Vendredi dernier, la 40e cérémonie des césars a été diffusée comme d’habitude en clair sur Canal +. Les oscars du cinéma français, un moyen de faire (re)découvrir les plus grandes œuvres cinématographique de l’année. Pour la 40e, la chaîne a l’intention de mettre les petits plats dans les grands pour faire taire les médisants qui parlent d’une cérémonie pompeuse où on ne congratule que des films pourris que personne n’a vu. Audience en baisse, ambiance froide, on vous explique.

J’aime pas Dany Boon, mais j’aime bien Edouard Baer.

Ça commence à 20h40, ça se termine à 00h40 et même si vous n’êtes pas forts en maths, vous vous rendez compte dès le discours du président du jury 2015 – Dany Boon – que ça va être aussi long et pompeux que le dernier album de Daft Punk. Dany Boon, c’est le nordiste pas drôle, mais vraiment pas, qui a pigé comment remplir des salles de cinéma en France, en mélangeant le 7ème art et la deuxième partie du JT de Pernault. Donc, discours super long, pas marrant mais qui se termine avec une statistique intéressante : le cinéma français va mieux, il crée des blockbusters, beaucoup, et les gens retournent vers les salles obscures. Merci « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? » d’avoir relevé l’exception culturelle (sic). Puis Edouard Baer, commence par expliquer que les 9 heures qu’on va passer ensemble vont être super, ça c’est drôle…

Alors comme toutes les cérémonies, c’est l’occasion de découvrir des métiers du cinéma. Malheureusement, même si l’éclairage, le son, la photographie, les costumes et les décors c’est quand même quelque chose d’important dans un film, nous, simples téléspectateurs, on s’en fout. Ce qui nous intéresse c’est de critiquer tout le monde, en se référant aux deux seuls films en lice qu’on a vus dans l’année, parce que soyons sérieux, quand « Amour » de Michael Haneke reçoit des césars en 2013, personne l’avait vu, et surtout c’est nul. Pas chien, et surtout pour entretenir le suspense, tout ce qui nous intéresse – meilleur film, acteur, actrice, réalisateur – tout ça c’est à la fin. On nous le dit pas mais on nous promet de l’animation et du rire. Donc on attend gentiment en se demandant comment Edouard Baer et son équipe vont faire comprendre aux deux mecs qui ont gagné le césar du meilleur son que leurs discours ne devrait pas excéder les 2 minutes. C’est long, c’est plein d’émotions mais surtout, il y une grande polémique cette année. Les films « Saint Laurent » et « Yves Saint Laurent » sont en compétition à peu près dans les mêmes catégories. Nous devant la tv, on en a vu aucun des deux, et en plus on ne s’intéresse pas à la mode, du coup on pige pas des masses comment deux films qui traitent de la même chose peuvent être autant encensés, peut-être le sujet… Mais surtout on ne comprend rien de qui est qui : « Saint Laurent, c’est celui avec Gaspard Ulliel ou c’est avec l’autre de ‘Les garçons et Guillaume à table’ ? ». Niveau culture cinématographique zéro, l’industrie du cinéma français qui décide de faire la promo de leur travail, fais en sorte que tu te sentes un peu moins que rien. La différence avec les Oscars, c’est qu’à Hollywood, on consacre beaucoup de trophées à des films qui ont marché. Du coup, on commence presque à regretter l’absence de « Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu ? ».

La mollitude.

Oui c’est un mot qui n’existe pas, même mon traitement de texte me traite de tous les noms en soulignant ce néologisme un peu bizarre. C’est un bon résumé de la cérémonie : pleine de solitude et mou. C’est d’une lenteur que même Jeanne Calment qui t’explique la construction de la Tour Eiffel passerait pour une clubbeuse sous coke. Les personnalités qui viennent distribué les compressions essaient de faire marrer l’assemblée, mais sans bouger et en lisant un prompteur. Deuxième différence entre les césars et les oscars : les oscars pour animer ça bouge, ça danse, ça joue la comédie, et surtout le public joue le jeu. A un moment, Edouard Baer tente un truc : il demande à des acteurs dans le public de jouer une scène qu’il réalise en direct, puisque avec autant de talents dans la salle, c’est quand même dommage de ne rien faire. Sur le papier, ça marche, mais alors en pratique, c’est vraiment beaucoup trop mauvais, mais vraiment. Ça rie timidement, ça joue vaguement le jeu. Il y a eu un peu plus tôt Mathieu Chedid qui vient jouer un morceau, même là ça tape vaguement dans les mains. Heureusement, il y a l’instant américain : le césar hommage. Cette année c’est Sean Penn accompagé du cyborg 18 (ha non, c’est Charlize Theron) qui reçoit un césar pour l’ensemble de sa carrière. César remis par Marion Cotillard – Dieu merci, perdante de la soirée – qui fait un discours qu’elle même pige à moitié. Sean Penn c’était un peu le thermomètre de la soirée. A chaque fois qu’il y avait un plan sur lui, on avait l’impression d’avoir la même tronche : les yeux à moitié fermés, en train de se demander si il est possible de se pendre avec ses lacets de chaussures discrètement.

Bon sinon c’était quand même chouette de voir que Timbuktu a gagné plein de récompenses, que le jury a zappé les Saint Laurent, que  « Les combattants » a reçu ces compressions aussi, et que la famille Bélier ça n’est pas marché de trop. Finalement, l’exception culturelle c’est peut être les Césars.

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