Un mot bizarre pour désigner une activité qui l’est beaucoup moins : le cerf-volant. Un truc inventé, comme beaucoup d’autres, par les Chinois il y a des siècles, prévu à l’origine pour remplir des fonctions précises, et adapté par la suite à des fins purement récréatives. Ce weekend à Fréjus c’était le Festival de l’Air, 16e du nom, et les cerf-volistes, puisque ce sont eux les vedettes de la manifestation, ne sont pas venus là que pour rigoler. Sachez que le festival de Fréjus est le troisième plus gros de France (le premier se déroule chez les ch’tis, à Bergues, en bord de mer). Fidèles au rendez-vous depuis plus de 15 ans, des milliers de passionnés ont investi la base nature tout le weekend (sans l’envahir, et ça c’est une belle performance) pour tout un tas d’activités qui tournent autour du cerf-volant, mais surtout des éléments naturels, puisque sans le vent, rien ne serait possible.

C’est pas si simple…

Comme souvent avec ce genre d’activités qu’on a tous pratiqué sans jamais être très bon, le cerf-volant géré par des pros, ça a l’air incroyablement facile. Et pourtant quand on lève les yeux au ciel, on se rend compte qu’en dehors des « stationnaires », ces gros cerfs-volants dont la principale vertu est d’être très beaux et facilement observables puisqu’ils ne bougent pas, les autres sont beaucoup plus difficiles à manier. Ne serait-ce que pour les faire décoller, déjà. Pourtant, certains sont suffisamment habiles pour réaliser des figures en l’air, des courbes très précises et surtout très rapides et serrées, tellement que ça fait un bruit assez effrayant quand ça se passe pas loin au-dessus de nos têtes. Les plus féroces volent carrément en escadrilles, à deux, quatre, parfois huit, et parviennent à réaliser des figures collectives très impressionnantes. Marianne, l’une des responsables de l’association « Au gré du vent » qui co-organise l’événement avec l’office de tourisme de Fréjus, ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur ceux qui sont passionnés, comme elle, de cerf-volant, et qui sont sur le pré dès 10h du matin tapantes, changement d’heure ou pas : « c’est pas si simple de faire voler ces objets. Par exemple pour ceux qui volent à plusieurs, il faut commencer par gérer la longueur du câble. » Et c’est vrai qu’on n’y pense pas.

La tempête dans un tube et un atelier création

En dehors des démonstrations pures de vol et de l’espace « aérien » dédié aux amateurs, le festival de l’air est aussi une formidable occasion de sortir en famille, à la découverte d’une activité de pur plein-air qui ne véhicule que des ondes positives. C’est aussi le bon moment pour se confronter à Mère Nature sur ses bases, et les parents curieux ont pu, par exemple, accompagner leurs enfants dans une manche à air pour affronter une tempête maritime simulée par un ventilateur « bigger than life ». Bien évidemment, il y avait aussi toutes sortes d’ateliers créatifs pour réaliser soi-même son cerf-volant, des cours de pilotage, et au cas où ces cours n’étaient pas suffisants pour stimuler l’imagination des candidats au « permis » (théorique, bien sûr, le cerf-volant est un plaisir auquel tout le monde peut s’adonner), les démos des pros étaient là pour inspirer les amateurs.

Un bon weekend de détente et de plaisir pour les yeux, avec une météo clémente et juste ce qu’il fallait de vent pour virer la grisaille matinale et permettre aux oeuvres d’art de flotter, et aux voiles hi-tech de fendre l’air. Rendez-vous l’année prochaine, nous on essaiera d’avoir le nôtre (et on est pas manchots quand il s’agit de travailler de nos mains, vous verrez !)

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