Grosse soirée de rigolade à l’Espace Victor Hugo pour l’ouverture de cette nouvelle session des 3J Comiques de la ville de Puget. Un grand week-end consacré à l’humour, avec trois soirées de suite et autant de comiques sur scène pour amuser la galerie. Cette année, la programmation a misé sur une artiste très haute en couleurs en la personne de la sauvage du rire Elizabeth Buffet, qui est à l’humour potache et sous la ceinture ce que la catapulte est à la guerre de siège : une arme fatale. Entre vannes ultra-dévastatrices et démonstrations impressionnantes de pole-dance, la comédienne a mis la barre à un très bon niveau pour démarrer les hostilités du week-end.

Célibat je te hais

Début de spectacle : Elizabeth Buffet est en petite tenue, enroulée autour d’une barre de pole-dance. Elle est seule, les mecs ne la comprennent pas, elle ne comprend rien aux mecs, pourtant elle les connaît par cœur. C’est d’ailleurs d’eux, essentiellement, qu’elle va parler pendant un peu plus d’une heure de punchlines assassines. Même si elle s’aventure sur des terrains explorés des milliards de fois par ses pairs (l’homosexualité, la taille du pénis, le racisme, la solitude amoureuse, l’envie de bébé), elle essaie d’y apporter une touche personnelle qui s’aventure sur un terrain glissant : la violence humoristique. On lorgne plus volontiers chez Bigard que chez Luchini, et dans la bouche d’une femme certaines phrases n’ont plus la même résonance. Difficile, effectivement, pour un mâle alpha, de se projeter avec cette dingue qui assume tout, sauf son statut de célibataire !

Rires gras, coupables, et libérateurs

C’est parfois compliqué d’assumer que le graveleux, même le pire, est ce qui nous amuse le plus. Le public pugétois a eu le bon goût de ne pas cacher ses conduits auditifs et ses gorges déployées derrière un masque de bienséance malvenu. On a ri, parfois aux éclats, parfois nerveusement devant l’énormité du discours, mais ça faisait manifestement du bien à tout le monde, à commencer par les hommes, qui se sont rendus compte en 60 minutes et des bananes que de l’autre côté, aussi, on pouvait toucher du doigt une certaine forme de misère sentimentale, en couple ou non. Que c’est pas évident de vieillir. Que c’est pénible de vouloir un enfant quand on n’a pas de partenaire. Que c’est chiant de discuter avec une fougère en plastique. Et que c’est courageux, et bienvenu, quand on est un village comme Puget, de réussir à maintenir une jolie programmation comme celle-là, alors que c’est difficile pour le service culturel de mener à bien certains projets, comme on parlait dans nos pages la semaine dernière.

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