur le terrain. Les interactions et parfois de petites cinématiques, rattrapent le tout, et collent bien à l’ambiance du manga ou de l’anime. Toujours très fideles, voire pointues avec les situations dans le manga, certaines actions sont indispensables pour débloquer des tirs. Par exemple, « Olivier Atton » ne débloquera son « tir de la feuille morte » (dive shoot) que si « Bruce » lui fait une passe pendant la 2e mi-temps, et uniquement contre une équipe bien précise… Et ça corse le jeu, car il faut être intégriste du manga pour tout débloquer, mais comme tout bon RPG qui se respecte, l’équipe évolue et progresse, ce qui permet d’avancer même si on ne débloque hélas pas le « tir du chiwawa sauvage »… Pour les avoir tous faits, les meilleurs sont les Captain Tsubasa III et V sur Super Famicom. Meilleurs car les plus longs, avec le plus d’équipes et de grands noms (Zidani?) La version GBA (GameBoyAdvance), éditée par Konami, est un jeu de « cartes » dans le style des cartes Pokemons, et pour un joueur occidental, c’est au moins aussi passionnant que de regarder un combat de poissons rouges. Assez faible visuellement, il brille par sa « boîte de jeu » remarquable pour le fan, pour le reste, il faut aimer le mélange de foot et de belote, c’est assez spécial, mais certains y trouvent leur compte… 2 jeux PS1 de Captain Tsubasa à noter : celui de Konami est un pur jeu de stratégie sans la moindre action, très compliqué à comprendre et bien sur non traduit. Celui de Bandai est un jeu de sport en temps réel sorti en 1996, et c’est d’ailleurs le seul jeu « Captain Tsubasa » sans aspect « jeu de rôle ». Facile à prendre en main, les « super tirs » sont inclus, et même s’il apparait pauvre visuellement, le plaisir de jeu est là. Un peu trop simple pour en venir à bout, il est ponctué de « dessins animés » fort biens digitalisés, la PS1 faisait déjà des miracles à ce niveau en son temps. La version Gamecube est un ratage complet, laid visuellement, la 3D est très mal exploitée et le jeu fort compliqué, Il se paye en plus le luxe d’être lent et il n’exploite pas la moitié des capacités de la machine… il est à réserver aux amateurs de « Kanjis ». Pour les autres , passez votre chemin…

Ma version préférée étant la version Playstation 2, qui bien que sommaire graphiquement, mélange subtilement action, rythme et stratégie. Ici la caméra est en permanence derrière le capitaine que l’on dirige en temps réel. Il est possible aussi de diriger les autres membres de l’équipe avec le stick analogique droit. On n’a plus l’impression que le terrain fait 13 kilomètres, mais le jeu est beaucoup plus dynamique. Lorsqu’on rencontre un joueur adverse, une cinématique ou il faut appuyer sur un bouton en rythme de manière précise, pour ne pas se faire piquer le ballon. Un repère visuel indique le bon moment pour appuyer sur le bouton (en général 3 fois), et si on est plus précis que l’adversaire on passe. Sinon, ça casse. Celui qui appuie sur le bouton en rythme de manière la plus précise, gagne le duel. Ok ça n’a rien à voir avec le foot, mais à l’usage c’est sympa. Possibilité à tout moment d’arrêter le jeu à la manière d’un RPG et de faire une « passe haute ou basse », un « une-deux » ou un « tir au but ». Les tirs spéciaux ou « hypers » se gagnent comme dans la version Super Nintendo ou Nes, en complétant une action précise pendant le match. Assez bonne durée de vie, mode deux joueurs, belles cinématiques pour le fan avec plein d’effets visuels pour les tirs spéciaux. Peut -être le titre le plus réussi de tous les jeux Captain Tsubasa.

 

Le dernier jeu officiel sorti à ce jour est la version DS ,qui a été traduite en français par l’éditeur (Konami), mais qui semble très datée visuellement, au système de jeu quasi identique aux jeux de « TECMO » sur Super Famicom. Un jeu très respectueux de ses aînés sur la console de Mario, mais qui a mal vieilli, et les ventes furent très décevantes. Il est devenu un jeu rare et assez recherché dans sa version française, bien que sa qualité soit discutable (il n’innove en rien). Les coups spéciaux sont encore plus difficiles à débloquer que pour les autres….il vous faudra l’intégrale en manga à coté pour essayer de refaire le même match… Un jeu qui ne laisse pas de grands souvenirs. Le semi échec de la version DS, dernière en date à être sorti à l’effigie de la série,nous a un peu privé de Captain Tsubasa sur Playsation 3, et aucun jeu officiel pour le moment n’est annoncé. Certains joueurs ont modifié des PRO EVOLUTION SOCCER sur PC, afin d’y intégrer les joueurs de la « New Team » ou de la « Toho », avec un résultat fort sympa qui tient en haleine les fans, en attendant mieux. En tous cas, l’anime et le manga sont reconnus de manière internationale, avec des hauts et des bas,et des remasterisations, ça dure depuis 33 ans et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Captain Tsubasa est simplement entré dans la légende.

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