Ah, l’Espace Félix Martin. Quel bel endroit, son dôme étoilé, sa jolie scène bordée d’épais rideaux, son bar classieux dans le fond. On aime y venir pour asssister à toutes sortes de spectacles, dans toutes les configurations. Le jeudi 19 mars, c’était dans la config’ « tables de marques » qu’on pouvait profiter d’un concert de jazz super haut de gamme, avec deux trios de grande qualité, et très différents. Le premier, qui ouvrait le bal, c’était celui de Philippe Villa, axé autour de mélodies oniriques, très riches mais assez faciles d’accès. Le second, celui de Frédéric d’Oelsnitz , penchait plus vers le jazz plus moderne, celui des notes qui sortent allègrement de la gamme, où l’on joue vite, beaucoup, frénétiquement. Tout était réuni pour passer une excellente soirée.

Là, ça joue grave

On ne le souligne pas assez souvent, mais il est rare de pouvoir assister en live à des grosses performances musicales. Le jazz, c’est bien, pour ça : en général, dans ce style musical, les artistes sont assez mal inspirés quand ils essaient de prendre le public en traître. Peu de sonorisation, formations épurées, difficile de tricher dans pareilles circonstances. On entend les peux craquer, les cordes vibrer, et le contexte donne d’emblée à la performance du trio de Philippe Villa une dimension sensible exceptionnelle. Ça communie sur scène, dans le public on suit tout ça avec une très grande attention. Bonne surprise pour les néophytes, on n’est pas dans un jazz qui respecte à la lettre les codes les plus fondamentaux et élitistes, on sort allègrement des poncifs du genre, en lorgnant vers des mélodies classiques, naturellement agréables à l’oreille des non-initiés. Belle prestation notamment du batteur Gérard Juan, très versatile derrière son instrument, dont il joue avec les mains, des maracas en forme de banane, des shakers en tous genres, des boucles. De haute volée.

Idem pour le trio de Fred D’oelsnitz, plus exigeant en terme de musicalité, mais tout aussi technique et impressionnant. On retrouve des repères plus traditionnels, avec des walking bass jouées à fond la caisse, des parties de batterie très frénétiques, et surtout un piano en rupture avec les gammmes et les figures rythmiques. Là, ça joue grave, et les amateurs sont comblés par tant de virtuosité. Ils ont payé (pas cher, comme d’habitude) pour voir ça, ils n’ont pas été déçus !

Des soirées comme ça, il en faut d’autres, on en redemande. Et ça tombe bien, il y en aura d’autres ! Suivez bien la programmation de l’Acte 2 de l’Espace Félix Martin, ça vaut vraiment le coup, en général ça coûte 13 euros en plein tarif, et par les temps qui courent, (cf notre sujet de la semaine), la musique live, ça devient un luxe dont on aurait tort de se priver. Surtout à ce prix-là, avec ce niveau de performance sur scène !

PS : pour découvrir une autre facette de la musique de Fred d’Oelsnitz, jetez une oreille sur son travail de crossover entre Jimi Hendrix et James Brown à la sauce Miles Davis période électrique, c’est complètement fou, ça s’appelle The Jimi Brown Experience.

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