Il est toujours difficile pour un maire fraîchement élu, qui plus est issu d’une autre caste que celle de son prédécesseur, de livrer une prestation sans accroc lors de la cérémonie des voeux à la population. C’est encore plus difficile lorsque le nouveau maire a 27 ans, et qu’il est un élu du Front National. Après près de 20 ans de voeux faits maison par l’administration Brun, David Rachline allait passer au révélateur du Forum, avec plus de 800 personnes massées pour l’écouter, très intriguées à l’idée d’entendre ce que leur nouveau maire allait leur annoncer en guise de bons présages, mais surtout de résolutions. Curieuses de savoir aussi si le principal intéressé allait réussir à se sortir de l’exercice avec brio, sans transformer l’opération en meeting politique, présence de nombreux supporters oblige.

Un peu de jazz, pas de vidéo, et un one-man show réglé au millimètre

Avant que la cérémonie ne commence officiellement, nous sommes heureux de constater que nos pronostics étaient bons : le Forum est archi-plein pour cette première de David Rachline. Le hall d’enrée, pourtant immense, est noir de monde, et les escaliers sont pris d’assaut par les centaines de personne qui ne veulent surtout pas se retrouver debout. Evidemment, tous les VIP sont là, Georges Ginesta, député-maire de Saint-Raphaël et président de la Cavem, est même assis au premier rang, fauteuil du milieu. En attendant une éventuelle vidéo (comme à Saint-Raphaël la veille, l’écran géant est installé), un groupe de jazz joue quelques titres, dont une originale Marseillaise où les parties de chant sont remplacées par une trompette.

Lorsque David Rachline monte seul en scène, il a droit à une ovation à deux niveaux : une que l’on qualifiera de « normale », des applaudissements contenus de courtoisie, et une autre, simultanée, plus intense, avec des « David » scandés par ses plus fervents soutiens. Point de film, juste une pancarte « Je suis Charlie » pour rendre hommage aux douze victimes de la tuerie de Charlie Hebdo, et une minute de silence initiée par le sénateur-maire qui n’en fera pas des tonnes sur le sujet, comme son homologue raphaëlois.

Pour le reste, on est resté dans quelque chose d’assez classique : discours posé, abordant la politique de la ville en 5 axes majeurs. David Rachline a insisté en premier lieu, c’était de circonstances (et c’est un thème cher au parti qu’il représente), sur la sécurité, avec un projet de renforcement de la police municipale. Le public l’attendait aussi sur les sujets d’urbanisme : 500 000 euros consacrés à la réparation des bâtiments communaux en 2015, le lancement d’un programme de construction pour une nouvelle école primaire (suite aux problèmes constatés depuis longtemps à l’école des Chênes), et 200 000 euros consacrés à des travaux sur les barges du Reyran, avec la mise hors d’eau, très attendue, de la zone de La Palud. Il profite de cet axe de développement pour tacler son prédécesseur, précisant que l’équipe Brun a laissé des lourdes factures (« 10 millions d’euros ») à propos de Port-Fréjus II.

Lucidité et petite partie meeting

Après une première partie très formelle, le sénateur-maire fait preuve de lucidité en évoquant le marché de l’emploi fréjusien, se montrant volontaire malgré un relatif constat d’impuissance. Il évoque également la nécessité de continuer à remettre à niveau le parc de bâtiments ainsi que la voirie. Enfin, il revient sur les 400 000 euros que coûte à la commune la réforme des rythmes scolaires, difficile à mettre en oeuvre. La toute fin du discours revêt un aspect un peu plus « meeting », que l’on peut trouver discutable dans ce genre de cérémonie, au cours de laquelle David Rachline abordera des questions de politique générale pas forcément très à propos lors de voeux à la population. Mais il n’est pas le seul, loin s’en faut, à se laisser aller à ce genre de digression.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire