Une institution, chers lecteurs. Plus de 20 ans maintenant que Saint-Raphaël possède un magasin pas comme les autres, spécialisé dans le jeu. Attention, pas le jeu vidéo, non, le jeu de société, le jeu à l’ancienne, le jeu de plateau, qui se partage ou rend fou les gens qui aiment se prendre la tête tous seuls, à la recherche du temps perdu. Parce que jouer, c’est un plaisir qui se partage ou pas, mais c’est un plaisir nécessaire, un moment qui fait du bien. Pour savoir ce qui se trame derrière la vitrine de ce magasin qui ressemble depuis toujours à un mélange de paradis pour rêveurs et de brocante avec des trucs neufs (faites un tour, vous comprendrez), nous sommes allés discuter avec sa patronne, depuis toujours (et qui ne les fait absolument pas), la charmante Béatrice.


Dans mes souvenirs, quand j’étais au lycée St Ex dans les années 90, le magasin s’appelait L’Enjeu et il existait déjà, je me trompe ?

On était en plus vers le lycée, et on s’est installés en 1999. Et oui, ça fait déjà 25 ans ! On a réussi à le faire tenir en proposant des produits et des jeux qui ne sont pas présents dans la grande distribution.

Vous pouvez nous donner des exemples ?

Double, Time’s Up, Jungle Speed, toutes ces choses ne sont pas dans la grande distribution. Katamino, par exemple, le casse-tête évolutif qui se joue tout seul, ça c’est pareil, nous on l’a, mais pas Carrefour.

25 ans c’est quand même une belle performance, vous avez un secret ?

Et bien je suis seule sur Saint-Raphaël, j’ai des clients qui viennent de tout l’est-Var parce qu’il n’y a plus rien à Sainte-Maxime, à Draguignan… Et puis les vieilles recettes sont bonnes, le sourire, la gaieté, l’accueil, ça contribue je pense. Certainement, même.

La période de Noël, pour vous c’est la période faste, avec beaucoup de passage. Comment ça se prépare ?

Il faut avoir un stock très pointu, pour ne pas louper de ventes. Il faut pourtant éviter d’être trop chargé, et suivre en même temps les phénomènes de mode, tant que possible. Par exemple en ce moment c’est la fée volante, il nous en reste quelques exemplaires, tous les autres sont en rupture. Il faut prier pour le beau temps, c’est important parce qu’on est en centre-ville, on n’y pense pas toujours !

Comme le magasin est très spécialisé et que tout le monde le sait, on imagine que certains clients vous demandent des choses étranges, c’est le cas ?

Des jeux pour spécialistes, oui ! Des jeux qui sont très peu connus, pour des joueurs avertis. Nous on peut les aider, on a pas loin de 80 fournisseurs donc en général on est capables de commander à peu près n’importe quoi. C’est une grosse gestion. Si on rajoute la partie « cadeaux », avec les cartes, les divers objets qui sont sympas à offrir, ça fait beaucoup. J’ai commencé à faire ce rayon en même temps que les jeux en bois, quand on a changé de local, la surface 2 fois plus grande  nous a permis de faire un peu plus de choses diversifiées.

C’est un milieu qui évolue beaucoup, le jeu ? Difficile à suivre ?

Il faut bien choisir, oui, et on se trompe parfois ! Quand c’est bien, le bouche à oreilles fonctionne à plein. On ne peut pas avoir toutes les nouveautés il y en a beaucoup trop, c’est notre rôle de sélectionner. D’ailleurs j’aime bien jouer, on essaye presque tout. Tous les classiques on les connaît, et quand c’est nouveau on teste, pour bien mémoriser les règles, voir un peu comment ça se passe et mieux conseiller les clients, quand ils ne savent pas ce qu’ils veulent.

Jouer fait donc partie de votre métier !

Oui, c’est terrible hein ?

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