LES-CHEVALIERS-DU-ZODIAQUE-–-La-Légende-du-Sanctuaire-Affiche-France

Rien ne va là-dedans, ou presque. Pour tout vous dire, chers lecteurs, le visionnage de ces 1h33 minutes d’images de synthèse contre-nature s’est apparentée à un viol de mon coeur d’enfant. L’équipe responsable de cet objet cinématographique a oublié une chose essentielle : la fidélité à l’oeuvre originale. On ne touche pas à une légende, ceux qui avaient massacré Dragon Ball avaient pourtant placé la barre très haut. Que tout le monde se rassure, la fissure spatio-temporelle créée par James Wong, Dragon Ball Evolution, n’a pas trouvé son mètre étalon avec « Les chevaliers du Zodiqua : la légende du sanctuaire ». On avait atteint avec l’adaptation des aventures de Sangoku un genre d’oeuvre référentielle, un conglomérat de tout ce qu’il faut faire pour devenir la bande de gros tarés la plus haïe par les fans de mangas du monde entier : pas d’univers, pas de charisme, pas d’idée, aucun respect pour la trame, pour les personnages, pour l’imagerie, pour rien. En ce qui concerne Seiya et ses copains, on n’en est pas là. Mais attention, c’est quand même d’une nullité assez effrayante…

Final Fantasy, c’est pas le même délire

Pour commencer, l’histoire n’est pas respectée. Le postulat de départ est le même (la princesse Saori est la réincarnation d’Athéna, le Grand Pope veut la supplanter, il doit la ter, et les chevaliers de bronze se retrouvent au sanctuaire pour affronter 12 chevaliers d’or mille fois plus forts qu’eux, en tous cas quand on lit le palmarès et la feuille de match). On va y revenir, au scénario, mais le premier effet KissCool est ailleurs. Avec les années 2000, vous l’avez sûrement remarqué, les images de synthèse ont pris une place de plus en plus importante dans le monde du cinéma. Forcément, puisque ça coûte moins cher aujourd’hui de laisser tourner des ordinateurs pendant des jours entiers, à calculer des logarithmes, que de construire des maquettes pour faire exploser New York, par exemple. Peter Jackson avait acheté un parc de machines tellement important pour tourner « Fantômes contre Fantômes » qu’il a imaginé adapter « Le Seigneur des Anneaux » un soir où il ne savait plus quoi faire de ces ordinateurs. Et bien c’est à se demander si  chez Toei Animation, il ne s’est pas produit le même genre de crise de conscience : « On a des moyens, faut qu’on les utilise. Et toi, t’as toujours dessiné des trucs à la main, maintenant tu prends cette souris et tu la fermes. Le mec d’Albator l’a pas ramenée, lui ». Et Shiryu, Hyoga, Shun, Ikki, deviennent des images de synthèse sans charme ni aura, dénaturées, éloignées de leurs incarnations historiques, avec des armures qui n’ont plus grand chose à voir avec ce qu’elles sont. Visuellement, on est proche de « Final Fantasy Advent Children » ou justement du dernier Albator, mais le charisme borderline en moins. Le mot que je cherche, après « pourquoi », c’est « dégueulasse ». Et alors on y va de bon coeur quand ça commence à castagner : des explosions partout, des traits de lumière à n’en plus finir, on ne comprend plus rien, on ne prend plus son temps. Car c’était aussi ça, Saint Seyia : un monde chevaleresque où l’on savait prévenir l’adversaire, où chaque mot était pesé. Là, finies les petites chorés de Hyoga ou de Pégase qui cherche les étoiles avant de balancer ses météores. On se fracasse la tête comme dans Matrix, la prouesse technique d’y impliquer des acteurs live en moins. Déjà vu, merci.

Seconde mi-temps catastrophique

Après avoir tenté de plutôt bien faire les choses dans une première moitié de film, la Toei a complètement pété un câble sur la seconde. Pourquoi les gens aiment-ils massacrer eux-mêmes les édifices qu’ils ont construit ? Et surtout, pourquoi Masami Kurumada, qui supervisait lui-même la production de ce machin, a-t-il permis à d’autres que lui de bousiller ses arcs scénaristiques de la sorte ? Il n’y a plus de flèche dans le coeur, le chevalier du Scorpion, Milo, devient une femme (non, mais, quand on vous dit qu’on rêve…), les combats sont dans le désordre, le sanctuaire s’effondre, le Capricorne Shura fait n’importe quoi, Masque de Mort est un abruti notoire alors que dans l’oeuvre originale c’est une ordure machiavélique hyper puissante, bref…c’est nul, mal fichu, et pour le fan hardcore que je suis, pour le mec qui accueille toujours avec une saine curiosité les nouvelles livraisons de l’univers Saint Seiya, c’est de la trahison. Même les aventures de Tenma dans « The Lost Canvas », c’était cool ! Mais là… En fait ce qu’on va tous faire, nous les fans, c’est oublier ce truc et attendre patiemment la sortie de « Soul of Gold » (avec un trailer qui ressemble, lui, à quelque chose !), qui mettra en scène, au printemps, les chevaliers d’or juste après l’arc d’Hadès qui clôturait la série. Et si on a des gosses, on ne va pas les emmener au cinéma pleins de joie, à l’idée de partager avec eux un morceau de notre enfance à nous. Parce qu’elle est démembrée, là, notre enfance…

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