Slow Joe and the Ginger Accident – Lost for love

2014 / Tôt ou Tard

A 71 ans, Joseph Manuel Da Rocha, dit « Slow Joe », signe avec les plus jeunes The Ginger Accident son deuxième album. Il y a moins de 5 ans encore, Slow Joe était guide touristique sur l’île de Goa, où le guitariste Cédric De La Chapelle l’a rencontré. De cette rencontre naîtra le groupe qui a impressionné tout le monde aux Transmusicales en 2009, année où Slow Joe a quitté son pays pour la première fois. Le crooner fraîchement découvert a toujours aimé chanté, et il a toujours chanté. Evidemment, jamais reconnu, il faisait ça dans son coin, mais avec un petit plus : Slow Joe est fan de rock. Il apprend à chanter en écoutant les plus grands, et sans l’aide de personne, ce qui lui donne un style à part. Un Mick Jagger vieillissant jouant les Frank Sinatra. Un Jim Morrisson qui imite Dean Martin mais en restant crédible. Et ça, son groupe l’a compris, et réussit à servir à ce « jeune » chanteur toutes les compositions nécessaires à sa son style: incisif et jazzy.

« Lost for Love », pas Lust for love

Pour le deuxième album, Slow Joe & The Ginger Accident fait dans la compilation (d’oeuvres originales). Il y a de tout, mais vraiment. Soul, rock, blues, jazz, psyché, indé, tout y passe. Musicalement c’est extrêmement bien fait. »You don’t have to tell me » est une introduction qui prolonge bien le premier album, où Slow Joe joue dans la catégorie rock revenchard. « Too old to be loved » est une petite balade qui tire sur de la country avec des cuivres, et on attend presque qu’Elvis vienne donner de la voix tellement ça se marierait bien avec Slow Joe.  Yael Naïm s’invite sur « Cover me over », sorte de mix entre un morceaux d’Amy Winehouse et Portishead avec un solo de guitare digne d’Emir Kusturica !
Tout est bon dans cet album. Petit bémol de chroniqueur un peu pinailleur : tout est bon individuellement. L’album est une sorte de B.O d’une vie, comme si Slow Joe tentait de rattraper le temps. On aimerait que ça dure plus longtemps, que chaque titre développe sa sonorité sur un album complet.
Pour ce deuxième album, Slow Joe and the Ginger Accident nous sert tout ce que le groupe sait faire. Peut être un peu trop divers, l’album sonne comme un medley, et du coup passe à côté d’un classement honorifique dans la colonne des disques qu’on écoute quand on ne sait pas trop quoi écouter. Mais croyez-moi, malgré tout, on se laisse embarquer à tous les coups.

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