Interpol – El Pintor

2014 / Soft Limit

Interpol fait parti de ces groupes qui ont su redonner un peu de fraîcheur à la scène rock des années 2000. A côté d’un Radiohead qui s’essouffle, d’un Muse qui devient bankable ou encore de l’explosion White Stripes, Paul Banks et sa bande ont sorti en 2002 « Turn on the bright lights », qui a conquis la totalité des fans d’indie rock un peu sombre. La voix de Paul Banks, à la fois calme et révoltée, mêlée aux compositions sombres et élégantes du groupe ont fait d’Interpol l’un des groupes les plus prometteurs de la décennie. En 2004 sortait le deuxième album d’Interpol : « Antics ». Plus enjoué que son prédécesseur, il reste pour les fans du groupe le dernier album de leur discographie. Pourquoi? Parce que la suite est plus que catastrophique. Le groupe a perdu la fibre et compose mal. Paul Banks s’essaye à tout un tas d’expériences musicales plus foireuses les unes que les autres. « Our love to admire » (2007) et « Interpol » (2010) sont clairement scandaleux quand on connaît les deux premiers albums et que donc, on sait de quoi Interpol est capable. Un groupe qui vient de se former, connaissant 3 accords et tentant vaguement l’expérience de l’indie rock aurait pu faire mieux. Et quand on a le talent de Paul Banks, on n’a vraiment pas le droit de se planter.

Retour en grâce et anagramme

Après un léger remaniement dans le line-up du groupe (le bassiste Carlos Denger cède sa place à Brad Truax en live, et le groupe s’affiche en trio pour la composition), Interpol revient cette année avec « El Pintor ». Peut être pour retenter sa chance et sortir un autre album éponyme qui vaut le coup d’être écouté, le groupe a choisi de verser dans l’anagramme pour le titre. On n’y va pas confiant, on a peur d’être déçu mais le premier morceau « All the rage back home » dissipe toutes les craintes. Interpol est de retour – enfin – et le premier titre/single de l’album est digne du groupe. Sobre mais rythmé, une rage maîtrisée, une voix en place… Bon dieu que ça fait du bien. Mais qu’en est-il du reste de l’album? On vous le fait dans le désordre : « Breaker 1 » aurait pu être dans leur premier album, « Anywhere » est une évolution parfaite de « C’mere », Paul Banks retrouve un second souffle dans « My blue supreme » qui respire la classe . Classe, voilà ce qu’aurait toujours dû être Interpol, et cet adjectif, ils viennent seulement de retrouver le droit d’y accoler leur nom. « El Pintor » est un excellent album, et je pèse mes mots. A écouter et réécouter.

 

 

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