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D’une violence, mes amis…Comme on n’en a plus vue au cinéma depuis suffisamment longtemps pour avoir recouvré une forme de virginité. « Cold in July », c’est un pur film de rednecks gentiment bas du front, avec des pick-ups, des fusils de chasse dans des caves aménagées éclairées au néon qui clignote, des chemises à carreaux, des nuques longues pour mettre en valeur des moustaches naissantes. Le Texas, le vrai, celui du fond du sac. Celui qui sent la poussière, la misère sociale relative et l’amour franc du collier. Un truc bien viril. Un truc où des filles qui n’ont rien demandé se font défoncer la tronche à la batte de baseball. Délicatesse.

L’effraction de trop

L’histoire de « Cold In July » tiendrait en une phrase si le réalisateur Jim Mickle n’avait pas été fêlé : Richard Dane est un type tranquille, qui comme tout bon texan possède un flingue planqué dans un tiroir, dont il sera contraint de se servir pour faire déguerpir un intrus rentré chez lui par effraction au beau milieu de la nuit. Seulement voilà : ça, ce n’est que le point de départ d’une histoire abracadabrante, faite de traque perverse, de vidéos amateurs salaces, de règlements de compte à la sauce tex-mex, et de théories du complot un peu débiles mais qui tiennent la route, comme un bon GMC.

On est entre le truck-movie bien 80’s (pour l’ambiance), et le thriller un peu psychologique à la Tommy Lee Jones, sans la virtuosité mais avec de la musique. En fait, « Cold In July » rappelle vraiment le cinéma d’il y a 25 ans, l’époque des baroudeurs mal rasés, des agressifs, des mecs remplis de haine et des calibres chargés ras la gueule. Un film « one shot », qui n’est ni un remake, ni une suite, tout juste l’adaptation d’un roman de Joe R. Lansdale sorti en 1989 (l’année où se déroule l’histoire). C’est un bien moindre mal, parce qu’à moins d’avoir lu le livre sorti sous le titre « Juillet de sang » chez Fleuve Noir en 1996, cette histoire, jusqu’ici, toute le monde s’en foutait. Pourvu que ce ne soit qu’un problème de diffusion, parce qu’elle vaut vraiment le coup d’être connue, peu importe le média. Même si ce n’est pas le film du siècle, détendez-vous…

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