Ce matin nous étions à la mairie de Roquebrune pour rencontrer Luc Jousse, de retour du congrès des maires de France à Paris. Vous l’avez probablement constaté si vous avez pris votre voiture ces derniers jours, il y avait de l’eau partout, le lac de l’Arena est encore une fois passé sur la route, l’Argens a débordé, et certaines voies d’accès ont dû être fermées à la circulation. Profitant de la couverture d’un autre sujet dont nous sommes entretenus avec lui (et que vous retrouverez dans nos pages autour du 10 décembre, avec, déjà, notre numéro 6), nous lui avons posé quelques questions sur la gestion de crise à Roquebrune dès que l’eau monte. Il semblerait que l’expérience soit un atout de taille quand il s’agit de lutter contre les éléments déchaînés. Parce qu’à Roquebrune, on se méfie.


Mr le maire, vous étiez au congrès des maires tout le weekend et vous n’étiez pas sûr de pouvoir rentrer à Roquebrune hier soir, mais vous avez finalement pu parce que les inondations ont été moins graves que les dernières fois.

J’étais tenu au courant quasiment heure par heure, par la cellule de crise et par mon administration, de la situation à Roquebrune. C’est vrai qu’à la différence de Fréjus ou de villes alentours comme Grimaud ou La Londe, chez nous ça s’est plutôt bien passé. Il faut dire qu’aujourd’hui on est expérimentés et qu’on a su tirer les enseignements de tout ce qui est arrivé depuis 2010, comme en janvier de cette année. On est très bien outillés maintenant, avec les capteurs qui sont placés dans l’Argens, l’Endre, jusqu’à Carcès, sur la Nartuby, qui nous permettent presque de calculer en direct quelle sera la hauteur de l’eau à Roquebrune. Chez nous, grâce notamment aux sms envoyés par la sécurité civile à la population, ça s’est heureusement très bien passé. L’argens n’a débordé que de 14 cm dans la nuit de mercredi à jeudi.

La police municipale était aussi déployée partout.

Oui, toutes les forces sont sur le terrain. On a un plan de sauvegarde qui est très efficace, la quasi-totalité des 25 hommes étaient déployés sur le terrain, réquisitionnés. Ils étaient aussi aidés par les CCFF, qui sont des bénévoles et qui ont été très utiles. On a dénombré très peu de sinistrés, six, avec un seul hélitreuillage, ce qui me fait dire qu’on est pour une fois l’une des communes les moins sinistrées du Var.

Est ce qu’il y a quelque chose à faire pour ce lac de l’Arena ?

Le rapport Lefort qui a suivi les dramatiques inondations de 2010 et 2011 prétend qu’il faut changer le bras d’accès. Aujourd’hui l’Argens rentre dans le lac, et le rapport préconise un bras de sortie avec ce qu’on appelle un effet « venturi » (principe physique lié à la mécanique des fluides, ndlr). En tous cas j’attends beaucoup des futurs grands travaux financés par le syndicat des 74 communes réunies autour de l’Argens. J’ai tenu absolument à ce que ce soit mon adjoint Sébastien Perrin qui en soit le premier vice-président aux côtés d’Olivier Audibert-Troin. Je fais confiance à Sébastien pour enclencher les travaux nécessaires, réclamés par la population, les agriculteurs ; il y a quatre grands chantiers sur Roquebrune, ça va coûter très cher. Mais on a la possibilité de lever une taxe additionnelle de 42 euros par an et par habitant. Vous me direz ça fait encore une fiscalité supplémentaire, mais ça coûtera peut-être moins cher que les réparations de voirie que coûtent les inondations chaque année. On en a eu une en janvier 2014, ça fait deux par an, c’est cher pour une commune vaste comme la notre.

Cette fois-ci, des routes cassées ?

Pas beaucoup. On a quelques axes très abîmées, du côté du Blavet, des Arquets, mais c’est un budget, certes non-assurable car les routes ne sont pas assurables, de 300 ou 400 000 euros. C’est beaucoup moins coûteux que les précédentes catastrophes naturelles. Mais je vais quand même demander au gouvernement de déclarer l’état de catastrophe naturelle, pour permettre à ceux qui ont subi des dégâts cette fois-là d’être remboursés.

Maintenant que vos collègues maires savent que vous avez l’habitude de gérer ces crises-là, est ce qu’ils vous demandent des conseils quand ça arrive chez eux ?

Même de l’aide ! Mon ami Vincent Morisse le maire de Sainte-Maxime m’a appelé parce qu’il avait un problème avec le Préconil. Les hommes de Roquebrune, avec nos moyens, sont allés secourir une commune voisine, les Issambres /Sainte-Maxime c’est tout près. C’est comme ça que ça devrait fonctionner partout entre les politiques, ça s’appelle de l’entraide, de la solidarité.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire