BEYOND THE MAT, De Barry W. Blaustein – 1999

Avec Mick Foley, Terry Funk, Jake Smith

Le destin croisé de trois gloires du ring, de la maison au vestiaire

Barry Blaustein est un fan de catch. un vrai. Un de ceux qui étaient là dans les années 60, à suivre les pionniers de la discipline. Il a voulu en savoir plus sur cette industrie qui rapporte des milliards de dollars, en espionnant (avec leur consentement) le quotidien de trois gloires absolues du ring : le spécialiste du catch hardcore Terry Funk, 53 ans au moment des faits et figure de proue de la ligue la plus dingue de l’époque, la ECW de Paul Heyman. Mick Foley, le fou furieux qui se cache sous les traits de Mankind, Dude Love et Cactus Jack, et qui s’est bâti une réputation d’indestructible cascadeur. Et Jake «The Snake» Roberts, entertainer absolu qui rivalisait de popularité dans les années 80 avec Hulk Hogan. Le but avoué de «Beyond the Mat» est d’aller plus loin dans l’analyse du phénomène qui entoure le catch professionnel américain. Blaustein a réussi à forcer le verrou de la WWE (à l’époque, WWF), à discuter à bâtons rompus avec Vince McMahon, le chairman multimillionnaire qui gère une boîte «plus grosse que les Jets, les Rangers et les Raiders réunis». Dans son approche, il parvient à montrer ce qu’est la vie de catcheur, et les trois «clients» qu’il a sélectionnés étaient probablement, à ce moment-là, les meilleurs choix possibles. Mick Foley terrorise son épouse et ses deux enfants en réalisant d’inimaginables prouesses sur le ring (des chutes de 6 mètres, des massacres à coups de chaise infligés par Dwayne «The Rock» Johnson). Terry Funk est mis en face de son âge par son médecin, qui lui explique que son genou gauche a 90 ans. Jake Roberts entretient des relations difficiles avec toute sa famille. Leur quotidien ressemble au notre, mais eux ne nous ressemblent pas. Ce bref passage dans la vie de ces surhommes est captivant, instructif car il décortique avec soin les mécanismes de cette industrie, et nous montre des performers hallucinants comme on ne les avait jamais vus. Un must.


THE WRESTLER, De Darren Aronofsky – 2008

the wrestler

 

Avec Mickey Rourke, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood

Chronique de la déchéance lente et ordinaire

Un film sur le catch, il fallait oser le tenter. Surtout, un film sur la fin de carrière d’une vieille star tellement sur le déclin qu’elle touche le fond. Récompensé aux Golden Globes et surtout à la Mostra de Venise, «The Wrestler» est avant tout un film sur la rédemption, ou du moins, une tentative de rédemption. Le choix originel pour incarner Randy «The Ram» Robinson s’était porté sur Nicholas Cage, mais quand ce dernier s’est retiré du projet, la roue a tourné : Mickey Rourke est rentré dans le collant de ce vieux catcheur à la dérive, et tout s’est enchaîné. Les critiques ont fait le parallèle entre la vie tourmentée de l’acteur et celle de son personnage, entouré par une strip-teaseuse qui essaie de ne pas l’aimer, et une fille qui aurait voulu ne pas avoir ce père-là. Blessé, oublié, presque enterré vivant, il va pourtant remonter sur le ring pour arrêter de couper de la viande dans un supermarché, et faire le ménage dans sa vie. «The Wrestler» porte la patte caractéristique de Darren Aronofsky, qui a pour habitude de réaliser des films assez sombres, presque verts, où les visages sont gris et où même le soleil est froid. Mickey Rourke est ahurissant de classe, tellement crédible qu’on dirait parfois un documentaire. Ses partenaires féminines ne sont pas en reste, Marisa Tomei est à tomber parterre de sensualité, même abîmée par la vie. Et puis les scènes de catch sont sublimes, dans un film de taiseux qui montre une facette aussi triste que bien réelle d’un monde de paillettes qui peut s’effondrer à tout moment.

 

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