hunger-games,-tome-3---la-revolte-447840

La saga Hunger Games est arrivée sur nos écrans en 2012, avec un florilège d’agruments « pour » et d’autres farouchement « contre » dans son sillage. Dans le coin du « pour », il y avait les livres de Suzanne Collins, cartons en librairie, oeuvres littéraires réussies malgré leur orientation résolument tournée vers le jeune public, et des sujets de société mêlés avec une véritable ambiance pré ou post-apocalyptique (on ne sait plus trop, et finalement c’est plutôt un bon point). Dans le camp d’en face, il y a la déclaration de guerre systématique des ennemis du cinéma opportuniste, celui qui adapte toujours sans jamais rien créer, qui pille un répertoire écrit pour en dénaturer le sens avec des suites d’images sans intérêt, et qui porte au pinacle des acteurs fallots, qui sortent de l’expérience avec encore plus de choses à prouver qu’en y entrant. Les deux premiers volets avaient réussi à éviter pas mal d’écueils, en ayant le bon goût de faire évoluer la saga dans le bon sens, comprenez par là que le deuxième film était plus réussi que le premier. En est-il de même pour ce troisième volet, qui a la lourde tâche de combler un an d’attente en n’étant qu’un avant-goût de la vraie fin ? Pas sûr, et c’est surtout un problème neuronal. On va en parler, ne vous inquiétez pas. Katniss, le Geai Moqueur, après avoir triomphé dans l’arène et avoir détruit le dôme avec une décharge électrique encore plus grosse que les 2.21 GigoWatts de « Retour vers le Futur », va devoir affronter le capitole, la folie des oligarques, pour remettre le peuple au centre des débats, et un seul film ne va pas suffire. Surtout pas celui-là.

Trop de liens théoriques, mais pas de ficelles visibles

C’est toujours pareil avec les suites, voire les suites de suites : on se plaint souvent que les références aux précédents volets alourdissent le propos, un peu comme dans les séries américaines qui laissent le résumé des épisodes précédents vampiriser les 4 ou 5 premières minutes de chaque nouvelle livraison. Mais avouons-le, d’une semaine à l’autre, il est parfois assez pratique de se remettre dans le bain, surtout pour des programmes assez riches comme HBO (et d’autres) ont pris l’habitude, excellente, de nous les proposer. Pour les films, ce n’est pas du tout la même paire de manches. Il s’écoule bien plus de temps entre le 1 et le 2, puis entre le 2 et le 3. Les réalisateurs ont ceci de génial qu’ils parsèment, en général, leurs suites de références à ce qui s’est passé avant, histoire de ne pas perdre le spectateur, et de fabriquer un long-métrage qui se suffit à lui-même, en tant qu’oeuvre unique. Et bien ça, Francis Lawrence ne l’a pas fait. Pour son troisième opus, ce n’est pas Jennifer « Katniss » Lawrence qu’il jette à poil et sans arme dans l’arène des Hunger Games, c’est nous, le public. Si on ne se souvient pas très bien de ce qui s’est passé dans « L’embrasement », il est très compliqué de se laisser emporter par l’histoire de cette première moitié de l’épisode final. On se demande où est Lenny Kravitz, on ne sait plus pourquoi Katniss, Gale et Finnick sont dans un genre de pénitencier souterrain alors que Peeta est avec les gens du Capitole, on ne sait plus pourquoi Woody Harrelson ne picole plus, ni ce que fout là Philip Seymour Hoffman (qui méritait mieux pour finir sa fulgurante et magnifique carrière). On n’a pas grand-chose pour se ratrapper, et on est paumé tout de suite.

Si en revanche on part du postulat que les deux premier opus ont laissé un souvenir bien ancré dans vos neurones, là on peut discuter. Plus politique que les deux précédents, « La révolte » met en scène la rébellion contre le capitole tout puissant, gouverné par un Donald Sutherland dans le rôle le plus nul de sa vie (un peu comme Jeremy Irons dans « Donjons et Dragons », dans le même esprit, en tous cas). Sans être extraordinaire, en étant en tous cas bien moins ambitieux que le précédent, le numéro 3 réussit à donner envie de voir le 3 bis, mais peine à justifier son existence en tant que film « entier ». On verra en 2015 si deux heures de plus étaient nécessaires, ou si ce « part 1 » pouvait aisément être avalé dans un format un peu plus long. En même temps, 4 films, ça rapporte plus que 3. Encore faut-il les réaliser avec l’envie de les montrer à un public à même de les comprendre, sans avoir consacré la nuit précédente au visionnage des autres volets.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire