Il y a des comportements qui sont intergénérationnels, qui se répètent sans cesse chez tous les jeunes que la Terre ait jamais enfanté : on n’aime pas avoir les mêmes baskets que son copain de classe. Enfin, si, on veut les mêmes, mais pas exactement les mêmes. C’est compliqué, n’est-ce pas ? Alors on cherche, on cherche, comme des dingues, pour se procurer dans un bouiboui zarbi perdu au fin-fond de l’Internet une paire de Jordan 6 aux couleurs de la Dream Team 92, on la paye 65 euros frais de port compris, et on se doute bien qu’elle a été fabriquée au mépris de toutes les pages du cahier des charges de Nike, que la semelle va peut-être se décoller un matin de printemps et qu’elles ont été peintes à la truelle. Ces désillusions, Serge les a vécues, comme vous, comme nous. Et il en a eu marre de se rendre dingue tout seul dans son coin pour trouver des fringues cools et rares aptes à le distinguer. Cette passion il en a fait un métier, et sa boutique Shibuya, c’est une sorte de warpzone vestimentaire vers le futur, mais dans le présent, et à Saint-Raph. On en parle ?


Serge, explique-nous ce que c’est que cette drôle de boutique, Shibuya.

Et bien ça fait 4 ans qu’on est ouverts, on essaie de proposer une alternative à ce qu’on trouve dans les environs, comme un complément de l’offre qu’il y a déjà ici. On a une prédisposition à vendre des marques qui sont peu ou pas présentes, avec un univers dédié aux sneakers, mais aussi un univers textile. Avec des marques comme Carhartt ou Edwin, qui sont des marques qui ont des origines urbaines mais qui sont montées en gamme et qui ont mûri, comme leurs clients.

Ta spécialité c’est de dénicher des modèles rares, comment tu t’y prends ?

Et bien on se tient au courant tout le temps, grâce à Internet, et puis on essaie de négocier avec les fournisseurs ce type d’exclus.

Au lycée tu avais déjà la passion des fringues ?

Oui, complètement. Au début c’était compliqué d’en faire un métier, parce que certaines marques n’étaient pas prêtes à suivre. Mais il faut pousser des portes, et expliquer qu’ici il va y avoir une valeur ajoutée, qu’on va savoir expliquer le produit, raconter son histoire et décrire son environnement, c’est ce qui va permettre aux marques de se dire « ça vaut le coup, on va jouer le jeu ».

Tu les a sélectionnées parce que tu en étais fan ?

En fait, au-delà des marques qui sont finalement assez généralistes (au niveau des chaussures on a du Adidas, du New Balance, du Asics, entre autres, les gens connaissent), on essaie de trouver dans ces marques-là des produits qui vont nous rappeler des choses, des souvenirs, avec des finitions qui apportent vraiment une valeur ajoutée. Et concernant les marques qu’on ne trouve pas partout comme Dolfie, Veja, et plus récemment Clearweather, on s’est dit qu’on aurait sûrement la possibilité d’ouvrir les consommateurs à ces marques alternatives, parce qu’elles nous plaisent à nous. Veja travaille sur des matériaux bio fabriqués au Brésil, c’est une marque française qui propose une initiative rare, on a envie de la valoriser en magasin !

C’est Noël, et on imagine que tu as constitué un stock pour l’occasion. Est-ce que c’est difficile, compte tenu du type de produits que tu vends ?

Pour cela il y a des livraisons qui sont prévues début décembre, sur des petites quantités, qu’on met en avant à Noël pour développer l’effet impulsif. Mais ce sont surtout les marques qui ont une actualité et qui proposent des choses. Le 20 décembre on organise un showcase avec le duo électro MBSTN dans la boutique, sur le thème « marbre », pour fêter la sortie d’un pack exclusif de shoes Puma avec un motif marbre.

Ici tu as beaucoup de modèles qui sont des « One-shot », si tu veux les acheter, fais-le de suite et n’espère pas trop un réassort, c’est bien ça ?

Exactement, parce qu’on ne veut pas que tous les clients aient les mêmes produits. On a été jeunes nous aussi, et on sait ce que c’est que de se trimballer avec aux pieds la même paire de sneakers que celles des autres, on n’a pas envie de se fondre dans la masse. Et c’est valable aussi pour les vêtements !

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Une réponse

  1. Moza

    Superbe shop, digne des plus beaux shops des grandes villes, vraiment.

    Vaste choix mais pointu, tout comme les conseils avisés du patron.

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