Pas tant que ça si on en croit le nombre de chômeurs qui tentent l’aventure de l’entreprise pour quitter les statistiques de l’agence. La Maison pour l’Emploi de Fréjus, parfaitement consciente du phénomène, propose d’ailleurs depuis quelques années un forum dédié aux créateurs d’entreprises qui souhaitent en savoir plus sur les modalités, rencontrer les partenaires sociaux potentiels qui peuvent leur filer un coup de main, et dégrossir un peu le nuage de problèmes à gérer qui se matérialise devant eux. Créer sa boîte, c’est compliqué, surtout quand il faut défendre une idée nouvelle auprès d’un banquier, d’un fournisseur, d’un sponsor. Mais hier au Palais des Congrès, certains ont peut-être découvert que le tunnel avait une sortie.

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Des structures surprenantes et des questions diffuses

La première chose qui frappe le visiteur dans ce genre de salon, c’est la multitude de structures présentes. Mais plus encore que leur nombre ou leur diversité, c’est leur nature qui surprend : un syndicat des jeunes agriculteurs varois ? Vraiment ? Des aides juridiques ? Autant ? Et bien oui, chers hommes et femmes d’affaires en devenir, figurez-vous que la nébuleuse de l’entreprise est parsemée de partenaires potentiels, dont l’une des missions, si ce n’est LA mission, et d’aider les créateurs. Et ça tombait bien, hier, ils étaient tous au même endroit.

Pour rester le plus terre-à-terre possible, la rédaction est allée rencontrer celui qui depuis quelques années est souvent considéré comme « l’ennemi » : un banquier. Frédéric Pasina travaille pour la Caisse d’Epargne, où il est animateur commercial sur le marché des professionnels. Le monde de l’entreprise c’est son truc, et ce salon il le connaît par coeur : « on le fait tous les ans, pour rencontrer des créateurs d’entreprise, plus généralement des gens qui ont un projet, vague ou non, qui veulent avoir des solutions pour le financement de leurs idées. » Tous ces clients potentiels ne sont pas toujours très bien informés avant de s’entretenir avec lui : « pour venir voir les banques il faut avoir un projet un minimum abouti. Ils se posent beaucoup de questions sur la bonne forme juridique à adopter (SAS, SARL, etc). Pour que l’on prête, il faut que le projet soit cohérent et bien ficelé. Les créateurs ne s’entourent pas toujours des bonnes personnes parce qu’ils ne savent pas à qui s’adresser. Var Initiatives, par exemple, ou un expert-comptable peuvent les aider, avant de venir nous voir. » Et même si selon lui, « on voit moins de créations d’entreprise que par le passé », l’esprit d’initiative reste un bon moyen de réussir sa vie professionnelle et il continue de voir « des créateurs qui souhaitent se lancer ».

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Devenir agriculteur en n’étant pas du métier, c’est compliqué, mais c’est possible

Le saviez-vous ? Il est possible de se lancer dans une activité agricole, en étant jeune, sans hériter d’une exploitation familiale, et parfois même sans avoir de terrain à exploiter. C’est évidemment très compliqué, mais c’est faisable. Nous sommes allés discuter avec Clélie Barale, qui était là pour accueillir les porteurs de projets agricoles pour le compte du syndicat des jeunes agriculteurs du Var. Et elle nous a beaucoup surpris, en nous démontrant que l’agriculture était un monde plus ouvert que ce que l’on croit, à condition d’être pragmatique, débrouillard, et surtout, très motivé : « j’en vois plus de 200 par an, jeunes ou moins jeunes, avec des projets plus ou moins avancés. Le plus compliqué c’est d’avoir un terrain, parce qu’ici le foncier est très cher, mais il y a des solutions. On peut louer des terrains, on n’est pas obligé d’être propriétaire, on peut travailler avec du matériel d’occasion, il existe des coopératives qui mettent en commun des grosses machineries. On peut toujours s’installer en réduisant les coûts. La recherche de terrain c’est la partie la plus compliquée, le projet agricole en découle. Nous, on leur donne des pistes, des contacts. C’est très rare dans la région que des agriculteurs cessent leur activité, en général les cessions se font de père en fils. Mais des terrains pour s’installer, il en reste, on les voit parfois de la route, en friche. »

Entre 9.30 et 16.30, plusieurs centaines de porteurs de projets ont défilé dans les allées de ce forum de l’entrepreneur. Et si certains, probablement, sont partis comme ils sont venus, des questions plein la tête et peu de réponses à la clé (les questions étaient-elles les bonnes ?), d’autres ont sans doute appris quelque chose de primordial. Nous en tous cas, on en est sortis moins bêtes.

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