Arrivé en septembre 2013 en tant que directeur du Creps de Boulouris, Daniel Goury nous accueille dans son bureau pour évoquer sa première année dans l’établissement. L’ancien Directeur Technique National de la gymnastique se livre en toute sincérité et simplicité. Interview.

Quel Bilan tirez vous après après un an et demi de fonction ?

Arriver dans un établissement comme celui-là, dont le cadre géographique, culturel est plutôt positif, c’est très bien. J’aurais beaucoup de mal à dire que je ne suis pas content de l’endroit où je suis , d’autant plus pour moi qu’il s’agit d’une dernière mission, j’arrive en fin de carrière. Le bilan que j’en fait après avoir exercé plusieurs métiers, c’est que c’est un nouveau défi. Ce n’est pas une maison de retraite pour vieux DTN en fin d’activité, même si les enjeux ne sont pas les mêmes. Ici, à chaque fois que des gens viennent, je veux qu’ils en repartent avec l’envie de revenir. Sur les activités, je suis très satisfait. Mes prédécesseurs ont créé une ambiance positive, l’ensemble de mes collaborateurs aiment leur métier, leur lieu de travail et ont une bonne perception de ce que doit être un service public du sport. Et puis l’organisation du Creps Paca en trois sites, avec moi responsable de l’un d’entre eux fait que j’ai tous les avantages et pas beaucoup d’inconvénients. J’ai une autorité au-dessus de moi qui assume la responsabilité, et pour autant quand je suis dans le site, je bénéficie de l’autonomie de fonctionnement. Même si il y a quelques points de blocage au quotidien, je peux dire qu’ au bout un an et demi de fonction, je suis satisfait.

Avec le recul, est ce que votre expérience de DTN vous a servi ?

C’est même essentiel. Je crois que l’expérience de Directeur Technique National apporte le bénéfice de la capacité à manager dans une situation déséquilibrée. Ça amène une vision de ce qu’est une fédération avec sa partie sport pour tous, formation, Equipe de France, développement des espoirs. Et finalement, c’est ce qu’on accueille ici : des jeunes espoirs en formation, des dirigeants mais aussi les meilleurs comme Teddy Tamgho, Benoit Paire.

Vous êtes liés avec le site d’Antibes et celui d’Aix en Provence, comment fonctionne le trio ?

Les trois sites ont une vraie complémentarité. Aix en Provence est un site urbain à la périphérie de Marseille à coté d’un aéroport et d’une gare TGV, c’est l’endroit où l’on va très rapidement et avec une grosse capacité de formation. Antibes, avec les pieds dans l’eau, est l’établissement qu’on qualifiera « en configuration méditerranéenne » pour être sur l’eau et sous l’eau avec ses deux spécialités, la voile mais aussi la plongée subaquatique. De notre côté, nous nous appuyons sur l’aspect sport nature avec notre double accès à la mer et à l’Estérel, même si on a des activités de haut niveau comme le handball par exemple. Ces trois caractères, Il faut les affirmer et les renforcer. Dans les années 2000, on avait additionné ces trois Creps en laissant à chacun toutes les compétences. Aujourd’hui, on essaye plutôt de les imbriquer comme un puzzle pour créer une réponse singulière à la région Paca. C’est une évolution intéressante.

La rénovation de la piste d’athlétisme était l’une de vos priorités, qu’en est-il aujourd’hui ?

Même si à l’heure où on parle, la piste d’athlétisme n’est pas rénovée, pour autant, l’année dernière au mois d’avril avec Jean Jacques Jannières (1), nous sommes allés rencontrer nos interlocuteurs du Ministère pour leur présenter plusieurs dossiers dont celui-ci. Presque instantanément, le Ministère a concédé que cette piste méritait la rénovation et nous a alloué la subvention nécessaire pour les travaux (400 000 euros). Au moment où je vous parle, je suis dans la préparation technique du dossier avec les cadres techniques Laurence Billy et Magali Brisseaux.

Quelques mots sur la branche formation ?

Quand je suis arrivé, on a fait face à un changement de direction. Jean Michel Besson, qui est parti à la retraite, a cédé sa place à Aldo Canti. De nouveaux cadres formateurs ont intégré la structure avec notamment Mickael Fargier, ancien kayakiste de haut niveau, qui nous apporte son expérience sur les sports nature. On ne va dans un établissement formation comme le notre que parce que le formateur est connu et reconnu. On a étoffé les compétences des formateurs, ce qui me permet d’avoir une offre cohérente dans notre établissement.

Quelles sont vos relations avec le CERS (Centre Européen de Rééducation Sportive) ?

La collaboration entre les deux établissements date d’une dizaine d’années, si je ne me trompe pas. Eux, qui ont une fonction de soins et de remise en forme trouvent chez nous une complémentarité de structure puisque, par exemple, les locaux du Cers ne permettent pas de déjeuner. De plus, à un moment il faut sortir des salles de réathlétisation donc ils utilisent beaucoup la piste d’athlétisme. Là, notre complémentarité vient du fait du prolongement des installations. Le Cers est un établissement où la blessure est omniprésente et nous on les sort de ce cadre là. Les athlètes blessés ont besoin de se retrouver dans une ambiance non plus médicale mais sportive. On travaille main dans la main et la proximité géographique facilite notre collaboration.

Comment arrivez-vous à créer une fidélisation avec les athlètes externes ?

Ce que j’essaye de faire en tant que directeur c’est d’abord de ne pas se mettre à la place des autres. On doit apporter la réponse à ce qu’ils attendent de nous : une unité de lieu où l’on peut manger, dormir, travailler et se perfectionner, la plus équilibrée et disponible en rapport avec leurs attentes. Etant responsable de la mission accueil au sein du Creps Paca, je pense qu’on ne devrait plus être un Creps généraliste. Quand quelqu’un choisit un établissement, il faut qu’on lui apporte la réponse qu’il souhaite. La finalisation, c’est qu’on engage vraiment une relation sur mesure. Dites moi de quoi vous avez besoin, si on sait le faire, on le fera et si on ne sait pas, on va tout de suite vous le dire.

Quels sont les futurs projets en terme de pôles et travaux ?

J’aimerais préciser que nous ne sommes pas les déclencheurs de la venue ou départ des pôles. Ce sont les fédérations qui choisissent les établissements en fonction de la plus-value qu’on leur apporte. Le Pôle France Tennis va quitter la structure au mois de juin et se retrouvera à Poitiers. La fédération française d’athlétisme va nous amener l’équivalent d’un pôle France de lancers. Pour les travaux, on est sur la rénovation de l’internat . Autre point, j’ai obtenu une subvention de 140 000 euros du Ministère afin d’améliorer les conditions des équipements électriques qui étaient vétustes. Il y avait des zones totalement non éclairées.

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire