Chers lecteurs geeks, vous n’êtes pas tombés de la dernière pluie, vous connaissez probablement Blizzard, l’éditeur de jeux. Ce sont eux qui sont derrière le phénomène Warcraft, ce MMORPG (les jeux en ligne qui se jouent à des milliers en même temps) à univers persistant, dans lequel les joueurs du monde entier ont parfois ruiné leur vie sociale pour rejoindre des guildes à 5h du matin dans le but de mettre à sac un donjon en communauté. C’est caricatural, mais parfois c’est pas très loin de la vérité, soyons honnêtes.

Blizzard est aussi le studio de développement qui est responsable de l’univers Diablo. Autre délire, autre système, mais mêmes effets. Diablo II avait déjà, en son temps accaparé les joueurs pendant des centaines d’heures. Le IIIe opus , après plus de 7 ans de développement, obsède ses fans depuis le printemps 2012. Mais Activision Blizzard (le nom complet du studio depuis la fusion en 2007) a poussé le bouchon encore plus loin avec l’extension Reaper of Souls, sortie il y a peu sur consoles de salon en même temps que sur PC.

Calculs d’apothicaire et détail qui fâche

La première partie du jeu est en somme assez classique : 5 actes, à finir seul ou à plusieurs, en affrontant des démons en tous genres. Pour ce faire, on fait évoluer son personnage, afin de le rendre le plus puissant possible. Du hack n’slash classique, un jeu vidéo normal, avec cette qualité supplémentaire qu’on ne s’ennuie pas bien que ce soit une aventure très longue, phénomène devenu assez rare en 2014. Mais c’est une fois que l’on est venu à bout du mode histoire que l’on bascule invariablement dans le n’importe quoi : le mode « aventure ». Et le jeu n’a plus de fin.

En effet, comme dans World of Warcraft, l’évolution du personnage s’arrête a priori au niveau 70. En gros, une fois qu’on en est là, on peu castagner du zombie en deux coups d’épée, vite fait et sans regarder. Reste ensuite à faire évoluer des milliers de pièces d’équipements, ce qui rend là aussi la course à l’armement relativement interminable (puisque l’arme ou l’armure parfaite n’existent pas). On calcule des combinaisons très compliquées pour essayer de tutoyer le sublime, mais on n’y arrive jamais vraiment. Mais le pire, ou le meilleur (selon) dans Reaper of Souls,  c’est le système de points de Parangon. Une fois qu’on a poussé son personnage au max, et bien…il peut aller encore plus loin, au prix de centaines et de centaines d’heures de jeu. On gagne des points à répartir dans des jauges pour augmenter encore les capacités de notre gonze. Le plus fou, c’est que tout ça se fait sur une carte où tous les donjons se remettent à zéro à chaque fois qu’on éteint le pc ou la console : le seul but, en mode aventure, c’est de gagner des items, de « farmer » des monstres, de gagner du pognon, éventuellement de jouer à plusieurs via des serveurs pour nettoyer des zones, mais en aucun cas de « finir » le jeu, puisque la fin, ça n’existe pas.

Là où ils sont forts, c’est que la liste de choses à ramasser est absolument infinie. On n’obtient jamais ce qu’on veut si on n’est pas d’une patience bouddhique. Et on n’est jamais aussi forts que ce qu’on pourrait. Du coup, après un bref pallier où l’on se pose sérieusement la question « que suis-je en train de faire ? », suivi en général d’une période d’abandon total du jeu, on revient progressivement dans le système et on joue « pour rien ». C’est vraiment beau ! Détail qui fâche, les parties en ligne ne sont pas « inter-plateformes », les possesseurs de PS4 ne peuvent pas côtoyer leurs potes qui jouent sur PC. Une fois que Blizzard aura pris ça en considération, dites-vous bien une chose : nos vies seront terminées.

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2 Réponses

  1. Julien Haot

    Salutation,
    Pour correction, la sortie sur console s’est faite bien plus tard que sur Pc. autant pour Diablo3 que pour sont extention.
    Mais je ne suis pas toute a fais d’accord, pour moi le jeu prend son sens une fois niveau 70, ce n’est qu’a ce moment la qu’on obtient les objets intéressent du jeux, parce que la personne qui arrive a peine au niveau 70 est incapable d’aller jouer en « Tourment VI » (soit le niveau le plus difficile du jeu) sans avoir été farmer les meilleur objets du jeu en mode « aventure ».
    Les crafts des différent artisans n’est intéressant qu’une fois a leur plus haut niveau également.
    Sans oublier les objets uniques, certain disponible dans les ‘caches horadrique’ (mode aventure uniquement), d’ autre après avoir affronté les ‘Ubbers’, ou plus récemment avec la sortie du mode ‘Saison’.

    La ou j’approuve, c’est que le jeu n’a pas de fin, mais n’est ce pas là justement un argument intéressent? de pouvoir jouer des heures sans ce lasser? A l’inverse d’un Call of Duty qui se retrouve torché en 45min pour 60 balles..

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  2. MexicanStar Ranchero

    Très cher Monsieur Muller, votre article au demeurant très bon concernant un sujet si sensible et parfois, il faut bien le dire, même bancal, peut-être complété par une glose geekesque du fond des bois dont je me permets de vous faire parvenir la teneur. Certes, Diablo 3 est sans doute meilleur que le 2, ce qui n’est, vous en conviendrez pas bien difficile. Toutefois et nonobstant, il convient de préciser, comme l’a fait l’ami Korben (un geek qui tient un petit blog, euh geek aussi), que le premier opus de Diablo, celui de janvier 1997, est enfin jouable très facilement sur nos machines modernes et titanesques dans une version qui apporte plein d’améliorations interfacesques et résolutionnesques, que seul, vous en conviendrez, l’ignorant analphabète et snob peut négliger. Je vous invite donc à réduire le peu de vie sociale qu’il vous reste, car après tout, cela ne sert à rien, et de découvrir ou re-découvrir, l’essence puriste de Diablo. J’espère que votre feuille de chou numérique continuera à vivre durant de longues années et que peut-être nos chemins se croiseront.

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